Naveton Cinéma, le blog ciné le plus nul du net !

09 novembre 2014

This is the end... Naveton Cinéma tire sa révérence

Après avoir publié de nombreux articles et chroniques, plus de 5 000 au total, Naveton Cinéma, le blog ciné le plus nul du net, a décidé de tirer sa révérence. Créé en avril 2011 (le 9 avril pour être exact), le site ferme ses portes aujourd’hui. Toutefois, il restera en l’état mais ne publiera plus de nouveaux articles. Je demande donc aux différents auteurs de ne pas poursuivre l’aventure. Les raisons de cet arrêt définitif ? Essentiellement par un manque d’envie et de motivation.
Ensuite, je constate que la plupart des commentaires sont publiés par les auteurs eux-mêmes même si le blog peut compter tout de même sur quelques fidèles. Hélas, les articles ne comptant aucun commentaire sont nombreux. Il ne s’agit pas pour autant de faire des reproches. Je tiens à remercier tous ceux et toutes celles qui sont de passage, même une fois de temps en temps, qui viennent ou non déposer des commentaires.

A ce sujet, je tiens à remercier tout particulièrement les auteurs qui se sont investis dans ce blog : Borat, Inthemoodforgore, Titi, Leslie Barsonsec, Nicos, Hdef, Vince, Gegeartist et Koamae. Je remercie également d’autres fidèles : Tinalakiller, Gerard, 2flics, Princecranoir, Jamesluctor, Terrortwins, Aelezig, Aurelia, Sekateur, Yvonne, ElodieSun, Forbloodssake, Taratata et Roggy. Pardon si j’ai oublié du monde, auquel cas je vous rajouterai dans ce dernier article. Jusqu’au bout, Naveton Cinéma sera resté fidèle à sa ligne conductrice, qui est la donc la suivante : « Des chroniques médiocres, des analyses foireuses et des articles écrits par un véritable tâcheron ! ». En vous remerciant encore… Je vous laisse à présent entre les mains d’Inthemoodforgore, qui a tenu à délivrer lui aussi un dernier message. Ensuite, ce sera au tour de Borat, Titi, Vince et Hdef !

Alice In Oliver


Naveton Cinema: The End...

Le billet final d’Inthemoodforgore:

Voilà, c'est fini. Dans quelques heures, votre blog préféré aura cessé d'exister. Trois ans et demi d'échanges, de débats, de passions...Tout cela va définitivement s'arrêter ce soir. Je n'ai malheureusement pas eu la chance de participer aux deux premières années de cette aventure, mais les quelques seize mois passés en votre compagnie ont conforté l'opinion que j'en avais en tant que simple spectateur: ce blog était (merde, voilà que je parle déjà au passé !) unique en son genre. Et de "naveton", il n'avait guère que le nom, délibérément choisi au second degré. Car ici, on parlait du VRAI cinéma dans toute son infinie diversité. Du navet infâme au chef d'oeuvre absolu, du blockbuster à l'ovni underground, de Franck Dubosc à Orson Welles... Ici, chacun pouvait trouver chaussure à son pied et participer aux débats, librement selon ses sensibilités. Et ça, c'était génial. Durant ces seize mois de présence, j'ai trouvé ici de la fantaisie, de la complicité, de la générosité. J'ai surtout rencontré de véritables amoureux du cinéma et ça, c'est rare.

Alors pour tout cela, un grand merci. Merci tout d'abord à Olivier, qui a eu la gentillesse de m'accueillir dans l'équipe des chroniqueurs et avec qui j'entretiens des rapports cordiaux et sincères. Merci à Borat pour la vigueur de ses opinions et la fougue de sa jeunesse, merci à Vince pour m'avoir fait découvrir ces réalisateurs essentiels que sont Arrabal et Jodorowski, merci à Tina pour cette touche féminine dans un blog gavé aux testostérones, merci à tous. Oui, merci d'avoir fait vivre, trois ans et demi durant, cet espace d'expression par votre passion dévorante du septième art. Alors je ne sais pas vous, mais moi je me sens quelque peu nostalgique à l'heure où j'écris ces lignes. Mais la grande Simone Signoret nous aurait dit que la nostalgie n'est plus ce qu'elle était ! Donc je compte sur vous pour que ce dernier article ne soit pas sponsorisé par Kleenex...

Alors en ce jour si particulier, et avant que le créateur de Naveton Cinema (auto proclamé DIEU !) ne nous livre ses dernières impressions, j'invite toutes les personnes qui ont fréquenté le blog (même furtivement), un jour ou l'autre, à laisser un petit témoignage. Que ce soit vos coups de cœur, vos coups de gueule, vos plus grands délires, vos plus grandes déceptions, vos découvertes, vos chroniques préférées, vos blogueurs stars, vos moments cultes, bref, tout ce qui vous aura marqué durant la (trop) brève existence de ce blog tant sympathique, racontez le.

Au revoir à tous, prenez soin de vous.

La critique d'adieu de Borat

J'ai rencontré Olivier à l'époque du Cinéma d'Olivier, je suis donc ce que l'on peut appeler un vieux de la vieille, le vieux coq... mais qui n'a que vingt piges ! Quand Olivier s'est lancé dans un nouveau blog, à savoir Naveton Cinéma, il a eu la mauvaise idée de me faire appel. Ainsi le 2 mai 2011 le Borat débarquait avec sa "critique marseillaise" de Taxi. Un malheur accumulant d'autres, voici donc l'ami Borat toujours aux commandes de critiques avec une appelation.
Hé oui, voulant bêtement faire dans l'original, me voilà à la tête (pour ne pas dire dans la tête, n'oubliez pas que c'est le blog le plus nul de tous les temps) de chroniques aux noms d'oiseaux où je lance mon verbe pour dézinguer ou ovationner des films en tous genres. D'ailleurs, je dois avouer que ma plus originale était aussi la plus longue, mais malheureusement personne ne l'a vu au vue des commentaires. Allez c'était celle de 22 Jump Street:

  • La 22ème critique (ce qui est faux vous le savez bien, vu que ça fait quand même depuis trois ans que j'accumule les chroniques de merde avec des titres à la con pour faire un peu original, mais vous savez dans la vie, on ne fait pas ce qu'on veut, alors on accumule les papiers, certains médiocres d'autres grandioses, mais on se souvient toujours des mauvais films; les vannes, certaines sont nulles d'autres passent bien, certaines laissent pantois allez savoir pourquoi, pourtant je les trouvais drôles comme cette tirade qui dure maintenant depuis plusieurs lignes et que vous lisez normalement toujours à l'heure où je cause, alors merci lecteurs pour ce grand moment de patience, la critique va commencer, installez-vous dans votre fauteuil bien gentiment devant l'ordinateur ou votre smartphone, oui car Naveton Cinéma peut aussi se lire sur smartphone, il faut absolument le signaler au cas où votre ordinateur déconne comme ce fut le cas récemment pour moi, mais trêve de bavardage allons-y !) de Borat

Du pur free-style où je me suis bien amusé. Mais mon implication dans Naveton s'est fait aussi fait par les fameuses questions de la semaine, voire du mois, voire à l'année (là c'est vraiment quand je n'étais plus inspiré, ne m'en voulez pas), que j'ai repris à Varlin, camarade de passage sur ce blog. Mon but n'était pas de reprendre le principe pour reprendre, c'était aussi une manière de m'amuser sur certains sujets comme la fois où j'avais demandé des projets de films concepts. Mais à plusieurs reprises, cela m'a permis de rire de mes camarades et moi-même par des questions cinéphiles ou en rapport avec certaines de leurs chroniques.
Mais comme souvent l'inspiration ne vient plus au bout d'un moment, il est parfois temps de s'arrêter. Mais surtout Naveton, c'était des débats houleux, parfois même virulents, mais très souvent utiles et permettant de connaître certains auteurs ou lecteurs. Certains sont venus, d'autres sont partis et le reste est resté (whaow la transition !). D'autant que quand Olivier n'était pas là, il fallait bien un kazakh pour surveiller ce petit monde. Ainsi, voici trois ans et demi que j'officie sur ce blog, ce qui me donne à nouveau un bon coup de vieux. Comme toujours. Alors merci à Olivier d'avoir laisser le Borat faire encore des siennes, de l'avoir laisser faire tout et n'importe quoi. Alors pour le grand final petit questionnaire et ne soyez pas faux-cul lecteur ! On veut du concret ! Alors zumba !

  • Après la fermeture, quel auteur (j'ai bien dit un seul !) vous manquera le plus ?

 

  1. Borat, le don juan à deux francs six sous qui n'arrête pas de draguer Tonton Besson depuis trois ans et plus.
  2. Olivier aka God on Earth (enfin ce qu'il dit).
  3. Inthemood, un homme brutal (il aime les films au dessus du - 16 !) mais charmant.
  4. Vince, notre Bruno Mars à nous, mais heureusement il ne chante pas.
  5. Titi, le roi des canaris.
  6. Leslie, le roi du nanar populaire.
  7. Nicos, le prince des 80's.
  8. Koamae, dit le gamin car il n'a toujours pas passé son Bac !

 

  • Dans dix ans vous vous souviendrez de ce blog pour quoi ?

 

  1. Les franches rigolades
  2. Les nanars tous plus débiles et improbables
  3. Les navets imbouffables
  4. Les raretés nécessaires
  5. Les débats houleux
  6. Le feuilleton Olivier-Borat-Tinalakiller
  7. La coopération des auteurs 
  8. Ou la non-coopération, c'est bien aussi !

 

  • Enfin dernière question: Quels films avaient-vous découvert sur ce blog ? Ne dites pas tous, ce serait trop facile ! 

Longue vie à Naveton Cinéma, le blog le plus nul du net, que son existence ne se résume pas à trois ans et demi d'activités et surtout continuez à venir, que ce soit pour discuter à propos de films ou autres. Bye Naveton !

