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Genre: fantastique
Année: 1946
durée: 1h35

L'histoire: Pour l'offrir à sa fille, le père de la Belle cueille, sans le savoir, une rose appartenant au jardin de la Bête, qui s'en offense. Afin de sauver son père, la Belle accepte de partir vivre au château de la Bête.   

La critique d'Alice In Oliver:

A l'origine, La Belle et la Bête, réalisé par Jean Cocteau en 1946, est l'adaptation d'un conte de fées écrit par Madame Le Prince de Beaumont. A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Jean Marais propose un film à Jean Cocteau qui s'inspirerait de ce même conte.
L'écriture du script se met en place, en sachant que Cocteau s'inspire également d'une pièce de théâtre d'Alexandre Arnoux. En dehors de Jean Marais, le long-métrage réunit Josette Day, Michel Auclair, Mila Parély, Nane Germon et Marcel André.

A la base, pour interpréter la Bête, Jean Marais voulait revêtir la tête d'un cerf mais l'idée sera finalement rejetée. Pour l'anecdote, c'est le chien de l'acteur qui servira de modèle pour la confection du visage du monstre. Il fallait environ trois heures pour fixer le masque de la Bête, et une heure pour disposer chaque griffe. Les dents du monstre étaient accrochées à celles de l'acteur par de petits crochets, ce qui n'était pas très pratique pour manger.
Au moment de sa sortie, le film remportera un immense succès et sera très bien accueilli par le public.

 

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Mieux encore, La Belle et la Bête peut se targuer d'appartenir aujourd'hui aux grands classiques du cinéma français. Attention, SPOILERS ! A la campagne vit un marchand au bord de la faillite avec ses quatre enfants : un fils, Ludovic, et trois filles, Félicie, Adélaïde et Belle.
Deux de ces filles sont égoïstes et ont un mauvais caractère. Elles traitent leur sœur, Belle, comme une domestique.
Un jour, le père part en voyage d'affaires. Avant de s'en aller, il promet à ses filles de leur rapporter des cadeaux.

Pour Félicie et Adélaïde un perroquet et un singe, ainsi que des bijoux, et pour Belle une jolie rose. En route, il s'égare dans une forêt où il trouve un château étrange. Après y avoir passé la nuit, il y remarque une rose qu'il décide de prendre pour Belle.
C'est au moment où il la cueille qu'apparaît le propriétaire du château, un monstre doté de pouvoirs magiques. La Bête condamne le marchand à mort, à moins que ce dernier ne lui donne une de ses filles. Belle accepte de se sacrifier et s'en va vers le château.

 

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Au niveau du scénario, le film n'est pas sans évoquer non plus le conte de Cendrillon. Ici, la Bête doit vaincre une terrible malédiction. Cocteau insiste notamment sur la puissance des regards. Indéniablement, La Belle et la Bête reste un film atypique dans le cinéma français.
Les décors du film sont vraiment sublimes. Le spectateur est plongé dans un conte à la fois étrange, sombre, gothique et onirique. Nul doute que ce long-métrage a inspiré plusieurs générations de cinéastes, entre autres, David Lynch ou encore Tim Burton.

L'air de rien, le film a une forte connotation sexuelle. La Bête est une métaphore de l'instinct sexuel dans toute sa virilité. L'homme est donc un animal impulsif qui doit apprivoiser son instinct primal face à la beauté et à la féminité, ici incarnées par Josette Day.
Impossible de ne pas y voir non plus une variation de Docteur Jekyll et Mister Hyde, Avenant et la Bête représentant eux aussi les deux faces d'une même nature. La seule différence, c'est que Avenant a apprivoisé ses démons intérieurs.
En ce sens, la Bête représente bel et bien la laideur. Pourtant, le monstre sera appelé à évoluer et à devenir un animal social. Comment ne pas y voir ici une métaphore de l'homme moderne ? Bref, un tel film mériterait sans doute un plus grand niveau d'analyse. Mais ne l'oubliez pas, vous êtes sur Naveton Cinéma !

Note: 19/20


BANDE ANNONCE LA BELLE ET LA BETE 1946 par STEFGAMERS