dylan

Genre : documentaire musical épique et indispensable

Année : 2005

Durée: 208 minutes

 

L'histoire : La première partie de l'incroyable carrière du chanteur le plus influent du 20e siècle, rien de moins... Des débuts new-yorkais en 61 au cataclysme de 1966, et cette mythique tournée européenne (aka la 3e guerre Mondiale ou "Dylan face au monde entier") suivie de l'accident de moto.

 

La critique de Leslie Barsonsec

Marty Scorsese n'a jamais caché son obsession quasi-maladive pour le rock : ses bandes originales sont souvent d'hallucinants patchworks électriques, et il a réalisé l'incroyable The Last Waltz sur les adieux du Band, ainsi que le plaisant Shine A Light sur les Rolling Stones.
Mais ici, le projet est encore plus gargantuesque ! Retracer l'épopée dylanienne à travers la première moitié des années 60, et rappeler l'importance monumentale de l'oeuvre est une tâche ô combien difficile...

Si le projet a été mis en route dès 1995, lorsque le manager de Dylan a commencé à planifier une série d'interviews avec les protagonistes de l'époque (les chanteurs folk Dave Von Ronk, Joan Baez, Suze Rotolo, le poète beat Allen Ginsberg...), il faudra attendre dix ans pour que l'ensemble soit finalisé !
A partir de ce matériau et des images mythiques filmées par D.A Pennebacker (voir le film Don't Look Back), ainsi que des nombreuses archives disponibles ici ou là, Scorsese va tenter de restituer l'épopée lysergique et fielleuse du Dylan sixties.

Mais la cerise sur le gâteau, c'est que Dylan se met à table comme jamais ! Avec son manager Jeff Rosen, il s'est livré à dix (10 !!!) heures d'interview où il n'élude quasiment aucun sujet : son Minnesota natal, son arrivée à NY, ses relations avec Baez, ses démélés avec les puristes du folk...
La tâche est donc considérable : trouver le bon équilibre pour marier les différents types de témoignages. Inutile de dire qu'un maestro comme Scorsese (très bien entouré, comme toujours, il est vrai) s'en sort avec brio.

Et que dire des morceaux insérés dans le film... Les images de 66 sont tétanisantes : Dylan symbolisait l'énergie en mouvement, l'esprit speedé et déphasé, faisant preuve d'une puissance énorme et d'une fragilité désarmante à la fois.
Les morceaux folk de 63-64 sont touchants, et démontrent (si besoin est) l'attrait qu'a pu exercer ce jeune homme sur ses congénères, qu'ils soient anonymes ou célèbres comme els Beatles.

Et il est amusant de constater que si le film répond à certaines questions, il en soulève d'autres... En personnage fascinant qu'il est, Dylan ne peut pas s'empêcher de laisser un voile de mystère. Enfin, en tant que personne réputée pour son mutisme, Dylan fait largement démentir sa légende.
De l'art de se dévoiler, mais pas trop... Il est très fort ! Mon admiration pour Bob D. était déjà grande, elle en est ressortie renforcée.
Son charisme crève l'écran, il est un régal pour les yeux, les oreilles et l'esprit.

Bref : INDISPENSABLE !

 

Note : 19.99 / 20