Les derniers mots de Titi sur Naveton

"Voilà, c'est fini" chantait Jean Louis Aubert. Eh oui, notre dieu à tous et toutes a décidé de partir vers d'autres aventures. Mais point de nostalgie, il nous reste des chroniques qu'on pourra relire à foison (ou pas) avec des formules du genre : "il envoie le marchandise" (non, l'expression n'est pas utilisée uniquement pour les films érotiques ou pour les critiques sur Beethoven 1 & 2 en parlant de la bave du chien, où elle ne figure pas d'ailleurs, ce qui est scandaleux.) 

Naveton cinéma, c'est aussi un espace de dialogue et de débat parfois très animé, ou l'on ne pratique pas le MMDTG (qui signifie Ma Main Dans Ta Gueule), mais plutôt le respect de la personne, ce qui est finalement peut-être plus facile et surtout moins dangereux vu que, dans la vie courante, notre Olivier ressemble à Chris Hemsworth dans Thor, Inthemoodforgore se balade tous les week end avec le masque et les habits de Leatherface en sillonnant les routes désertes et les forets, une tronçonneuse achetée à Mr Bricolage entre les mains, tandis que Borat, sous ses airs inoffensifs et sa carrure à la Jonah Hill, est surnommé "King Of The Bed" en raison de sa faculté à briser des couples célèbres, les femmes ne résistant pas à une nuit d'amour avec notre latin lover. L'année dernière, notre Borat s'est enfui avec Monica Bellucci. Dernièrement, c'est Georges Clooney qui a fait les frais du tombeur, et notre bonhomme convoite actuellement la belle Jennifer Lawrence. Nicolas, attention à toi.

Pour en revenir à Naveton Cinéma et son initiateur, je souhaiterais simplement le remercier d'avoir accepté de m'integrer dans l'équipe en tant que chroniqueurs de ce blog. Si aujourd'hui, je continue à écrire des chroniques avec l'envie toujours vivace de partager, c'est grâce à lui. 

Terminons avec un petit jeu. Voici cinq phrases extraites de chroniques du blog, à vous de retrouver de quels longs métrages/ série ou autres elles sont extraites. En raison du nombres impressionnant d'articles sur Naveton, je vous ferai trois propositions à chaque fois, histoire que ce soit plus facile.

1. "Prenez une pincée d'Eraserhead, ajoutez un soupçon de Philosophy of a Knife, balancez une grande dose de Tetsuo, secouez le tout très fort (secouer est vraiment le terme exact !) et vous obtenez l'un des films les plus rock'n roll de ces vingt dernières années."

Trois propositions : Rubber's Lover, Hantise ou Transformers de Michael Bay.

2. "Seul problème, la série se prend très au sérieux et l'humour noir a lui aussi disparu du programme."

Trois propositions : 1. Les Envahisseurs, 2. Robocop la Série, 3. Mac Guyver (oui, oui, cette série a été chroniquée)

3. "« Fuck : est un mot anglais qui, en tant que verbe, signifie « avoir un rapport sexuel ». Fuck peut être traduit en français par le verbe « foutre » ou « baiser » » Hé hé merci Wikipédia, pour cette définition simple et rapide." (qui a dit que Naveton Cinéma n'était pas un blog culturel ?)

Trois propositions : 1. Allo Maman C'est Noël, Le Monde De Némo ou Le Loup De Wall Street.

4. "S'attaquer au cinéma de Jerry Lewis, c'est un peu comme si Keen V voulait faire un album de reprises de chansons de Jean-Luc Lahaye: ahurissant de conneries !"

Trois propositions : 1. Grease, Le Professeur Foldingue ou Par Où T'Es Rentré On T'A Pas Vu Sortir.

5. " Cet amour du cinéma d'horreur de l'époque pour ces animaux reste d'ailleurs assez mystérieux."

Trois Propositions : Vase De Noce, Portier de Nuit ou L'Homme Léopard.

C'est sur ce petit jeu que nous nous quittons, bonne continuation à tous et toutes en espérant continuer à vous retrouver nombreux dans les commentaires.

 

 

L’Ultime Chronique de Vince 12

Triste de voir se terminer l’aventure Naveton Cinéma. Mais on dit que mêmes les meilleures choses ont une fin. Personnellement, je me rappelle encore de ma première discussion avec Oliver, c’était sur le cinéma d’Olivier alors que je réagissais à un vote pour dresser un classement des meilleurs films de Stanley Kubrick. J’ai continué longtemps à poster comme un Hermite sur le cinéma d’Olivier alors que Naveton commençait déjà à voir le jour. Plus tard, sur Naveton, je me contentais de réagir aux chroniques et je prenais beaucoup de plaisir à discuter avec des cinéphages.

Combien de films ? Combien de réalisateurs ai-je découvert grâce à Naveton ? Des nanars, des chefs d’œuvres de tous genre et de toutes catégories. Naveton a clairement été une expérience enrichissante. Mais elle l’a surtout été grâce à Oliver, qui m’a tendu la main et qui m’a proposé de devenir auteur sur son blog. Je ne le remercierai jamais d’avoir insisté et de m’avoir fait goûter au plaisir de la petite chronique de film qui provoque les débats d’internautes. Je me souviens d’un 4 Avril 2012 où je publiais ma première chronique qui était celle de Nails d’Andreï Iskanov. Depuis, j’en ai fait pas mal. J’ai même fini par monter mon propre blog E-Pôle-Art. Je le dis c’est grâce à Oliver.

Je n’oublierai pas l’ambiance de Naveton. Le soir après ma journée de travail, je rentrais et je m’installais confortablement pour lire les chroniques de Naveton et je décompressais, (il y en a même que j’ai pris plaisir à relire). On avait toutes sortes de débat et Oliver ne manquait jamais une seule occasion de nous sortir un de ses jeux de mots mythiques. J’ai pris plaisir à discuter avec les autres internautes que ce soit les collègues auteurs tels que Borat, Inthemoodforgore, Titi, Hdef, Koame, Gegartist, Leslie Barsonsec et Nicos 31. On avait chacun notre style de chronique et nos spécialités cinématographiques. J’ai également apprécié dialoguer avec les habitués tels que Jamesluctor, Tinalakiller, Tangokini, Princécranoir, Taratata, MachineGun et bien d’autres que j’oublie. On a partagé des discussions enflammées, passionnées mais aussi des moments de rigolade ou plutôt de « rogolade » !

Evidemment tout cela nous manquera. Mais je ne me fais pas de souci, je sais que nous aurons de quoi nous consoler sur Ciné Borat, les blogs de Titi, Voracinéphile, Tinalakiller, Tangokini et tous les autres. Et qui sait peut être un jour, notre « Dieu » de Naveton sentira à nouveau l’envie de reprendre la plume de la blogosphère. Je remercie Oliver, pour m’avoir tendu la main, pour son soutien et son amitié et je salue tous les autres internautes que j’espère avoir le plaisir de retrouver sur la blogosphère.      

Vince

 

L'adieu aux armes d'hdef :

Alors ça y est. It's over comme on dit en anglais. Naveton tire sa révérence nous dit son fondateur, le grand Oliver, la grande Alice, ou les deux à la fois (Alice IN Oliver). Eh bien personnellement j'ai connu des annonces plus gaies, mais enfin… Personnellement, et comme ont fait les autres grands auteurs du blog ci-dessus, je vais vous rappeler un peu comment je me suis joint à cette fabuleuse aventure culturelle et humaine que celle de Naveton Cinéma, ses titres en gras, ses films gores trashs et chocs, ses articles improbables, ses questions semaines, sa liberté totale.

Je suis arrivé un jour de mars 2013. Je venais de revoir pour la énième fois Le Syndicat du crime 2 et je tape le titre du film (réalisé par John Woo en 87, il est dispo sur le blog) sur Google. Et il y a cette entrée zarbie : "Le Syndicat du crime 2, Naveton Cinéma, le blog ciné le plus nul du net". Intrigué, je poste un commentaire. On me répond (c'était Oliver) et une grande amitié se lie. Tous les soirs ou presque, je rentre de bibliothèque et je me mets dans mon fauteuil, et je découvre quelles nouvelles immondices gores ce sacré Naveton m'a encore concocté, non pas à moi, mais à 800 000 personnes, le blog étant tout de même beaucoup lu, mais si mais si, nous ne sommes pas, toi le profane qui lit ses lignes, une secte de dégénérés isolés ! Nous sommes beaucoup dans notre petit délire cinémadique, cinéphagique de grands adorateurs de notre idole à nous, Oliver (défini par Borat, le plus piquant et le plus humoristique des chroniqueurs du blog, que j'espère retrouver très bientôt sur Ciné Borat pour de nouvelles aventures, dans ces termes : "Le Alain Delon du pauvre", toujours avec ironie bien sûr). Oliver qui fut un peu (on entre dans la partie pseudo mystique du billet. Vince va adorer :D) mon Charon, mon passeur dans un monde sous-terrain (celui de l'underground, ouah elle est bonne !) de films dont l'existence ne m'avait jamais effleuré l'esprit. Je les entrevoyais d'un oeil terrifié et révulsé dans des bacs de DVD à la Fnac au rayon "Horreur et fantastique" que je considérais comme un rayon de geek sans intérêt, moi, l'intello bourré de préjugés avec mes lunettes qui faisait deux fois la taille de ma tronche, cachée par un bouquin de Céline. Et puis petit à petit, mes préjugés tombèrent comme des chaussettes pas bien lavées et je commençais à m'adonner à une culture de gore, à une culture bis que je jugeais autrefois méprisable et qui me captivât. Sur les bons conseils de Vince (dont je fantasmais jour et nuit sur le chapeau qui a rétrécit au lavage heu non sur la vidéothèque que j'imaginais emplie d'étranges délires mystiques et gores entre Jodorowsky et Arrabal avec un soupçon d'Andreï Isakinov) et d'Oliver (et aussi de Borat), je fis mes premiers pas dans cet univers envoûtant.

