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genre: horreur, épouvante
Durée: 1h25
Année: 1964

l'histoire: Médusa est une gorgone qui pétrifie quiconque ose croiser son visage. Des experts se rendent dans la contrée où elle fait des ravages pour tenter de l'arrêter

La critique d'Alice In Oliver:

On ne présente plus la Hammer, une société de production britannique qui a surtout brillé entre le milieu des années 1950 et la fin des années 1960. Terence Fisher a réalisé beaucoup de films pour la Hammer. La célèbre firme lui doit un certain nombre de grands classiques de l'épouvante, entre autres Frankenstein s'est échappé, Le Cauchemar de Dracula, La nuit du loup-garou, La malédiction des Pharaons ou encore Les Vierges de Satan.
C'est donc logiquement que la Hammer lui confie la réalisation de Gorgone, déesse de la Terreur, sorti en 1964.

Ce n'est pas forcément le titre le plus souvent cité parmi les meilleurs crus de la Hammer. Il s'agit d'une petite rareté, néanmoins disponible en entier et en français sur YouTube. Pourtant, Gorgone, déesse de la Terreur fait partie des grandes réussites de Terence Fisher.
Avec ce film, les studios britanniques exploitent un nouveau personnage horrifique, clairement inspiré par la mythologie grecque, la Méduse. La Hammer décide de s'éloigner de ses monstres habituels notamment Dracula, Frankenstein, le loup-garou ou encore la Momie, pour se concentrer sur un personnage maléfique qui ne manque pas de charme.

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Au niveau de la distribution, pas de surprise. On retrouve deux grands habitués de la Hammer, à savoir Peter Cushing et Christopher Lee. Viennent également s'ajouter Barbara Shelley, Michael Goodliffe, Patrick Troughton et Jack Watson. Le scénario se démarque avant tout par son originalité.
Attention, SPOILERS ! En 1910, le village fictif de Vandorf est depuis 5 ans le témoin d'une bien étrange série de meurtres dont les cadavres sont devenus des statues de pierre. La découverte de la dernière victime, la fiancée de l'artiste Bruno Heitz, pousse ce dernier au suicide, laissant ainsi croire aux autorités qu'il était le coupable. Son père, persuadé de son innocence, se heurte à l'hostilité des habitants au point qu'on tente de mettre le feu à sa maison.

Il se rend dans les ruines du château Borski et, confronté à la gorgone Megaera, sent qu'il se change progressivement en pierre. Avant de mourir, il parvient à écrire un ultime message à son aîné Paul, qui, aidé de son mentor, le prof. Meister, tentera de percer ce mystère au péril de sa vie.
Pour l'anecdote, Gorgone, déesse de la Terreur va inspirer un autre film à la Hammer, à savoir La Femme Reptile. Derrière le scénario des deux films, on retrouve un certain John Gilling, qui semble passionné par le mythe de la Méduse. Encore une fois, le long-métrage a le mérite de se démarquer des Frankenstein et autres Dracula.

 

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Pourtant, dans Gorgone, déesse de la Terreur, on retrouve tous les ingrédients qui ont fait le succès de la Hammer, à savoir une ambiance sombre et putride et un climat oppressant qui joue également sur l'ambivalence féminine. C'est probablement la thématique principale du film.
En l'occurrence, nous voici devant une variation du mythe de Docteur Jekyll et Mister Hyde mais version féminine. Une belle jeune femme devient un redoutable prédateur les soirs de pleine Lune et est en proie à une terrible malédiction. A partir de là, Terence Fisher nous propose une lutte entre le bien et le mal. Hélas, ce n'est pas forcément le bien qui l'emporte.
Tout du moins, il y a un prix à payer. Et ce prix, c'est un amour impossible et condamné à l'avance.

Gorgone, déesse de la Terreur est un film particulièrement pessimiste qui peut s'appuyer sur une mise en scène solide. Le long-métrage peut également compter sur une interprétation de qualité. Seule ombre au tableau de bord: la médiocre qualité des effets spéciaux et visuels.
Visiblement, Terence Fisher doit composer avec un budget limité. C'est probablement la raison pour laquelle il dévoile le visage de la Gorgone dans les dernières minutes du film. Toutefois, Gorgone, déesse de la Terreur reste un récit macabre, un film totalement désanchanté qui ravira probablement les fans de la Hammer (dont je fais partie).

Note: 15.5/20