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Genre :Anticipation

Année : 1979

Durée :155min

 

L'histoire : Dans un pays incertain, dans un futur incertain. Il existe une zone interdite, dans laquelle se seraient passés des événements étranges (chute de météorite, par exemple), et que l'on surnomme la Zone. Dans cette Zone se trouverait une pièce, une chambre, dans laquelle tout serait possible. Logiquement, c'est interdit de se rendre dans la Zone, mais des hommes, surnommés les Stalkers ('rôdeurs'), se font payer pour y conduire qui le veut. C'est ainsi que deux hommes (un professeur scientifique et un écrivain en panne d'inspiration) demandent à un Stalker de les emmener dans la Zone. Et le voyage commence, un voyage dangereux, risqué...

 

La critique d'Alice In Oliver:

 

Indéniablement, Andreï Tarkovski fait partie des grands noms du cinéma. Andreï Tarkovski est un réalisateur soviétique à qui l'on doit de nombreux chefs d'oeuvre, hélas trop méconnus en France. Parmi les classiques du réalisateur, nous pourrons citer Le Sacrifice, Andreï Roublev, Solaris (la version de 1972 qui connaîtra par ailleurs un remake du même nom), ou encore Nostalghia.
Vient également s'ajouter Stalker, réalisé en 1979. Avec ce film étrange, brumeux, torturé, ésotérique et finalement expérimental, Andreï Tarkovski apparaît presque comme un visionnaire.

 

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En effet, beaucoup de fans du cinéaste considèrent Stalker comme un film annonçant une catastrophe à venir, en l'occurrence celle de Tchernobyl. Plus que jamais, Stalker s'apparente à une oeuvre totalement inclassable et difficile d'accès. En l'occurrence, les amateurs de blockbusters bourrins et de gros films d'action sans queue ni tête sont priés de quitter leur siège et d'aller faire un petit tour.
Stalker n'a rien à voir avec le cinéma actuel, tout du moins le cinéma hollywoodien et accessible au plus grand nombre. Stalker reste avant tout une oeuvre engagée, mystique, spirituelle et philosophique.

 

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Son rythme, désespéremment lent, rebutera sans aucun doute la plupart des spectateurs, peu habitués à ce genre de pellicule, pour le moins particulière. Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario. Attention, SPOILERS ! Dans un pays incertain, dans un futur incertain.
Il existe une zone interdite, dans laquelle se seraient passés des événements étranges (chute de météorite, par exemple), et que l'on surnomme la Zone. Dans cette Zone, se trouverait une pièce, une chambre, dans laquelle tout serait possible.
Logiquement, il est interdit de se rendre dans la Zone, mais des hommes, surnommés les Stalkers ('rôdeurs'), se font payer pour y conduire qui le veut.

 

C'est ainsi que deux hommes (un professeur scientifique et un écrivain en panne d'inspiration) demandent à un Stalker de les emmener dans la Zone. Et le voyage commence, un voyage dangereux et risqué... Certes, comme nous l'avons déjà souligné, impossible de ranger Stalker dans une catégorie particulière. Néanmoins, l'anticipation semble être le genre qui caractérise le mieux le film de Tarkovski.
En l'occurrence, le réalisateur russe, connaîtra un tournage difficile. En effet, grâce à ses contacts à l'Ouest, Tarkovski avait obtenu pour son film des pellicules Kodak d'un type nouveau. Mais les laboratoires soviétiques n'étaient pas familiarisés avec ce produit et à la suite d'erreurs dans le développement de la pellicule, une partie du film fut détériorée.

 

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Un an de travail sur les scènes d'extérieur fut ainsi perdu et le projet aurait été abandonné si Tarkovski n'avait finalement obtenu de l'administration soviétique le budget nécessaire pour tourner de nouveau les plans perdus, en décidant de faire un film en deux parties.
Stalker est aussi l'adaptation d'un roman homonyme d'Arcady et de Boris Strougatski. Le titre Stalker vient d'un terme anglais qui signifie "chasseur furtif et silencieux", soit littéralement "chasseur à l'approche, rôdeur, ou traqueur".
Encore une fois, difficile réellement de parler de Stalker. Le mieux est peut-être de laisser le réalisateur parler de son film: "Je suis attiré par l'homme qui réalise que le sens de la vie réside avant tout dans la lutte contre le mal qu'il porte en lui-même, et qui lui permettra au cours de sa vie de franchir au moins quelques degrés vers la perfection spirituelle".

 

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Oui, Stalker est un film pessimiste, sombre et profondément torturé (comme nous l'avons déjà souligné). Mais il a aussi une vraie dimension spirituelle et philosophique. Derrière cette histoire de Zone perdue (d'ailleurs, existe-t-elle réellement ?), Tarkovski s'interroge aussi sur l'avenir de l'homme sur notre planète. Peut-on encore croire à l'humanité et/ou à une forme d'humanisme dans un avenir prochain ? Non, semble nous dire Tarkovski. Paradoxalement, le cinéaste semble avoir une véritable fascination pour ce même esprit humain, capable de voyager et de traverser les frontières pour trouver le bonheur ou une forme de vérité.

 

On trouve donc ici l'essence même de l'homme depuis qu'il capable de penser et de raisonner, à savoir cette quête de l'existentialisme, donc "Qui je suis ?". Hélas, le danger de cette quête est de conduire l'homme à perdre toute humanité et à sombrer dans la barbarie.
En ce sens, le Stalker apparaît comme un être sage et énigmatique, qui n'aura de cesse de prévenir le scientifique et l'écrivain sur les dangers de cette même quête. 
Bref, et vous l'avez compris, Stalker est une oeuvre complexe, qui mériterait sans doute un meilleur niveau d'analyse, mais ne l'oubliez pas, vous êtes sur Naveton Cinéma !

 

Note: 19.5/20


Stalker part 1 par editheraven