 

Puis je publiais, grande date, ma première chro (comme on disait, ouais) sur le blog. Je m'en souviens comme si c'était hier, avec Oliver qui me dit "Comme c'est ta première chro, elle mérite de paraître aujourd'hui. Donc à paraître dans quelques secondes en fait". Et moi de sauter de joie : "Youpi, mon blog à moi, à vous, un idéal commun, merci beaucoup". En une phrase très à l'emporte-pièce, je venais de résumer un peu et mal le grand truc de Naveton : un "idéal" commun, l'idéal du trash, de l'amour innocent du cinéma (en fait pas si innocent que ça), de la chronique irrévérencieuse et parfois un peu pas très polie (on jurait carrément dans les chroniques, moi j'imitais un peu Laurent Duroche, s'il me lit il doit se dire que j'ai des cases en moins), surtout les miennes en fait, ou quand Vince mettais "Fuck" comme note au Loup de Wall Street (toute la chro était un coup de griffe somptueusement violent), jouant sur le fait que dans le film, les personnages disaient 506 fois ce mot).

 

Et puis après cette première publication, j'enchaînais : Rec 3, Evil Dead 3, Full Contact etc. (vous pouvez toutes les consulter et vous régalez, approuver, détester, éructer) et surtout Baby Cart (alors quoi Oliver tu les as vu ?!) et le cycle que j'avais commencé sur la saga (qui comporte six opus) ne sera jamais fini. C'est con, il ne restait que le 6e… "Ne remets jamais au lendemain ce que tu peux faire aujourd'hui" disait mamie (pas forcément la mienne, toutes les mamies disent ça). Elle(s) avai(en)t bien raison ! Cent fois raison. Mais la grande question reste la suivante : Oliver a-t-il vu Baby Cart ????

 

Et puis j'ai d'autres souvenirs fabuleux de ce blog, notamment les débats de journées entières sur "le divertissement peut-il constituer un chef d'oeuvre ?", "Portier de nuit est-il un film pestilentiel et nauséabond (ce qui va souvent de pair) ?", "Dieudonné est-il un facho ?" etc. Autant de prises de becs, de réactions violentes, de débats historiques et cinématographiques auquel tous les spectateurs du blog assistaient comme à un jeu du cirque où deux gladiateurs féroces s'affrontaient. C'était souvent Vince et moi-même mais pas toujours. Mais la grande question reste la suivante  : Oliver a-t-il vu Baby Cart ????

Je me souviens aussi des questions de la semaine de Borat, qu'on attendait comme les messies ! Je me souviens de tout ça, je me souviens des rares et fascinants (et très longs) articles de Vince, "Je me souviens des jours anciens et je pleure" (Paul Verlaine, Sonate d'automne). Mais la grande question reste la suivante : Oliver a-t-il vu Baby Cart ????

Et par-dessus tout, pour en revenir à nos adieux ('faut pas être trop gai quand on enterre un mythe), je me souviens, très sérieusement maintenant, de la tendresse et de la solidarité des auteurs du blog, des grands amis, de grand partenaires et qui ont cela d'unique : pour certains je ne connais même pas leurs noms !! Et pourtant ce sont des amis. J'ai l'impression comme dit Céline dans Voyage au bout de la nuit, de "m'agiter frénétiquement dans le virtuel". Et pourtant, Naveton, tu vas me manquer. J'aimerais, et j'ai essayé, de t'"ignorer passionnément" comme dit Jacques Dupin mais non, Naveton, décidément, tu m'importes beaucoup. Mais bon, faudrait pas oublier la grande question : Oliver a-t-il vu Baby Cart ????

Car Naveton n'est pas un blog comme un autre. C'est un blog dans lequel chaque auteur s'investit, dans lequel un réel débat existe, où vos commentaires ne sont pas censurés pour un oui ou pour un non (Allociné a censuré une fois un de mes commentaires parce que je disais que Le Retour de Shangaï Joe était "un film aussi décomplexé que la droite de l'UMP"), où la parole circule, où chacun donne son avis franchement, "sans chiquer" comme dit Céline, à chaud, à froid, tiède, saignant, bleu, à point, cru, tartare. Il le balance dans la fosse dans laquelle les auteurs s'agitent, cogitent, et se tient prêt pour le défendre. Pas de censure, pas d'avis tout fait, pas de préjugé : juste une liberté de parole qu'on ne trouve pas ailleurs et qui donne à Naveton sa franchise, son honnêteté. Mais bon la grande question…

Et ça, on le doit à plusieurs hommes (trop peu de femmes, seule Tinalakiller) : Oliver, qui a guidé mon parcours cinéphagique pendant un an et demi et m'a permis de sortir de ma bulle.

On le doit à Vince, un grand amoureux de classiques hollywoodiens et de films chocs et trashs "trop rogolos".

On le doit à Borat, infatigable chroniqueur plein de verve et d'humour qui, en ce triste moment, me fait encore rire avec son message ("Allez zumba !" Du pur Borat !).

On le doit à Inthemoodforgore, récemment arrivé sur le blog et dont la vidéothèque m'a aussi bien donné à réfléchir (même Oliver était impressionné quand il nous a dit le nombre astronomique de ses dvd, c'est tout dire).

On le doit à Duncan, que je n'ai jamais connu mais dont je sais qu'il a écrit des articles sur le blog.

On le doit à Titi, qui tient un remarquable blog où il dévoile sa passion pour le cinéma d'horreur. Je me souviens d'ailleurs d'un excellent article sur Possession, le chef d'oeuvre de Zulawski que j'ai vu, ironie du sort, la semaine dernière. C'était formidable.

On le doit aussi à… monsieur-que-j'ai-du-oublier et à qui je présente mes excuses. Ah oui, je me suis oublié ! C'est moi le monsieur ! Allons HD (comment je m'étais énervé sur ce pauvre Borat quand il m'avait appelé "Haute Définition" !), un peu de tenue !

Eh oui, HDEF. C'est étrange hein ?! Oui parce que à la base, je voulais me trouver un pseudo, j'en ai essayé plusieurs et à chaque fois, "le pseudonyme est déjà utilisé, veuillez en choisir un autre". À chaque fois. De rage, je tape sur mon clavier et un truc genre "hdfrerfere" ressort. J'en garde l'essentiel; HDEF, et me voilà pseudonymé. Vu que vous ne savez rien de moi, ni ma tronche (contrairement aux autres auteurs du blog) ni rien, je vous donne quand même mon nom, c'est Élias, comme ça au moins vous saurez UN truc de moi.

Donc voilà, je vais pas vous faire mon CV, Naveton fut un peu ma subsistance bis, avec Mad Movies (à propos d'eux, Borat, tu trouves pas leur nouvelle formule nullissime ??!) et ma bibliothèque consacrée au cinéma d'horreur, où s'entreposent Classiques du cinéma fantastique de Sabathier, Classiques du cinéma bis de Laurent Aknin et Lucas Bablo, que je cite souvent dans mes articles, 100 ans de cinéma d'horreur et de science fiction, la géniale bible du film de genre signée Jean-Pierre Andrevon, Mad, ma vie de Jean-Pierre Putters, sur l'histoire de Mad Movies et… flûte je me remets à parler de moi ! Je suis d'un égocentrisme !

Allez, arrêtons les violons, ne pleurons pas (c'est le titre du dernier roman de Salvayre, le bouquin qu'a eu le Prix Goncourt. J'ai lu un super article sur Zone Critique. C'est bien ?), j'essaie de pas faire dans le Bergman pour vous dire adieu, parce que voyez-vous, Naveton, c'est pas ça.

C'est pas triste Naveton ! C'est gai ! C'est chouette ! On se mate un nanar entre potes, on n'est pas là pour écrire du Bazin, on est là pour déconner sur fond de nanar gore avec Borat, Vince et Oliver, on se conseille les pires films jamais fait, on se marre, on blablate, tranquille, paresseusement ou énergiquement selon les jours.

Donc Naveton c'est pas le site sérieux. C'est pas le site pompant qui te fait la leçon comme j'ai trop tendance à la faire. C'est le site libre. C'est le site où on fait ce qu'on veut, où on dit ce qu'on veut, même si on fait des jeux de mots pourris mais "trop rogolos" (j'adore cette expression de Vince !!) sur le film Ring ("tu est tendu comme un STIIIIING, je mange une meuRIIIING, DRIIIIING". Voir le reste sur l'article consacré au film), où Oliver se fait saboter sa drague avec Tinalakiller par Borat (aaah ces interminables dialogues sur la douceurs des épaules de Borat et sur sa qualité de danseur ! Des parties de rigolades non-sensiques dignes des Monty Python !) où tout le monde vient dans l'idée de parler de cinéma mais… bizarrement.

Donc vu que Naveton n'est pas un site triste mais un site marrant, y a pas de raison de chialer quand on le ferme, vu qu'on va au contraire se souvenir des fois où on s'est le plus marré et puis se retrouver tous sur notre Saint-Jean d'Acre de la nanarophilie : Ciné Borat. Et c'est reparti ! Et même si Borat venait à fermer son site, croyez-moi, je continuerais de porter le flambeau que vous m'avez transmis. "S'il n'en reste qu'un, je serais celui-là" disait Victor Hugo dans les splendides Châtiments. Mais je préfère m'en référer à ce que nous dit Borat dans les commentaires (je suis trop nul pour formuler moi-même mes sentiments alors je les pique aux autres) : "Camarde, ce fut un plaisir du début à la fin"

Je ne sais que dire d'autre pour clore une belle histoire d'amitié entre des passionnés de cinéma et un cinéphile bougon vieux avant l'heure qui, comme Clint Eastwood dans Gran Torino (mais moi je n'ai pas de carabine !), s'est ouvert au monde. Et, je crois l'avoir beaucoup dit, c'est grâce à des personnes aussi attentionnés, douces et sympathiques que Vince (désolé pour mes commentaires d'insulte), Borat (désolé aussi !) et Oliver (je n'ai jamais offensé un dieu). Et ils ne sont pas seuls, tous ceux que j'ai rencontré sur le blog sont aussi passionnés, aussi passionnant et j'aimerais un jour vous voir. Ce serait tellement marrant !

