SOCIAL KIDS - Le sac Affiche

 

Une fois n'est pas coutume, alors que j'avais annoncé mon retrait de Naveton Cinéma, me voilà de retour via une interview de Mike Zonnenberg, réalisateur (entre autres) de Social Kids-Le Sac. Et oui, après David Law, c'est une autre figure du monde du Septième Art et un réalisateur de talent qui nous fait l'honneur d'une interview.

première question: Bonjour Mike ! Naveton Cinéma est très fier d'accueillir un réalisateur dans ses modestes pages. Peux-tu nous parler de ton court-métrage, The Social Kids-Le Sac ?

Mike Zonnenberg: SOCIAL KIDS est une saga de courts-métrages. A travers de courtes comédies sociales, j'essaie de dépeindre un visage de la jeunesse ouvrière du Nord de la France. C'est une saga sous influence, je suis un grand fan de comédies sociales anglaises et de films de gangsters, les plus cinéphiles s'amuseront à retrouver les clins d'oeil à mes films préférés : Trainspotting, Kick-Ass, Snatch... Le sac est le 3ème volet de cette saga, c'est un film de gangster-social dont le macGuffin est un sac contenant des vignettes de foot.

seconde question: Peux-tu nous en dire un peu plus sur les précédents courts-métrages ? Ensuite, tu évoques Trainspotting, Kick-Ass ou encore Snatch: de quelle manière ces films t'ont-ils influencé ?

Mike Zonnenberg:  Chaque épisode de ma saga tourne autour d'un objet. Dans le premier volet, Paul (l'un des deux héros) prête son vélo à Léo et ça tourne mal, dans le second, Léo tente de récupérer un vase qu'il a repéré pour sa mère dans une vitrine et qu'un mec antipathique a acheté avant lui. C'est toujours des histoires très simples mais racontées comme s'il s'agissait de films d'actions ou de films de gangsters avec toute la tension et le rythme qui en découlent. Cette mise en scène permet de révéler le rapport de nos personnages à ces objets : quand tu viens d'une famille ouvrière et que tes parents ont trimé pour te payer un vélo, il a une valeur immense à tes yeux. Ce qui en fait un enjeu suffisant pour une histoire décalée.
Trainspotting m'a influencé pour le mélange ado-gangster, Kick-Ass pour les scènes d'actions et les adolescents qui se comportent comme des adultes, et Snatch pour les personnages et la scénarisation croisée.

Troisième question: Dans Social Kids-Le Sac, on sent aussi un grand intérêt pour le milieu ouvrier. Cela a-t-il un rapport avec ton enfance et ton adolescence ? Quels messages as-tu envie de véhiculer dans tes courts-métrages ?

Mike Zonnenberg: Effectivement, je suis issu du milieu ouvrier et j'avais envie de donner un visage du Nord différent de ce milieu de celui qu'on a l'habitude de voir, on a tendance à parler du Nord avec misérabilisme et je voulais amener un peu chaleur à ce tableau. Quand j'étais petit, pour mes parents, une usine abandonnée était le symbole d'un déclin économique alors que pour moi c'était un endroit pour jouer à cache-cache ! J'ai un regard nostalgique sur cette région où nos terrains de jeu étaient des friches. Certes, tout n'est pas rose dans ces milieux mais je pense qu'on peut en extraire quelque chose de très positif cinématographiquement. C'est un rapport au social que les anglais ont déjà, j'admire chez eux leur capacité à transformer leur misère en véritable moment de bonheur, Full Monty, par exemple, est l'un des films les plus drôles du cinéma anglais et c'est pourtant l'histoire de 4 mecs qui perdent leur job...

Quatrième question: Tu es donc issu du milieu ouvrier. Comment as-tu réussi à te faire une place dans le milieu du cinéma. Peux-tu nous expliquer ton parcours ?

Mike Zonnenberg: Je ne considère pas encore être dans le milieu du cinéma, je ne fais que des vidéos avec une démarche artistique, le cinéma est un objectif mais je n'y suis pas encore. J'ai travaillé pas mal d'années dans la pub où j'ai supervisé des dizaines de spots TV, c'est là que j'ai appris la base de l'audiovisuel mais quand j'ai décidé de me lancer dans la réalisation, j'ai dû repartir à zéro. J'ai passé plusieurs mois à regarder des films par centaines pour comprendre les mécanismes du scénario et de la mise en scène et quand je me suis senti prêt, j'ai commencé à concevoir l'univers de SOCIAL KIDS. Puis un jour, presque par hasard, je me suis lancé et j'ai réalisé SOCIAL KIDS - Le vélo. Ce premier court métrage était pleins de maladresses et d'erreurs techniques mais il avait une aura très sympathique, les réactions ont été largement positives et ça m'a conforté dans ma direction. J'ai donc attaqué sur le second volet de ma saga, Le vase puis, j'ai voulu passer à un film plus ambitieux : Le sac, mais le court métrage n'est pour moi qu'une étape, c'est un laboratoire, j'y cherche mon style. Avec le sac je pense avoir trouvé ma patte...

Cinquième question: Le vélo, le vase puis le sac... Finalement, tous ces objets reflètent un voyage, un parcours et une évolution. Quel sera le prochain objet ? Et surtout, quels sont tes futurs projets ?

Mike Zonnenberg: Alors, plusieurs options s'offrent à moi pour la suite, la plus probable serait de créer un nouvel univers, avec des adultes cette fois. Je pense conserver l'univers social aux teintes british, des personnages très dessinés et la mise en scène rythmée mais j'ai envie d'aller vers un truc plus mature. Je pense que SOCIAL KIDS m'a permis d'exprimer la part de gosse qu'il reste en moi maintenant, j'ai envie de grandir avec mes personnages. 

Sixième et dernière question: Est-ce que cela signifie la réalisation d'un long-métrage ? Ensuite, tu cites pour principale référence le cinéma britannique, mais est-ce qu'il y a d'autres genres qui t'atttirent ? 

Mike Zonnenberg: Je suis très ouvert cinématographiquement, le cinéma britanique colle bien à mon univers actuel mais je ne me ferme à aucun genre, je préfère l'approche par le style que par le genre comme le fait Tarantino, qu'importe le genre, il applique son style. J'aime donc tout type de film mais depuis 2 ans je suis devenu complètement fan du cinéma sud coréen, pour moi le cinéma du moment, c'est par là que ça se passe. (Park Chan-Wook est l'un de mes réalisateurs préférés). Et qu'importe le genre auquel ils s'attaquent, ils arrivent à le moderniser. Leurs studios ont l'audace que les grands studios occidentaux n'ont plus depuis longtemps, un film comme I saw the devil n'est plus possible en europe donc quand je veux être bousculé, je saute sur les derniers direct-to-dvd issus de corée du sud et je prends gentiment ma claque...

Merci Mike pour cette interview et bon courage pour la suite !

Alice In Oliver

Pour voir une bande annonce du court-métrage: http://player.vimeo.com/video/50536104/
Le site officiel: www.socialkids-lesac.fr
interview pour le Parisian Post: http://theparisianpost.com/2012/03/18/social-kids-an-english-social-comedy-by-young-french-film-director/
article sur Allociné: http://www.allocine.fr/film/court-metrage/news-18620535/