Réalisateur : Lee Hardcastle

Genre : Gore

Durée : 4 minutes

L'Histoire : Sorte de remake de Chainsaw Maid de Takena Nagao, le film raconte les mésaventures d'une femme de chambre et d'une petite fille face à une invasion de zombies.

 

La critique d'hdef :

Dans le domaine du bigger and louder, je choisis Aliens, le retour heu Chainsaw Maid 2 ! Pour décrire vite fait le film, on pourrait dire que c'est « plus fou, plus extrême, plus gore, plus trash, plus fun ». Mais on a beau être sur Naveton Cinéma, c'est à dire leblogcinéleplusnuldunet, on ne va pas en rester là.

 

A bien des égards, Chainsaw Maid 2 est très supérieur au premier opus. Affinant les références, le film offre de beaux hommages aux classiques du cinéma d'horreur dont un très particulier au cinéma de Cronenberg (j'y reviendrais). Mais avant toute chose, sachez cela : Chainsaw Maid 2 est le meilleur film de Lee Hardcastle ! Cela étant dit, penchons-nous sur le contenu : au niveau du scénario, le film effectue de nombreuses modifications par rapport au film de Takena Nagao : le père meurt au début, le personnage du poussin est largement développé, tandis que celui de la jeune femme rousse est complètement évacué. Une sorte d'épure du script original, qui a en fait servit de brouillon pour cet OFNI bien défini par notre ami inthemoodforgore comme un « Wallace et Gromit version hardgore ».

 

Et dans cet OFNI, Lee Hardcastle compte bien aller jusqu'au bout, et offre avec la mort du père une séquence que les plus tenaces considèreront comme étant pour le moins « gonflée ». Le père, après avoir contemplé les seins de sa gouvernante, voit une écorchure à son bras se mettre à gonfler et à exploser avant de dégobiller toutes ses entrailles dans une scène à la Antropophageous. Ce qui m'intéresse ici est en fait pas tellement le vomi (déjà présent dans le premier opus) mais plutôt la blessure.

Comment l'interpréter ? Est-elle l'élément déclencheur du vomi, symptôme d'une forme de « virus », auquel cas Chainsaw Maid 2 bascule dans le film de contamination ? Ou bien la blessure a-t-elle au contraire gonflée avec le sentiment de désir de l'homme, une sorte de version masculinisée de Cat People de Jacques Tourneur ? Chainsaw Maid 2 n'est donc pas aussi simple et basique que cela... Et j'en viens à Cronenberg, car il s'est toujours employé à relier l'horreur au sexe, comme par exemple avec la scène du viol dans la baignoire de Frissons... Cronenberg est également cité lors de la scène la plus insoutenable du film, montrant un zombie accoucher d'un bébé déformé ensuite placé dans un mixeur (mélangeur), le bébé évoquant bien sûr les travaux sur les déformations de l'humain du cinéaste, dans La Mouche comme dans Vidéodrome mais aussi le monstrueux nouveau-né de Eraserhead de David Lynch.

Tout aussi référentiel (voire plus encore) que Chainsaw Maid, le film évoque, outre les films déjà cités dans le film de Nagao, Gremlins pour la scène du mixeur évoquée plus haut.

 

En résumé, Chainsaw Maid 2 est un petit bijou du cinéma d'animation américain, un film choc et gore carabiné, qui atomise son prédécesseur !

 

Note : 16,5/20