Bon, je ne vais pas vous ennuyer d'avantage.

Au revoir et merci,

HDEF… (et ça continue)

 Oui ça continue parce que un jour ou l'autre, Oliver, au moment où tu t'y attendras le moins, je surgirais sur le blog et je te dirais : OUI, J'AI VU PHILOSOPHY OF A KNIFE ! Et là, tu me féliciteras, et tu te prosterneras devant moi !


04 novembre 2014

Hotel Inferno

hotel inferno

 

genre: horreur, gore trash (interdit aux moins de 16 ans)
année: 2013
durée: 1h20

l'histoire: Le tueur à gages Frank Zimosa vient d’être embauché pour une mission incensément rentable par le riche et puissant Jorge Mistrandia. L’objectif: tuer deux personnes qui se cachent dans un de ses hôtels européens. Mais il ne sera pas seul sur place.   

La critique d'Alice In Oliver:

Cela fait déjà plusieurs semaines que Naveton Cinéma vous parle de Giulio De Santi, un réalisateur qui s'est fait connaître auprès des amateurs du cinéma trash avec Adam Chaplin et Taeter City. Vient également s'ajouter Hotel Inferno, sorti en 2013.
Depuis quelques années, Giulio de Santi et sa petite équipe (la société de production Necrostorm) cherchent clairement à se démarquer par leur univers et leurs pellicules gores et complètement chtarbées. D'une certaine façon, Giulio De Santi et son équipe signent le grand retour du cinéma d'horreur italien, et tant mieux !

Pourtant, les films de Necrostorm n'ont pas grand-chose à voir avec l'ambiance gothique et putride des longs-métrages de Dario Argento ou encore d'un Mario Bava. En vérité, avec Adam Chaplin et Taeter City, Giulio De Santi mélangeait habilement le trash, le cinéma d'horreur asiatique (version torture porn), la culture manga et un état d'esprit qui n'est pas sans rappeler les productions Troma (entre autres, Toxic Avenger). Encore faut-il tenir les promesses annoncées.
Pour le moment, Taeter City reste la grande réussite de De Santi et de Necrostorm. Le film s'est taillé une solide réputation sur la Toile.

 

Hotel-Inferno-2013-Movie-Necrostorm-Extreme-4

 

Hélas, il faut bien le reconnaître: Hotel Inferno n'est pas la hauteur de son modèle. Personnellement, je le trouve même inférieur à Adam Chaplin. Pire encore, on a du mal à retrouver la folie et l'originalité d'un Adam Chaplin. En l'occurrence, avec Hotel Inferno, De Santi et son équipe ne renouent pas forcément avec la culture manga. En vérité, Hotel Inferno est très inspiré par l'univers du jeu vidéo.
Impossible de ne pas penser à Resident Evil et surtout à Doom. Visiblement, Giulio De Santi a passé des heures devant ce jeu vidéo. Cela se ressent immédiatement à la vision d'Hotel Inferno. Rappelons que Doom et Resident Evil ont fait l'objet d'une voire plusieurs adaptations au cinéma.

En l'occurrence, Giulio De Santi décide de revisiter le célèbre jeu vidéo à sa sauce et avec un scénario totalement différent. Attention, SPOILERS ! Le tueur à gages Frank Zimosa vient d’être embauché pour une mission incensément rentable par le riche et puissant Jorge Mistrandia.
L’objectif: tuer deux personnes qui se cachent dans un de ses hôtels européens. Mais il ne sera pas seul sur place
. Autant le dire tout de suite: dès les premières secondes, le film se démarque par sa réalisation à la première personne. Par conséquent, Hotel Inferno est filmé en caméra subjective. Vous ne verrez jamais le visage du héros principal, mais seulement ses mains et à la rigueur parfois ses pieds !

 

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En gros, soit on adhère à la réalisation si particulière du film, soit on déteste ! Personnellement, je reste assez mitigé. Certes, au risque de me répéter, Hotel Inferno fonctionne comme un jeu vidéo et n'est pas sans rappeler (énormément) Doom, sauf qu'il n'est pas question ici d'extraterrestres moisis. Mais Frank Zimosa est un tueur à gages qui va évoluer dans un décor particulier, affronter de nombreux ennemis et trouver de nouvelles armes au fur et à mesure qu'il progresse dans le film.
Au moins, contrairement à l'adaptation de Doom au cinéma, Hotel Inferno a le mérite de délivrer largement la marchandise.

Sur ce dernier point, Hotel Inferno se montre particulièrement généreux. Vous aimez le gore qui tâche et qui pique les yeux ? Vous aimez les têtes qui explosent et le sang qui jaillit à n'en plus finir de crânes totalement écervelés ? Alors, Hotel Inferno est fait pour vous.
Indéniablement, le film séduira les amateurs du cinéma trash qui seront ici en terrain connu et quasiment conquis. Hélas, Hotel Inferno se montre assez répétitif dans l'ensemble. Pourtant, le film est d'une courte durée mais un tel concept ne peut réellement fonctionner que sur une bonne petite demi-heure. Au bout d'un moment, les différentes effusions de sang (encore une fois très gores) ne parviennent plus à surprendre. Enfin, malgré ses indéniables qualités, Hotel Inferno ne possède pas les qualités ni l'originalité d'un Taeter City, qui reste pour le moment la grande réussite de Giulio de Santi et de Necrostorm.

Note: 10/20

02 novembre 2014

La Mémoire Meurtrie/Memory Of the Camps

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genre: documentaire
Durée: 1h05
Année: 1945/1985

Synopsis: L'histoire d'un film, intitulé Memory of the Camps de Sydney Bernstein et supervisé par Alfred Hitchcock en 1945, qui devait être réalisé pour montrer l'horreur et les atrocités commises dans les camps de la mort. Hélas, le film ne verra jamais le jour ou presque. Il faudra attendre 1985 avant de voir le documentaire débarquer sur les écrans. 

La critique d'Alice In Oliver:

Difficile de raconter un film tel que La Mémoire Meurtrie, de son titre original, Memory of the Camps, qui n'est pas vraiment un "film" mais plutôt un documentaire. Tout d'abord, ce long-métrage a une histoire et s'inscrit dans un contexte particulier. Sydney Bernstein est un caméraman de l'armée britannique. Il est chargé de réaliser un film sur la libération des camps de concentration.
Dans un premier temps, il filme et recueille de nombreuses séquences du camp de Bergen-Belsen. Bien sûr, le réalisateur s'attendait à filmer des horreurs. Le seul problème, c'est que l'horreur dépasse l'entendement.

Très vite, Sidney Bernstein ne veut pas seulement réaliser un film sur la libération du camp de Bergen-Belsen. Il veut réaliser un témoignage pour l'Histoire et le Devoir de Mémoire. Le but est également de réaliser un film qui soit le plus authentique possible. Il ne s'agit pas seulement de regrouper des archives et même des photographies ou clichés sur les camps de la mort.
En effet, Sydney Bernstein pense que certains allemands pourraient contester la véracité de ces mêmes photographies. Après avoir filmé plusieurs séquences de libération de différents camps de concentration, Sydney Bernstein fait appel à Alfred Hitchcock pour superviser et monter le film.

 

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Le réalisateur britannique est horrifié par les images qu'il découvre. Le monde entier doit être alerté sur les atrocités commises par le régime nazi et le processus d'extermination des juifs. A l'époque, le but de La Mémoire Meurtrie est déjà de dénoncer la Solution Finale.
En ce sens, on peut voir ce film comme le précurseur de Nuit et Brouillard d'Alain Resnais. Hélas, le documentaire de Sydney Bernstein et d'Alfred Hitchcock ne verra jamais le jour. En effet, une fois le film présenté, le gouvernement anglais estime que toutes les séquences présentées risquent de choquer l'opinion publique. Ensuite, le contexte historique de l'époque ne se prête guère à montrer de telles horreurs.

En résumé, la vérité, aussi horrible soit-elle, ne peut être diffusée d'une manière aussi dure. A l'époque, les Alliés ont d'autres priorités, notamment de restaurer la paix le plus vite possible et opérer un processus de dézanification. L'Allemagne est K.O. debout et ce n'est pas le moment de diffuser de telles images, tout du moins, c'est l'avis des différents gouvernements européens de l'époque.
Ecoeuré, Sydney Bernstein se battra pendant des années pour que son film soit diffusé. Finalement, le réalisateur est prié de se taire et son documentaire est finalement interdit puis censuré. Encore une fois, il faudra attendre quarante années, donc 1985, pour que La Mémoire Meurtrie soit enfin diffusée.

 

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Le film s'ouvre sur une marche effectuée par Hitler devant une foule allemande. Pour le reste, La Mémoire Meurtrie réunit non seulement des séquences filmées par Sydney Bernstein lui-même (en l'occurrence la libération du camp de Bergen-Belsen), mais aussi des scènes filmées par les Alliés et l'Armée Rouge lors de la libération de différents camps de la mort, notamment Dachau, Buchenwald, Matthausen ou encore Auschwitz. En contact avec ces caméramen, Sydney Bernstein demande à ce que l'on filme tous les détails. La réalité doit être montrée, non seulement aux allemands mais en monde entier.
Le film s'appuie également sur divers témoignages des rares survivants des camps de la mort.

Dans ces différentes interviews, on nous parle évidemment des conditions de vie (ou plutôt de mort) dans les camps de concentration: des corps qui s'entassent par milliers, la puanteur, la tuberculose, les poux, une hygiène totalement absente, la famine, des cadavres tellement amaigris qu'ils ressemblent à des statues pétrifiées, les poux et bien sûr le typhus.
D'ailleurs, au moment où les camps sont libérés, les rares survivants sont pris en charge. Quand on commence à les nourrir, certains meurent car leurs organismes ne sont plus habitués à avaler de la nourriture.

