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genre: horreur, gore (interdit aux - 16 ans)
année: 2011
durée: 1h40

l'histoire: Quand un immobilier, Christopher, capture et tente de civiliser une femme sauvage, rescapée d'un clan violent qui a parcouru la côté nord-est des Etats-Unis, il met la vie de sa famille en danger.

la critique d'Alice In Oliver:

Depuis quelques années, on assiste à nouveau au retour du cinéma trash via la mode du torture porn. Que ce soit Philosophy of a Knife, A Serbian Film ou encore dernièrement, The Human Centipede 2, la torture semble avoir de beaux jours devant elle, inspirant plus que jamais le cinéma actuel.
C'est donc au tour de The Woman, réalisé par Lucky McKee, de faire ses preuves. En l'occurrence, le cinéaste a déjà fait parler de lui via un thriller encore trop méconnu, le génial May.

Plus que jamais, Lucky McKee semble passionner par ce que représente la femme et sa nature profonde dans notre société.
C'était déjà l'une des thématiques de May. Avec The Woman, Lucky McKee continue sur cette lignée et signe un film d'horreur qui risque de marquer longtemps les esprits. Difficile d'évoquer une oeuvre aussi complexe et OFNI.

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En vérité, The Woman pourrait se résumer à un American Beauty version trash. Là aussi, c'est la cellule familiale qui est mise à rude épreuve et totalement écorchée par la caméra de Lucky McKee. Pour bien comprendre de quoi il en retourne, il est nécessaire de rappeler l'histoire. Attention, SPOILERS !
Christopher McClee, immobilier de profession et père de famille, part chasser dans la forêt et découvre l'existence d'une femme sauvage.

L'homme décide de la capturer et la garde solidement attachée dans sa cave. Christopher présente alors la jeune prisonnière à sa famille (sa femme, son fils et ses deux filles). Hélas, la sauvageonne n'est pas très sociale et a déjà dévoré le doigt de Christopher. Le but sera donc de la civiliser. Pourtant, contre toute attente, The Woman ne sombre pas dans le torture porn de comptoir.
Dans un premier temps, le film s'attache à décrire le portrait d'une famille en apparence banale.

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Je dis bien "en apparence", car ces différents membres ne vont pas tarder à dévoiler leurs failles profondes, l'arrivée de la sauvageonne révélant les plus bas instincts de chacun. Plus que jamais, l'homme apparaît ici comme un animal dominant.
Sur ce dernier point, le portrait du père n'est guère élogieux, ce dernier étant relégué à un petit macho pervers, sadique et moralisateur.
Ensuite, sa femme subit ses sautes d'humeur et son pouvoir au sein du domicile conjugal.

Pourtant, elle aussi devient rapidement son complice, notamment quand il s'agit de traiter la femme sauvage avec mépris et véhémence.
Le fils suit la trajectoire de son paternel et semble promis à un bel avenir de psychopathe. Quant aux deux filles, elles aussi subissent et souffrent dans le silence. C'est pourtant l'adolescente de la famille qui apparaît comme la personne la plus humaine. Via ces différents portraits, Lucky McKee pose la question de ce qui définit notre humanité ou plutôt notre déshumanisation profonde.

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Sur ce dernier point, le portrait du père de famille fait froid dans le dos. L'horreur se situe donc dans l'âme humaine et dans nos instincts les plus primitifs.
Pire encore, cela peut se passer chez nos voisins d'en face, en apparence civilisés et respectables. Et le cinéaste va jusqu'au bout de ses intentions, les 20 dernières minutes du film étant totalement insoutenables.
Pourtant, The Woman reste un film fascinant, bouleversant et qui nous poursuit encore après son visionnage. Non, le choc de ces dernières années ne s'intitule pas The Human Centipede 2, mais bel et bien The Woman.
Nul doute qu'on entendra à nouveau parler de ce film et de son réalisateur.

Note: 17.5/20


THE WOMAN - Trailer