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genre: comédie dramatique
Durée: 1h35
Année: 1979

l'histoire: Scénariste de télévision, Isaac Davis est un homme désabusé et angoissé. À 42 ans, sa vie professionnelle le laisse insatisfait. Aussi passe-t-il le plus clair de son temps à écrire et réécrire son roman. Sa vie privée est plus que chaotique. Sa deuxième épouse, qui l’a quitté pour une autre femme, est sur le point de publier son autobiographie où Isaac tient une bonne place. Il fréquente aussi Tracy, une jeune fille de 17 ans avec laquelle il ne se voit aucun avenir. La situation se complique lorsque Yale, son meilleur ami, lui présente sa maîtresse, Mary, dont Isaac ne tarde pas à tomber amoureux.   

La critique d'Alice In Oliver:

Autant le dire tout de suite: je ne suis pas un grand fan du cinéma de Woody Allen. Pourtant, je lui reconnais tout de même quelques grands films, notamment Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander, Annie Hall, Stardusts Memories, Zelig, Hannah et ses soeurs ou encore September. Vient également s'ajouter Manhattan, sorti en 1979.
Au niveau de la distribution, cette comédie dramatique réunit Woody Allen lui-même (donc à la fois devant et derrière la caméra), Diane Keaton, Michael Murphy, Mariel Hemingway, Meryl Streep et Raymond Serra. Manhattan signe également la cinquième collaboration entre Woody Allen et Diane Keaton.

Indéniablement, Manhattan s'inspire des films de la Nouvelle Vague puisque le long-métrage a été tourné dans des décors naturels, que ce soit dans les scènes d'extérieur ou d'intérieur. Ensuite, Manhattan reste le seul film de Woody Allen à avoir été filmé en cinémascope.
La mise en scène est donc rapide et enchaîne les dialogues à une vitesse parfois fulgurante. Sur ce dernier point, Manhattan n'est pas sans rappeler (parfois) La Dame du Vendredi d'Howard Hawks. Le film de Woody Allen rencontrera un certain succès au moment de sa sortie. Il obtient notamment le César du cinéma (meilleur film étranger) en 1980.

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Par la suite, Manhattan inspirera de nombreux films du même genre, entre autres, Quand Harry rencontre Sally, de Rob Reiner, qui suit la même structure narrative. Pour le reste, pas vrament de surprise au niveau du scénario. On retrouve les thèmes de prédilection de Woody Allen: l'amitié, le jazz, les femmes, un côté dépressif et solitaire, la passion pour l'art et enfin cet amour inconditionnel pour la ville de New York. Toutefois, attention à ne pas réduire Manhattan à un film "intello".
Indéniablement, le film a pour but de cibler un grand public. Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes de l'histoire.

Attention, SPOILERS ! Scénariste de télévision, Isaac Davis (Woody Allen) est un homme désabusé et angoissé. À 42 ans, sa vie professionnelle le laisse insatisfait. Aussi passe-t-il le plus clair de son temps à écrire et réécrire son roman. Sa vie privée est plus que chaotique.
Sa deuxième épouse (Meryl Streep
), qui l’a quitté pour une autre femme, est sur le point de publier son autobiographie où Isaac tient une bonne place. Il fréquente aussi Tracy, une jeune fille de 17 ans (Mariel Hemingway) avec laquelle il ne se voit aucun avenir. La situation se complique lorsque Yale (Michael Murphy), son meilleur ami, lui présente sa maîtresse, Mary (Diane Keaton), dont Isaac ne tarde pas à tomber amoureux.

 

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En vérité, Manhattan est un long-métrage qui reflète parfaitement l'univers de Woody Allen. Le film nous présente un personnage masculin, donc Isaac Davis, qui est le parfait anti-héros. Ce n'est pas spécialement un homme trè courageux. Il est même plutôt lâche et préfère philosopher sur les difficultés de la vie plutôt que de les affronter. Pourtant, malgré tous ses défauts, Isaac Davis est un personnage particulièrement attachant. Il fait partie de ces nombreux individus anonymes isolés et esseulés quelque part dans Manhattan. En résumé, derrière cette histoire d'amour, Woody Allen nous brosse un portrait d'une société individualiste et repliée sur elle-même.

Pourtant, selon le réalisateur, Manhattan n'est pas non plus une cité sombre et sans aucun espoir. Pour le personnage qu'il incarne, c'est aussi un lieu de réflexion et d'introspection. Il suffit de regarder la mise en scène et les mouvements de caméra pour s'en rendre compte.
Woody Allen opacifie son propos en donnant un côté poétique et désenchanté à cette immense ville. Au niveau de la réalisation, Manhattan reste probablement le film le plus beau de son cinéaste. On en revient encore et toujours au personnage d'Isaac Davis. Derrière ses petites lunettes et sa vie de "Monsieur tout le monde", Isaac reste un personnage romantique, à la fois sincère, maladroit et cultivé. Bref, du très bon cinéma.

Note: 16/20