 

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Les biens des Juifs étaient également récupérés par les officiers allemands: bracelets, bijoux, des livres et même des dentiers. Aucun objet n'est laissé au hasard. Certaines peaux de Juifs sont même utilisées pour confectionner des abats-jours. On retrouve même des têtes de prisonniers qui ont servi d'expérience et qui ont été réduites. Chaque jour, ce sont des centaines voire même des milliers de juifs qui partent en fumée dans les chambres à gaz. Le film de Sydney Bernstein montre déjà qu'il existe deux sortes de camp: les camps de concentration et les camps de la mort.
Sur ce dernier point, Auschwitz nous est présenté comme une véritable entreprise de la mort qui réduit ses prisonniers à l'esclavage, à la famine et à la mort.

A Auschwitz, la durée maximale de vie d'un Juif ne doit pas dépasser les trois mois d'existence. Dans ce genre de camp, les hommes et les femmes sont évidemment séparés. A partir de là, les officiers allemands opèrent à une sorte de sélection sur le "tas": certains juifs sont condamnés à travailler dans des conditions épouvantables.
Les autres sont priés de prendre un bain, tout du moins c'est ce qu'on leur dit afin d'éviter la panique. En vérité, ils sont gazés en quelques minutes. Par la suite, les corps sont brûlés. A Auschwtiz, on massacre 10 à 15 000 déportés par jour, et principalement des vieillards, des enfants et des jeunes femmes. Seuls les enfants qui sont des vrais jumeaux sont épargnés.

 

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En réalité, ils servent d'expérience pour les nazis. Parfois, il y a bien sûr quelques représailles de prisonniers, mais les nazis organisent des pendaisons publiques pour calmer les ardeurs. Bref, La Mémoire Meurtrie multiplie ce genre de témoignage choc. Réalisé en 1945, Memory of the Camps sera finalement rangé dans les archives de l'Imperial Museum of War.
Autant le dire, le film est vraiment brutal: il montre la réalité telle qu'elle a été filmée lors de la libération des camps. Le documentaire ne montre pas seulement des cadavres, des corps mutilés, brûlés ou encore des fosses ressemblant à de véritables cimetières.
Memory of the Camps montre également les autorités débarquer dans les camps et découvrir l'horrible vérité, celle qu'ils ont nié durant de nombreuses années. Autre révélation choc: le film dénonce l'aveuglément volontaire des différents gouvernements face à l'extermination massive des juifs dans les camps de la mort. Bref, un documentaire éprouvant qu'il conviendra de réserver à un public particulièrement averti.

Note: 20/20

27 octobre 2014

Nuit Noire (2014)

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genre: horreur, épouvante 
année: 2014
durée: 8 minutes environ

l'histoire: Ethan, un lycéen, fait un pari avec deux de ses copains: ce soir, il va se rendre au cimetière pour prendre une photographie. Hélas, une fois sur place, l'atmosphère est pour le moins inquiétante.  

La critique d'Alice In Oliver:

Pour commencer cette chronique, rappelons un peu les faits: le réalisateur français, Jean-Luc Baillet, a contacté Naveton Cinéma, le blog ciné le plus nul du net, pour nous présenter son court-métrage, Nuit Noire, produit par Arkham Production. Le cinéaste a donc fait appel à nos services pour une petite chronique de son second court-métrage, après Contretemps (donc son tout premier film).
Nuit Noire a été présentée dans différents festivals: A Night of Horror International Film Festival en Australie, le Festival des Ciné' Méliès à Hazebrouck, le Festival Retour à l'Anormal à la Rochelle ou encore à l'Underground Monster Carnival à Oklahoma City.

Evidemment, le format étant assez court (je le rappelle, 8 minutes), le scénario n'est pas très difficile à comprendre. Attention, SPOILERS ! Ethan, un lycéen, fait un pari avec deux de ses copains (François et Noah): ce soir, il va se rendre au cimetière pour prendre une photographie. Hélas, une fois sur place, l'atmosphère est pour le moins inquiétante.
En effet, très vite, Ethan doit affronter une présence maléfique. Difficile d'en dire davantage. Visiblement, Jean-Luc Baillet aime l'univers et les romans d'H.P. Lovecraft. Que les choses soient claires: la partie "lycéenne" du court-métrage et ses dialogues "pubères" ne sont pas forcément les aspects les plus convaincants.

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Jean-Luc Baillet nous montre enfin l'étendue de son talent quand la lumière cède la place au noir total. Rien à redire sur la qualité de la photographie et de la réalisation, en sachant que le réalisateur doit composer avec les moyens du bord (soit la totalité d'un SMIC albanais).
Parmi les influences du film, nous avons déjà cité H.P. Lovecraft, mais impossible de ne pas songer aux productions de la Hammer avec cette ambiance à la fois gothique, inquiétante et putride, comme pour marquer cette frontière étroite entre le néant et notre monde réel. Certes, ce n'est pas Nuit Noire qui va nous provoquer des frissons ou des cauchemars, mais nulle doute que Jean-Luc Baillet est appelé (dans un proche avenir) à nous faire rêver.

Note: 15/20

18 octobre 2014

Love Story

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Genre: drame, Kleenex
année: 1970
durée: 1h40

L'histoire: Un homme issu d'une famille aisée, étudiant en droit à Harvard, rencontre une jeune fille à la bibliothèque où elle travaille pour payer ses études. Malgré le fait qu'ils appartiennent à des classes sociales différentes leur amour devient plus fort que tout mais sera soumis aux épreuves de la vie.  

la critique d'Alice In Oliver:

Ah le voilà le "Film" culte de toute une génération de pleurnichards... pardon... de personnes sensibles... J'ai nommé Love Story, réalisé par Arthur Hiller en 1970. Bon avant toute chose, je préfère vous prévenir: pour cette chronique, la société Kleenex m'a contacté pour promouvoir la vente de leurs mouchoirs. Ne vous étonnez donc pas si vous voyez régulièrement la photo suivante:

 

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Car oui, Love Story est avant tout un drame, un film poignant, mélancolique et d'une tristesse insondable. Donc pour lire les lignes qui vont suivre et l'intégralité de cette chronique, je vous demanderai de bien préparer vos mouchoirs, si possible des Kleenex... Tant qu'à faire !
Au niveau de la distribution, Love Story réunit Ryan O'Neal, Ali MacGraw, John Marley, Ray Milland et Tommy Lee Jones. On ne présente plus cette véritable tragédie filmique à vous faire sortir des larmes de tous les orifices possibles et imaginables.

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Love Story remportera un immense succès au moment sa sortie. Le public est ému aux larmes les plus profondes (par là, comprenez que les larmes coulent à flot) et la critique est plutôt positive. Mieux encore, le film remporte plusieurs Golden Globes: meilleur film dramatique, meilleure actrice pour Ali Mac Graw, meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleure musique originale.
Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes de l'histoire. Attention, SPOILERS ! Et merci encore une fois de préparer vos mouchoirs Kleenex !

 

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Oliver Barrett descend d’une grande lignée de diplômés de Harvard riches et éminents. Il éprouve le coup de foudre pour Jennifer Cavalleri, une Américaine d’origine italienne, pauvre et catholique, étudiante en musique, à Radcliffe. Dès la fin de leur année universitaire, ils décident de se marier en dépit de l’avis du père d’Oliver, qui se brouille avec son fils.

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Privé de l’aide financière de son père, le jeune couple lutte pour pouvoir payer les études d’Oliver en école d’avocats. Finalement, ce dernier sort troisième de sa promotion, et obtient un travail très bien payé dans une firme d’avocats à New York, tandis que Jennifer enseigne la musique dans une école privée. Au vu de leurs revenus à présent élevés, mari et femme, tous deux 24 ans, décident de faire un enfant. Mais le succès ne vient pas, et après un certain nombre d'essais, ils consultent un spécialiste, qui, après de nombreux tests sanguins, informe Oliver que Jennifer a une leucémie et est condamnée à très court terme.

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Oliver essaie de se comporter « normalement » selon les conseils du docteur, sans en parler à Jennifer, mais celle-ci l’apprend toutefois par un autre médecin. Jennifer décide d’aller à l’hôpital pour commencer une thérapie contre le cancer, et Oliver commence à manquer d’argent pour payer l'hôpital. Désespéré, il va demander l'aide financière de son père, arguant d’une bêtise avec une fille.

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Vous l'avez donc compris: Love Story est un film profond et plus complexe qu'il n'y paraît. D'ailleurs, on relève même des dialogues à couper le souffle obligeant le spectateur à faire appel à ses plus grandes capacités intellectuelles. C'est par exemple le cas lorsque la grognasse... pardon la femme d'Oliver répond à son mari: " L'amour, c'est n'avoir jamais à dire qu'on est désolé ".

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Bon soyons honnête et un peu plus sérieux quelques secondes. Le scénario de Love Story est évidemment simpliste. C'est probablement la raison pour laquelle le film parle à tout le monde. L'histoire est finalement assez banale. Un fils à papa décide de se rebeller contre le joug de son paternel. Contre l'avis général, il épouse une sorte de Cosette des temps modernes.
Oliver et Jennifer vivent un amour passionné. Eperdument amoureux l'un de l'autre, ils vivent des jours heureux et paisibles. C'est le grand amour quoi, le coup de foudre et la passion absolue voire démesurée. Oui mais voilà, alors que le jeune couple tente d'avoir un enfant, qui serait le fruit de leur amour, Jennifer est victime d'un cancer et plus précisément d'une leucémie (Je renvoie au synopsis).

