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Genre : Drame / Inclassable

Année : 1973

Durée : 1h50 

L'histoire : Suite à la mort tragique de leur fille, un couple tente de se ressourcer à Venise où l'homme a été engagé pour rénover une église. Mais une rencontre avec deux soeurs et une série d'événements étranges vont faire découvrir au couple que leur cauchemar est loin d'être terminé.

La Critique De Titi70 :

Nul doute que si un jour, une liste des oeuvres inclassables est créée, Ne Vous Retournez Pas, réalisé par Nicolas Roeg au milieu des années 70, y figurera parmi les têtes de liste tant ce film ne ressemble à aucune autre et s'avère très difficile à définir.

A l'origine, il s'agit d'un roman de Daphné Du Maurier, romancière surtout connue pour avoir déja été adaptée par trois fois au cinéma par Alfred Hitchcock : La Taverne De La Jamaïque, Rebecca, Les Oiseaux.

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Au casting figurent notamment Donald Sutherland, Julie Christie, Hilary Mason et Leopoldo Trieste. Pour l'anecdote, le réalisateur Nicolas Roeg commença sa carrière comme directeur de la photographie, notamment sur Lawrence D'Arabie et Le Masque De La Mort Rouge, puis, réalisa son premier long métrage à la fin des années 60, avec une volonté de se démarquer du tout venant. De nombreux réalisateurs s'inspireront d'ailleurs par la suite du travail de Nicolas Roeg.

L'histoire tourne autour d'un couple Anglais, les Baxter, dont la vie bascule le jour où leur petite fille tombe dans le lac à proximité de la maison et se noie, malgré l'intervention de son père qui ne parviendra pas à la sauver.

Quelques temps plus tard, le couple décide de partir quelques jours à Venise, histoire de tenter de se remettre du drame. L'homme doit y superviser des travaux sur une église sous l'oeil bienveillant d'un évêque.

C'est là que le couple croise, dans un restaurant, deux vieilles dames, en fait des soeurs, dont l'une est aveugle. Voulant les aider, Mme Baxter les suit au toilettes où l'une d'elle lui avoue avoir vu la fillette décédée, assise entre ses parents.

Dès lors, la pauvre mère éplorée commence à participer à des séances de spiritisme, au grand dam de son mari qui ne croit pas à tout cela. Y compris quand l'aveugle tente de prévenir la femme au sujet d'un danger que courrirait son époux. Charlatanisme ou véritable prédiction ? La réponse viendra dans un finale glaçant qui donnera tout son sens à l'histoire.

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S'il est un film qu'il faut absolument voir jusqu'au bout, c'est bien celui de Nicolas Roeg. Pourtant, autant le dire, la tâche est relativement difficile tant le réalisateur ne facilite absolument pas la comprehension du spectateur, multipliant les scènes, parfois dans le désordre, ou qui se terminent brutalement.

Ainsi, une scène d'amour entre les époux Baxter sera constament entrecoupée de gros plan ou ceux ci viennent de rhabiller. Tout au long du film, Nicolas Roeg ne cesse de perdre le spectateur volontairement, à l'instar du personnage de Donald Sutherland dans les ruelles d'une ville de Venise qui n'a jamais été aussi labyrinthique.

Fatalement, on finit par se demander où veut en venir le réalisateur et celui ci semble constamment naviguer à perte de vue, ce qui n'est bien sûr qu'une impression.

Pourtant, Nicolas Roeg maintient constamment la tension par petites touches. Ça commence par la terrifiante scène de mort de la fillette, que le réalisateur ponctue avec l'image d'un liquide rouge qui se répand sur une photo, des éléments éparses comme ces meurtres à répétition mettant sur les dents la police de Venise, les signes comme la fameuse couleur qui revient souvent (gros plan sur un bonnet d'enfant, rouge, bien sûr), des apparitions comme le visage d'une des soeurs dans un halo de lumière ou les comportements de certains personnages comme le curé, en passant par ces détails renvoyant sans cesse à la mort de la fillette (le corps sorti de l'eau) et jusqu'à la scène finale que je ne dévoilerai pas.

Oeuvre unique, totalement à contre courant (rappelons que le film est sorti en pleine période des copies de L'exorciste), Ne Vous Retournez Pas est un très grand film, magistralement interprété et à la réalisation diabolique (encore une fois, Venise n'a jamais paru aussi inquiétante). Bref, une oeuvre à découvrir absolument, mais qui, j'insiste, ne plaira pas à tout le monde.

Note : 16/20