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Genre : Comédie dramatique

Année : 1973

Durée : 1H48

L’histoire : Sur une route déserte, se rencontrent deux auto-stoppeurs que tout oppose. Max, le premier, est un grand, bagarreur, qui sort de prison et qui veut récupérer de l’argent qu’il a mis de côté pour investir. Lion, le second, est un petit, rigolo, qui sort de situations difficiles et qui veut retrouver son ancienne petite amie pour rencontrer son fils qu’il n’a jamais vu. Ensemble les deux hommes prennent la route et décident de monter une entreprise de lavage de voitures. Leur voyage sera ponctué d’aventures.    

La critique de Vince12 :

Film culte des années 70 et donc, du nouvel Hollywood : l’Epouvantail de Jerry Schatzberg. Le film ne doit pas être confondu avec le court métrage de Buster Keaton, réalisé en 1920.

L’Epouvantail se situe clairement dans la tonalité du nouvel Hollywood. Schatzberg propose ici une comédie dramatique qui revisite l’esprit et le contexte des années 70 à travers deux personnages marginaux que tout semble opposer. 

Attention SPOILERS !

 

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Sur une route déserte, deux auto-stoppeurs finissent par sympathiser. D’un côté, on trouve Max, un grand gaillard, un peu maniaque sur les bords qui se tire des situations délicates par la bagarre. Il sort de prison et a pour ambition de monter une entreprise de lavage de voiture, mais avant, il doit aller récupérer de l’argent qu’il a mis de côté.

Le second marginal est Francis (mais Max qui n’aime pas ce prénom et préfère l’appeler Lion diminutif de Lionel qui est le second nom de Francis), un petit bonhomme, rigolo qui se tire des situations délicates en provoquant le rire, ce qui pour lui signifie faire l’épouvantail.
En effet, selon, Lion les épouvantails ne font pas peur au corbeau mais au contraire ils les font rire, s’attirant ainsi la sympathie des volatiles qui de ce fait ne dévastent pas le champ de l’épouvantail. Lion veut se rendre à Pittsburgh pour rejoindre son ex petite amie et voir son fils qu’il ne connaît pas. Il se fait alors l’associé de Max pour laver les voitures.

Ensemble ils vont faire un sacré bout de chemin en passant notamment par la case prison suite à une rixe provoquée par Max. Cette épopée se terminera malheureusement et inévitablement de façon tragique.

 

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L’Epouvantail reste donc une comédie dramatique qui rappelle Macadam Cowboy, de même que certains aspects peuvent faire penser à Easy Rider.
Toutefois, le film de Schatzberg se démarque clairement de ces deux films. L’Epouvantail est un film qui fait passer beaucoup d’émotions entre rires et larmes. La réalisation de Schatzberg est superbe et donne sa tonalité au film.

Cependant L’Epouvantail  repose avant tout sur l’interprétation de son duo d’acteurs. Gene Hackmann est vraiment taillé pour le rôle de Max, ce grand bagarreur à moitié maniaque qui révèlera son grand cœur. L’acteur signe ici un des meilleurs rôles de sa carrière et un des plus touchants.

Pour le rôle de Lion, c’est Al Pacino qui s’y colle et il est vraiment impressionnant. Tout ceux qui pensent que Al ne peut jouer que les flics ou les gangsters, prière de voir l’Epouvantail, car l’acteur tient lui aussi l’un de ses meilleurs rôles.
Il confère au personnage de Lion une naïveté enfantine vraiment touchante. C’est cette même naïveté qui le mènera à la folie. La scène où Lion fait une crise d’aliénation est vraiment impressionnante de par la performance de Pacino.

Le duo d’acteurs fonctionne donc plus qu’à merveille. Les deux marginaux de service sont vraiment attachants. Malgré leurs différences, les personnages apprennent chacun l’un de l’autre et développent une amitié très forte, c’est aussi le fil conducteur de cette histoire.

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On découvre au final que Max et Lion ne sont pas si différents, ils ont tous deux été mal menés par la vie. Pour faire face à la dure réalité ils ont choisi des armes différentes. L
a bagarre pour Max, le rire pour Lion. Pourtant on a souvent dit, à juste titre que Max et Lion étaient les contraires des duos que l’on trouve dans l’Arrangement d’Elia Kazan et des gens de la pluie de Francis Ford Coppola. C’est en effet le cas puisque on ne peut pas dire que les deux héros du film de Schatzberg sont mal à l’aise dans la société, ils cherchent au contraire à s’y intégrer tout en gardant leur marginalité.

L’Epouvantail s’impose comme un film drôle et touchant mais également sombre qui est aussi un constat sur la société de l’époque.

A sa sortie le film recevra la palme d’or au Festival de Cannes.

Un chef d’œuvre de Jerry Schatzberg que l’on a trop tendance à oublier dans le nouvel Hollywood. A voir absolument.

Note : 18/20