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Indéniablement, Arthur Hiller joue à fond la carte du mélodrame. Il tire même un peu trop... pardon beaucoup... et même énormément sur l'ambulance. Il est donc question ici de classe sociale et d'ascension dans la société. Le fait qu'Oliver soit issu de la bourgeoisie n'a rien du hasard. Cela renforce évidemment l'aspect dramatique.
A cela s'ajoute une histoire alternative (peu passionnante pour être gentil) entre un fils et son père. Evidemment, Jennifer est rejetée par la famille d'Oliver, et ce dernier rejette à son tour ses parents.

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Comme tous ces détails ne sont pas suffisants et qu'il faut à tout prix nous faire verser quelques larmes supplémentaires, le film s'attarde largement sur l'histoire d'amour entre Jennifer et Oliver. Comme je l'ai déjà souligné, les deux tourtereaux s'aiment et sont éperdument amoureux.
Même dans les disputes, les désaccords et les épreuves de la vie, ils restent fous amoureux l'un de l'autre. C'est finalement l'annonce d'une leucémie qui va mettre le couple face à un destin funeste et inextricable.

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Rien n'aurait pu séparer Oliver et Jennifer. Je dis bien ABSOLUMENT rien, mais alors rien du tout quoi ! Pas même la différence de classe sociale ou encore le mépris et l'indifférence des parents d'Oliver. Oui, mais voilà, il y a la mort ! Il y a les couloirs d'hôpital, les examens, la souffrance, la solitude, l'incompréhension, les examens médicaux, les pleurs et bien sûr la musique lancinante (mais culte) et ultra dramatique au possible sur fond de notes de piano dézinguées du bulbe (je viens d'inventer l'expression) de l'ami Francis Lai.

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Alors si après ça, vous n'avez toujours pas chialé (et quand je dis chialer, ça doit même couler de vos oreilles et d'ailleurs... Je ne préciserai pas l'endroit en question...), c'est que vous êtes parfaitement insensibles ! Oui vous avez bien lu, des insensibles !
Parce que voir ce couple tellement heureux et joyeux batifoler dans la neige, partager une étreinte, un câlin et toutes ces partie de rigolade (et le tout filmé au ralenti, juste histoire de), c'est tellement triste, mélancolique, larmoyant... Les mots me manquent... Désolé, je pleure et je n'arrive plus à retenir mes larmes...

Note: 

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15 octobre 2014

3615 Code Père Noël

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genre: thriller (interdit aux - 16 ans)
année: 1990
durée: 1h25

l'histoire: Un jeune garçon se retrouve nez à nez avec un psychopathe déguisé en père-noël. Quand le monde de l'enfance rencontre celui de l'horreur.     

La critique d'Alice In Oliver:

Evidemment, tout le monde se souvient de Maman, j'ai raté de l'avion de Chris Colombus et avec l'affreux Macaulay Culkin, sorti en 1990, et qui voyait un petit gamin braillard donner la leçon à deux petits voyous sans envergure. En revanche, personne ne se rappelle de 3615 Père Noël, réalisé par René Manzor et sorti lui aussi en 1990. D'une certaine façon, on pourrait considérer 3615 Père Noël comme le "Maman, j'ai raté l'avion" français, bien qu'il soit sorti quelques mois plus tôt.
Voilà qui a le mérite de faire peur. Et puis il y a ce titre franchement ridicule: 3615 Code Père Noël. Non franchement, là les mecs, on tient normalement un très gros nanar.

Et bien non, 3615 Code Père Noël n'est pas un nanar, encore moins un navet. Mieux encore, il s'agit même d'un bon film. J'hésite presque à dire "un très bon film". En tout cas, une chose est sûre: on tient ici une véritable rareté et un OFNI (objet filmique non identifié) du cinéma français.
En vérité, c'est 3615 Code Père Noël qui aurait dû rencontrer le succès du film de Chris Colombus. Hélas, au moment de sa sortie, 3615 Code Père Noël passera presque totalement inaperçu au cinéma et restera plus ou moins confiné dans l'oubli. Au niveau de la distribution, le film réunit Alain Musy, Brigitte Fossey, Louis Ducreux et Patrick Floersheim.

 

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René Manzor n'est autre que le frère de Francis Lalanne. On lui doit notamment Le Passage, un très gros navet fantastique avec Alain Delon et déjà le petit Alain Musy. Certes, comme je l'ai déjà souligné, 3615 Code Père Noël se fera voler la vedette par Maman, j'ai raté l'avion.
Là aussi, nous sommes en présence d'un "Home Invasion", mais la comparaison s'arrête bien là. J'y reviendrai... Toujours est-il que 3615 Code Père Noël s'est taillé avec le temps une certaine réputation, à tel point que les fans parlent aujourd'hui d'un film culte. Avant toute chose, il est nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario.

Attention, SPOILERS ! Thomas, 9 ans, a deux passions : l'informatique et les super-héros du style de Rambo. Mais il croit encore au Père Noël. Au grand désespoir de sa mère et de son grand-père, il a transformé le château familial en terrain de jeux : des caméras de surveillance dans toutes les pièces, des pièges, des trappes, des filets, un énorme passage secret rempli de jouets.
Le soir du 24 décembre, Thomas attend, caché sous la table, l'arrivée du Père Noël, bien décidé à le capturer. Mais sous la houppelande rouge se cache un psychopathe, avec qui Thomas a discuté sur le minitel.

 

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Le psychopathe a été renvoyé de son travail de père Noël par la mère de Thomas, directrice d'un magasin de jouets. Un duel effréné oppose l'enfant au tueur. Que les choses soient claires: bien que l'histoire soit assez similaire à celle du film de Chris Colombus, 3615 Code Père Noël est finalement l'antithèse de Maman, j'ai raté l'avion. Par là, comprenez que 3615 Code Père Noël ne s'adresse pas particulièrement aux jeunes bambins. D'ailleurs, le film a justement écopé d'une interdiction aux moins de 16 ans. René Manzor prend son temps pour planter le décor, un immense manoir, et ses personnages.
Nous faisons donc la connaissance de Thomas, passionné par Rambo et qui commence à douter de la réelle existence du Père Noël.

Qu'à cela ne tienne, un psychopathe de la région ne va pas tarder à prendre l'apparence du gros barbu pour s'immiscer dans le manoir et semer la terreur. Et le serial killer ne plaisante pas. Il ne vient pas là pour voler de l'argent mais pour massacrer toute la famille !
Le thème du Père Noël psychopathe n'est pas nouveau au cinéma. C'est presque un genre à lui tout seul. Au hasard, comment ne pas citer la saga Douce Nuit Sanglante Nuit ? A partir de là, 3615 Père Noël prend la forme d'un film d'aventure mais s'apparente aussi à un slasher, parfois très violent et qui s'adresse donc à un public averti.

 

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Surtout, le film exploite parfaitement son (presque) unique décor (je le rappelle, un immense manoir) et nous présente un héros, donc Thomas, un gamin de 9 ans. Surtout, sur le fond, 3615 Code Père Noël est un film intelligent qui traite du délicat passage de l'enfance à l'adolescence.
Ici, la figure du Père Noël se transforme en entité démoniaque. Il s'agit finalement du combat d'un jeune gosse pour préserver ce qui reste encore lui d'enfantin. Pourtant, il doit affronter ses démons intérieurs et mener une guerre avant tout sur lui-même. Indéniablement, 3615 Code Père Noël possède son propre style et surtout une ambiance solide, encore une fois très éloignée avec Maman, j'ai raté l'avion. Bref, on tient ici un très bon film français, culotté, violent et qui, malheureusement, passera totalement inaperçu en son temps.

Note: 15/20

 

13 octobre 2014

Robinson Crusoé Sur Mars

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Genre: science fiction
année: 1964
durée: 1h50

l'histoire: Leur capsule spatiale ayant évité une collision avec un gigantesque météore, le commandant King Draper et la guenon Mona débarquent sur Mars où ils ne tardent pas à rencontrer des extraterrestres. 

la critique d'Alice In Oliver:

Evidemment, un tel titre, Robinson Crusoé sur Mars, réalisé par Byron Haskin en 1964, laisse songeur. Nouveau nanar en perspective ? En l'occurrence, il s'agit de la transposition sur la planète Mars du célèbre roman (donc Robin Crusoé) de Daniel Defoe.
Ensuite, Byron Haskin n'est pas le premier venu. On lui doit notamment la toute première version de La Guerre des Mondes en 1953, De la Terre à la Lune, L'Île au Trésor (1950), La conquête de l'espace ou encore Quand la Marabunta Gronde. Donc non, Robinson Crusoé sur Mars n'est pas un nanar, loin de là. C'est même un bon film de genre.

Au niveau de la distribution, pas grand chose à signaler, en dehors de la présence d'Adam West qui tient le rôle principal. Visiblement, Byron Haskin n'a pas oublié La Guerre des Mondes et nous ressort plus ou moins le mêmes vaisseaux spatiaux dans cette production aussi sincère que naïve.
Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario. Attention, SPOILERS ! 
Le commandant Kit Draper et le colonel McReady font une expédition sur Mars. Pour éviter une météorite, ils épuisent tout leur carburant et leur vaisseau reste en orbite autour de la planète. Ils descendent sur Mars, mais McReady meurt lors de l'atterrissage.

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Draper reste seul avec le singe Mona. Il parvient à survivre en découvrant que certains minéraux, sous l'action de la chaleur, produisent de l'oxygène. Il va ainsi se construire un abri dans une grotte. Jusqu'au jour où il découvre un squelette. Il voit ensuite arriver un mystérieux vaisseau extraterrestre. Draper s'approche et voit qu'il amène des esclaves extraterrestres pour exploiter le sous-sol de Mars. Indéniablement, Robinson Crusoé sur Mars est non seulement influencé par son modèle (donc le livre de Daniel Defoe) mais par les comics de l'époque.
On a parfois l'impression d'évoluer dans une bande dessinée ponctuée de superbes décors désertiques.

