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Genre : Drame

Année: 1946

Durée : 1H24

L’histoire : Dans l’Italie d’après guerre, deux enfants de la rue tentent de survivre en cirant les chaussures des passants. Malheureusement, cela ne suffit pas et bien vite les deux jeunes vagabonds sont obligés de se livrer au marché noir ce qui va les mener en prison.

La critique de Vince12 :

L’Italie d’après guerre marque la naissance d’un nouveau mouvement dans l’histoire du cinéma mondial, la période appelée Néoréalisme. De grands réalisateurs tels que Roberto Rossellini, Luchino Visconti ou encore Giuseppe de Santis signent des chefs d’œuvres qui auront une influence majeure sur le cinéma. Mais parmi eux on trouve un autre réalisateur qui se démarque, Vittorio De Sica, un artiste du septième art qui s’est souvent acharné à montrer l’envers de notre société et à dresser un portrait de l’Italie d’après guerre.

En 1946 il réalise Sciuscià un film qui prend pour sujet l’enfance de la rue et sa survie au sein de l’Italie d’après guerre.

Attention SPOILERS

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A Rome en 1945, à la sortie de la guerre, Giuseppe et Pasquale sont deux jeunes enfants de la rue qui cherchent à survivre en cirant les chaussures des soldats. Ils rêvent de pouvoir acheter un cheval d’une écurie située dans les faubourgs de Rome.

Malheureusement, leurs misérables revenus leur permettent à peine de survivre. C’est pourquoi les deux enfants acceptent de travailler pour le grand frère de Giuseppe dans une affaire de marché noir. Cependant ils sont arrêtés par la police qui les transfère à la prison pour mineur.

Là bas ils découvrent alors un univers violent, impitoyable et cruel. Séparés l’un de l’autre, ils font le serment de ne rien dire sur le marché noir et de ne pas dénoncer le frère de Guiseppe. Mais un jour les gardiens de la prison parviennent à faire croire à Pasquale qu’ils font subir à Giuseppe des châtiments corporels. Ne supportant pas cette fausse révélation, Pasquale finit par tout avouer. Quand il l’apprend, Giuseppe se sent trahi par son ami, l’issue n’en sera que plus tragique.

2

Sciuscià s’est imposé comme l’un des plus grands classiques du cinéma italien et comme l’une des œuvres les plus représentatives du Néoréalisme. De Sica, pour donner de la puissance à son histoire, choisit de tourner dans des décors naturels avec des acteurs amateurs (chose totalement inouïe à l’époque).

Ici le réalisateur nous dresse un portrait de Rome d’après guerre, ses quartiers misérables ou règnent la pauvreté et la précarité. Dans cet univers hostile deux enfants tentent de survivre du mieux qu’ils peuvent.

3

Le réalisateur s’attache à retranscrire avec le plus de réalisme que possible le climat social de l’époque. Mais il en profite également pour pointer du doigt et dénoncer les prisons pour mineurs qui au final déshumanisent les enfants plus que l’errance dans la rue. Il y’a beaucoup de partis pris de la part du réalisateur qui aujourd’hui paraissent évident mais qui pour l’époque étaient particulièrement osés. Par ailleurs le débat reste encore d’actualité.

De Sica comme à son habitude nous parle des différences de classes sociales. Le Cheval blanc que rêvent d’acheter Pasquale et Giuseppe, représente en quelque sorte le fantasme bourgeois qu’ils n’obtiendront jamais.

Outre la réalisation exceptionnelle et novatrice de De Sica, l’interprétation des jeunes acteurs est formidable.

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Clairement le film marque une nouvelle étape majeure dans le néoréalisme italien. Le film recevra l’oscar du meilleur film étranger en 1947 et influencera grandement Luis Buñuel pour son film Los Olivados.

Bref un chef d’œuvre absolu et un classique du cinéma à voir absolument.                               

                           

Note : 17/20