Gutterballs Severance Style

genre: horreur, gore, trash, slasher (interdit aux - 18 ans pour la version uncut, 16 ans pour la version censurée)
année: 2008
durée: 1h30

l'histoire: Un viol particulièrement sadique ouvre la voie à une série de meurtres sanglants lors d'une soirée bowling entre deux équipes concurrentes. Un par un, tous les joueurs vont être massacrés par un étrange tueur masqué, armé entre autres de quilles de bowling un peu spéciales... Sexualité dépravée, têtes arrachées, membres écrasés, corps mutilés : le meurtrier ne s'arrêtera qu'une fois les dix têtes tombées. Strike ! 

la critique d'Alice In Oliver:

Parmi les films chocs, gores et trashs de ces dernières années, Gutterballs, réalisé par Ryan Nicholson en 2008, reste vraiment un cas particulier. En effet, ce long-métrage atypique hésite entre le gros film coup de poing et la série B totalement décomplexée.
Il existe même plusieurs forums au sujet de ce film qui contient de nombreux fans. Certains parlent même d'un film culte en devenir. D'autres évoquent un petit nanar sans queue ni tête, tout du moins, un slasher sans grande prétention. D'autres encore parlent d'une oeuvre assez surestimée.

Clairement, j'appartiens à la dernière catégorie. Explications à venir dans les lignes qui suivent. Indéniablement, Gutterballs cherche à brouiller les pistes et à tromper son monde en mélangeant plusieurs genres: l'horreur craspec, le drame, le film de vengeance et la série B qui ne se prend pas trop au sérieux. Voilà un mixe assez curieux qui place immédiatement Gutterballs parmi les productions horrifiques les plus atypiques de ces dernières années.
Après, de là à évoquer une oeuvre culte en devenir, il y a une marche (pour ne pas dire un fossé) que je n'oserai pas franchir car Gutterballs n'est pas exempt de défauts (mais j'y reviendrai).

 

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Pour l'anecdote, il existe deux versions du film: une version uncut, interdite aux moins de 18 ans avec une séquence de viol non simulée (tout du moins, la scène est visiblement jouée par une actrice du porno), et une version censurée, un peu plus soft et donc interdite aux moins de 16 ans.
Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario. Attention, SPOILERS ! Un viol particulièrement sadique ouvre la voie à une série de meurtres sanglants lors d'une soirée bowling entre deux équipes concurrentes. Un par un, tous les joueurs vont être massacrés par un étrange tueur masqué, armé entre autres de quilles de bowling un peu spéciales...

Sexualité dépravée, têtes arrachées, membres écrasés, corps mutilés : le meurtrier ne s'arrêtera qu'une fois les dix têtes tombées. Strike ! Ryan Nicholson a commencé en tant que concepteur de prothèses dans le milieu du cinéma. Live Feed est son tout premier long-métrage.
Gutterballs constitue la seconde livraison de l'intéressé. Littéralement, un "gutterball", c’est ce qu’un joueur de bowling réalise lorsqu’il envoie directement sa boule dans la gouttière et ne fait donc tomber aucune quille. Visiblement, le "s" rajouté à "gutterball" est une allusion sexuelle, hélas intraduisible en français.

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En vérité, Gutterballs fonctionne comme une sorte de huis-clos plus ou moins oppressant puisque l'action du film se déroule presque exclusivement dans un bowling. Dans un premier temps, le film fonctionne comme un slasher, qui n'est pas sans rappeler la saga Scream de Wes Craven.
Pourtant, par la suite, Gutterballs prend la forme d'un rape and revenge. La séquence clé du film, c'est évidemment la scène du viol, franchement horrible et d'une rare cruauté. C'est une séquence qui marque au fer rouge et qui poursuit le spectateur jusqu'à la fin du film. Après cette scène peu ragoûtante, Gutterballs se transforme alors en film de vengeance avec un tueur qui se cache derrière un masque ridicule.

Soudainement, Gutterballs devient un slasher de facture classique et déçoit très fortement dans sa dernière demie heure. Certes, Ryan Nicholson se fait plaisir et multiplie les séquences chocs à coup de tortures et de meurtres sadiques. Toutefois, l'influence de la série B se fait furieusement sentir. Le traitement se veut rigolard. Visiblement, Ryan Nicholson hésite entre le slasher très sérieux sur fond de vengeance et la série B décomplexée du gland.
Paradoxalement, ce sont ces mêmes hésitations qui rendent le film décevant. Indéniablement, Gutterballs possède de grandes idées et un vrai potentiel, potentiel que Ryan Nicholson a bien du mal à exploiter. De ce fait, le film a tendance parfois à sombrer dans le vulgaire et une certaine facilité.
Toutefois, ne soyons pas trop sévère: nanti d'un budget dérisoire, Gutterballs s'en sort avec les honneurs et n'a aucune prétention. C'est un film d'horreur à découvrir, surtout pour les amateurs du genre ou ceux qui sont à la recherche de pellicules trashs ne lésinant pas sur le gore et les séquences craspecs. Un film moyen donc mais qui possède un gros potentiel.

note: 10.5/20


Gutterballs Teaser Trailer par gutterballs