Déjà, à l'époque, Mars est considéré comme une planète hostile, froide, vide et à l'atmosphère quasi irrespirable. Pour survivre, le commandant Draper doit trouver refuge dans des grottes. Par un habile stratégème, il parvient à créer de l'oxygène en quantité suffisante.
Hélas, il doit faire face aux assauts récurrents de vaisseaux aliens. C'est alors qu'il fait la connaissance d'un extraterrestre (de forme humaine) anonyme. Draper le surnomme Vendredi. Peu à peu, les deux hommes vont devoir faire cause commune et lutter contre les envahisseurs. Robinson Crusoé sur Mars peut s'appuyer sur une ambiance solide marqué par l'isolement et la solitude.

 

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Ensuite, les séquences d'attaques extraterrestres sont franchement réussies et permettent d'apporter un certain suspense à un scénario un peu léger dans l'ensemble. C'est sûrement le plus gros défaut de cette pellicule. Dommage que Byron Haskin n'approfondisse pas davantage les relations entre Draper et son nouvel acolyte, pour le moins peu bavard.
Enfin, la conclusion finale, en forme de happy-end, est franchement décevante. Néanmoins, Adam West livre une bonne prestation (sans être époustouflante pour autant). Et puis, cette adaptation dégage à la fois beaucoup de charme, de fantaisie et de naïveté. A défaut d'être exceptionnel, cette transposition science fictionnelle reste une petite curiosité.

Note: 13/20

 


Robinson Crusoe sur Mars - Bande-annonce [VO] par ExtraterrestresTV

03 octobre 2014

Adam Chaplin

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genre: horreur, gore, trash (interdit aux - 16 ans)
année: 2011
durée: 1h30

l'histoire: Dans la ville d’Heaven Valley, Dennis Richards est le Boss. Tout est sous son contrôle et la trahison est accompagnée d’une mort atroce. La femme d’Adam lui devant de l’argent, il va la brûler vive pour la punir de ne pas avoir tenu ses engagements. Adam, fou de colère et impuissant face à un homme intouchable, invoque un démon qui va lui donner des pouvoirs surhumains afin de l’aider à se venger de Dennis. Le massacre peut commencer.  

la critique d'Alice In Oliver:

Depuis quelques années, Adam Chaplin, réalisé par Emmanuele de Santi en 2011, commence à faire parler de lui sur la Toile. Mieux encore, le long-métrage s'est taillé une certaine réputation de film ultra gore auprès des amateurs du cinéma trash.
Reste à savoir si cette réputation est justifiée. Réponse dans les lignes à venir ! Premier constat, Adam Chaplin se démarque par son originalité et mélange plusieurs styles: le gros film de combat ultra bourrin qui défonce le cul et l'anus de ta grand mère, et le gore qui tâche jusqu'au point de non retour. En résumé, Adam Chaplin tient les promesses annoncées et n'a pas volé sa réputation.

Certes, Adam Chaplin est un film italien mais le long-métrage n'est pas sans rappeler les films gores asiatiques, notamment Tokyo Gore Police mais surtout Story of Ricky. Indéniablement, Adam Chaplin est influencé par la culture manga. On pourrait le voir un peu comme une sorte d'adaptation assez libre de Ken le survivant mais en bien plus trash !
Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario. Attention, SPOILERS ! Dans la ville d’Heaven Valley, Dennis Richards est le Boss. Tout est sous son contrôle et la trahison est accompagnée d’une mort atroce.

 

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La femme d’Adam lui devant de l’argent, il va la brûler vive pour la punir de ne pas avoir tenu ses engagements. Adam, fou de colère et impuissant face à un homme intouchable, invoque un démon qui va lui donner des pouvoirs surhumains afin de l’aider à se venger de Dennis.
Le massacre peut commencer. En gros, le film délivre largement la marchandise. Nous sommes donc en présence d'un héros, donc Adam Chaplin (au cas où vous n'auriez pas suivi), bourré à la stéroïde et qui décime et explose tous ceux qui ont le malheur de se dresser sur son chemin. Clairement, Emmanuele De Santi se fait plaisir et cherche à satisfaire un public en manque de sang et de chair fraîche.

Rassurez-vous, si vous aimez le gore qui tâche, Adam Chaplin devrait largement satisfaire vos exigences: effusions de sang qui viennent carrément éclabousser l'écran, membres déchiquetés, explosions de membres dans tous les sens, têtes décapitées et même des bras et des jambes qui volent...
Emmanuele De Santi ne nous épargne rien... et ce, pour notre plus grand bonheur ! Toutefois, attention, Adam Chaplin n'est pas un nanar non plus. Certes, le film est décomplexé du gland et ne nous refuse rien en matière de séquences sanglantes.
C'est très simple: c'est une véritable boucherie dans les règles !

 

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Petite production indépendante, Adam Chaplin doit composer avec les moyens du bord. Pourtant, rien à redire sur la qualité des maquillages et des effets spéciaux, tout simplement étonnants pour un film de ce calibre qui n'a pas grand chose à voir avec les blockbusters du moment.
Adam Chaplin se démarque par une ambiance gothique, crade, maléfique, repoussante, glauque, putride et à la limite du film post-apocalyptique. Adam Chaplin possède donc son propre style. Néanmoins, le film ne possède pas que des qualités. Par exemple, l'interprétation laisse vraiment à désirer. C'est par exemple le cas du bad guy de service, une sorte de monstre humain complètement difforme, certes très impressionnant, mais assez peu crédible en fin de compte.
Enfin, Adam Chaplin séduira avant tout les amateurs du cinéma trash. Les autres seront priés de passer leur chemin. En même temps, le film n'a aucune prétention si ce n'est de séduire les fans hardcore d'un genre assez limité dans l'ensemble.

Note: 13/20


Adam Chaplin par optimalefr

24 septembre 2014

Un Jour, Un Destin: Patrick Dewaere, Le Dernier Jour

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genre: documentaire
Durée: 1 heure
Année: 2007

Synopsis: Le 16 juillet 1982, Patrick Dewaere s’est donné la mort alors qu’il n’était âgé que de 35 ans. Malgré une carrière très courte, riche d’une trentaine de films quand même, Dewaere a laissé une empreinte indélébile dans le cinéma français, laissant un héritage dont se réclament depuis de nombreux acteurs français.  

La critique d'Alice In Oliver:

Un Jour, Un Destin est une émission télévisée diffusée sur France 2 depuis 2007 qui décrypte la vie d'une personnalité publique en dévoilant sa face cachée. Cette émission produite par Serge Khalfon et présentée par Laurent Delahousse nous propose de brosser le portrait de Patrick Dewaere, soit le ou l'un des acteurs les plus doués de sa génération. Le suicide de l'acteur interroge toujours son entourage.
C'est aussi l'objet de cette émission, justement intitulée Patrick Dewaere, le dernier jour. En effet, Patrick Dewaere meurt le 16 juillet 1982 en se tirant un coup de carabine en pleine tête. La presse se demande alors si ce suicide particulièrement violent n'est pas lié à ses problèmes de dépendance à la drogue et surtout à l'héroïne.

Son suicide intervient pendant les préparatifs du film Edith et Marcel, réalisé par Claude Lelouch et avec Evelyne Bouix. Dans ce nouveau film, Patrick Dewaere doit interpréter le boxeur Marcel Cerdan. Claude Lelouch décrit alors un Patrick Dewaere à la fois impatient de commencer le tournage du film et un acteur qui paraît bouleversé. Un jour avant sa mort, donc le 15 juillet 1982, il dîne avec le réalisateur Bertrand Blier. Le cinéaste témoigne et décrit une attitude particulièrement étrange.
C'est en effet grâce à lui que Patrick Dewaere doit (en très grande partie) sa célébrité. En effet, Patrick Dewaere connaîtra la consécration avec Les Valseuses.

 

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Pourtant, le film a bien failli se faire sans lui. A la base, Bertrand Blier voulait réunir un duo à la "Laurel et Hardy", donc un gros et un petit. Dewaere ne correspond pas vraiment au tout premier choix de Bertrand Blier. La suite donnera tort au réalisateur. Les Valseuses devient un film générationnel.
Gérard Depardieu, Miou-Miou et Patrick Dewaere cassent les codes d'un cinéma français assez formaté dans l'ensemble. Après Les Valseuses, Patrick Dewaere est de plus en plus sollicité. Malgré tout, l'acteur continue de jouer les rebelles. Par exemple, il n'est pas content de jouer un flic dans Adieu Poulet de Pierre Granier-Deferre et avec Lino Ventura.

Mais peu importe, le film connaît un immense succès populaire. Peu à peu, Patrick Dewaere devient le représentant d'une jeunesse en détresse et mal dans sa peau. Avec lui, le cinéma rejoint souvent la réalité (et inversement). Le film le plus sombre de sa carrière se nomme probablement Série Noire d'Alain Corneau. Selon son proche entourage, il y aura un avant et un après Série Noire.
En effet, pendant le tournage d'une scène, Patrick Dewaere s'envoie plusieurs fois le crâne contre le capot d'une voiture. L'acteur ne simule pas. Chaque jour, il va de plus en plus loin et finit par effrayer le réalisateur et les autres acteurs.

 

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Après Série Noire, il enchaîne les rôles dramatiques et les personnages paumés et broyés par la vie. Selon ses proches, tous ces films auront des conséquences sur son équilibre psychologique. Par exemple, dans Paradis pour Tous d'Alain Jessua, il interprète un dépressif suicidaire.
Mais Patrick Dewaere est aussi un acteur faché avec la presse. Un journaliste, Patrice de Mussac, diffuse plusieurs photos du mariage de Patrick Dewaere avec Elsa. Qu'à cela ne tienne, l'acteur débarque carrément chez le journaliste et le frappe de plusieurs coups de poing. Patrick Dewaere écope d'un mois de prison avec sursis et d'une amende de 75 000 francs. Par la suite, la presse le boycotte et l'acteur le paie lors de la cérémonie des Césars.

Mais revenons à la journée du 16 juillet 1982. A 12h30, alors que Patrick Dewaere et Claude Lelouch parlent du film Edith et Marcel, l'acteur reçoit un coup de téléphone. Pour certaines personnes, c'est ce fameux coup de fil qui aurait tout changé et fait basculer Patrick Dewaere vers le suicide.
Finalement, Lelouch et Dewaere se quittent à 14 heures et doivent se retrouver vers 17 heures. Patrick Dewaere est raccompagné en taxi par Charles Gérard. Durant le trajet, l'acteur ne souffle pas le moindre mot mais évoque tout juste un problème de "gonzesse". Sa vie de famille est elle aussi compliquée. Les vacances avec sa femme Elsa se sont mal passées.

 

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Vers 14h30, Patrick Dewaere arrive chez lui. Il appelle sa femme qui est en Guadeloupe. Les deux partenaires se disputent. Elsa lui dit alors qu'il ne verra plus jamais sa fille. Suite à ce coup de fil, Patrick Dewaere va chercher sa carabine (offerte par Coluche). Il se place devant le miroir de sa salle de bain et place l'arme contre son menton. Il se voit finalement mourir.
Alerté par la police, Claude Lelouch débarque sur place et vit la situation comme un traumatisme. Le réalisateur s'en veut de ne pas avoir perçu la détresse de l'acteur. Bertrand Blier apprend lui aussi la nouvelle: le cinéaste ne s'en remettra jamais.

Certes, il y a sûrement ce coup de téléphone qui est déterminant dans le geste de Patrick Dewaere.
Toutefois, l'origine de son mal-être semble se trouver dans son enfance. De son vrai nom Patrick Maurin, Patrick Dewaere commence à jouer dès l'âge de quatre ans. C'est une enfance qu'il vit mal, d'autant plus que Patrick est un enfant non-désiré.
Il est conçu dans la douleur et le rejet, mais cela doit rester un secret de famille. A 17 ans, il découvre que son père n'est pas vraiment le sien. Cette souffrance restera à jamais une blessure profonde et une véritable cicatrice. Voilà pour les grandes lignes de cet immense acteur français. Puisse son âme torturée reposer enfin en paix. 

21 septembre 2014

Le monde selon Garp

Garp est un homme comme tant d'autres dont la vie déferle sur l'écran avec son enfance, ses premiers émois, les tragédies et la mort...

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La critique selon Borat

Il est toujours malheureux d'aborder un film quand l'un des principaux intéressés vient de nous quitter. Déjà parce qu'on s'était dit qu'on avait le temps de le faire. Avec Robin Williams c'est bel et bien le cas. Au début de sa carrière, Robin Williams est avant tout une star de télé et son premier rôle au cinéma est un échec artistique et commercial à savoir Popeye de Robert Altman. Pourtant il rebondit avec Le monde selon Garp de George Roy Hill, le réalisateur de L'arnaque. Outre Williams on retrouve également Glenn Close, John Lithgow, Mary Beth Hurt et Amanda Plummer. Le monde selon Garp peut se voir comme l'ancêtre de Forrest Gump puisque l'on découvre l'existence d'un personnage de sa naissance jusqu'à un certain point de sa vie. Il nous montre également le portrait d'une population mais aussi certaines visions du monde moderne comme le féminisme ou le fanatisme. Catégorisé comme une comédie-dramatique, Le monde selon Garp est peut être plus profond qu'on ne peut le penser au premier abord.

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(attention spoilers) Le film commence et finit dans les airs mais le traitement est totalement différend. Ainsi la première image du film montre Garp balancé dans les airs par sa mère. Il se finit sur Garp dans un hélicoptère en état critique repensant à sa vie. La vie de Garp est au combienbanale et pourtant le spectateur s'ébahie et s'émeut de ce monsieur-tout-le-monde. C'est là où le talent de Robin Williams fonctionne à merveille: réussir à transcender un rôle qu'aurait pu tenir un De Niro en mode Actor's studio (rien de mal Bob, c'était juste une boutade). Il sait autant amuser qu'émouvoir et c'est en cela que Garp devient un héros attachant et poignant auquel le spectateur peut se familiariser. Même si l'auteur John Irving avait mis beaucoup de lui dans son roman, la prestation de Williams renvoie au quotidien et ses aventures n'en deviennent que plus passionnantes. On suit le quotidien et ses aventures n'en deviennent que plus passionnantes. On suit le combat de sa mère pour une certaine libération de la femme, son combat à lui contre les violences commises sur les femmes et une certaine forme de fanatisme, son amitié avec un transexuel, l'amour de sa vie, l'angoisse de la page blanche et surtout l'accident. 

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Si la première partie se veut assez merveilleuse avec la vie qui suit son court, la seconde est terriblement bouleversante et accumule les drames. En une scène tout éclate: deux mâchoires cassées, un pénis sectionné, un enfant tué, un autre borgne. Un choc qui permet de donner une certaine morale aux éléments. Une fellation adultère amène à l'objet du délit supprimé et la punition pour la femme de Garp sera la mâchoire cassée, véhicule de l'acte (désolé pour la crudité). De l'autre la fureur de Garp tuant son fils l'enferme dans un mutisme nécessaire au deuil et au pardon. Au final, ils sont responsablles de l'accident tous les deux et devront pardonner leurs péchés respectifs: lui la mort de son fils, elle l'adultère. Outre cela et comme dit plus haut, le film s'intéresse au féminisme et ses dérives. Ainsi, la mère de Garp incarnée par Glenn Close (cela a dû lui faire plaisir d'avoir un fils de cinq ans de moins qu'elle!) a ouvert un centre pour femmes battues ou en difficulté. Alors que son fils commence à écrire des romans, elle devient une star et rapidement les dérives arrivent. 

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En effet, elle devient trop importante et certaines fanatiques voient d'un mauvais oeil le combat de la mère et du fils contre les Jamesiennes. Miss James fut victime de viol et son agresseur a été jusqu'à lui couper la langue. Les Jamesiennes reprennent cela soi-disant en solidarité avec la victime. Sauf que si elles étaient vraiment solidaires, elles auraient arrêté lorsqu'Ellen leur a demandé. Le propre d'une secte. La mort de la mère de Garp ne fera que confirmer cela. Si elles n'ont pas tué sa mère, les Jamesiennes lui interdisent à lui et à tous les hommes d'assister aux commémorations. Un affront confirmant l'aspect sectaire de ces femmes et si Garp s'exilera de toute cette folie, il n'en reste pas moins que son sort est déjà levé et la fin aussi absurde que tragique d'arriver. (fin des spoilers) Le monde de Garp s'impose comme un film sur la vie et son absurdité, où la bêtise et l'imagination se confrontent souvent avec violence. Un film peu évoqué dans la filmographie de Robin Williams comme dans celle de son réalisateur et rarement diffusé (je l'avais vu l'an dernier sur Arte qui plus est en VO) et qui méritait bien d'être mis en valeur. Le reste du casting s'avère de grande qualité notamment John Lithgow émouvant en transexuel et bien éloigné de ses rôles de méchant que lui a offert par exemple Brian De Palma.

Un film magnifique où se cotoie la vie et la mort avec une certaine subtilité et permettant à Robin Williams de trouver un premier grand rôle.

Note: 18/20

07 septembre 2014

Gorgone, Déesse de la Terreur

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genre: horreur, épouvante
Durée: 1h25
Année: 1964

l'histoire: Médusa est une gorgone qui pétrifie quiconque ose croiser son visage. Des experts se rendent dans la contrée où elle fait des ravages pour tenter de l'arrêter

La critique d'Alice In Oliver:

On ne présente plus la Hammer, une société de production britannique qui a surtout brillé entre le milieu des années 1950 et la fin des années 1960. Terence Fisher a réalisé beaucoup de films pour la Hammer. La célèbre firme lui doit un certain nombre de grands classiques de l'épouvante, entre autres Frankenstein s'est échappé, Le Cauchemar de Dracula, La nuit du loup-garou, La malédiction des Pharaons ou encore Les Vierges de Satan.
C'est donc logiquement que la Hammer lui confie la réalisation de Gorgone, déesse de la Terreur, sorti en 1964.

Ce n'est pas forcément le titre le plus souvent cité parmi les meilleurs crus de la Hammer. Il s'agit d'une petite rareté, néanmoins disponible en entier et en français sur YouTube. Pourtant, Gorgone, déesse de la Terreur fait partie des grandes réussites de Terence Fisher.
Avec ce film, les studios britanniques exploitent un nouveau personnage horrifique, clairement inspiré par la mythologie grecque, la Méduse. La Hammer décide de s'éloigner de ses monstres habituels notamment Dracula, Frankenstein, le loup-garou ou encore la Momie, pour se concentrer sur un personnage maléfique qui ne manque pas de charme.

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Au niveau de la distribution, pas de surprise. On retrouve deux grands habitués de la Hammer, à savoir Peter Cushing et Christopher Lee. Viennent également s'ajouter Barbara Shelley, Michael Goodliffe, Patrick Troughton et Jack Watson. Le scénario se démarque avant tout par son originalité.
Attention, SPOILERS ! En 1910, le village fictif de Vandorf est depuis 5 ans le témoin d'une bien étrange série de meurtres dont les cadavres sont devenus des statues de pierre. La découverte de la dernière victime, la fiancée de l'artiste Bruno Heitz, pousse ce dernier au suicide, laissant ainsi croire aux autorités qu'il était le coupable. Son père, persuadé de son innocence, se heurte à l'hostilité des habitants au point qu'on tente de mettre le feu à sa maison.

Il se rend dans les ruines du château Borski et, confronté à la gorgone Megaera, sent qu'il se change progressivement en pierre. Avant de mourir, il parvient à écrire un ultime message à son aîné Paul, qui, aidé de son mentor, le prof. Meister, tentera de percer ce mystère au péril de sa vie.
Pour l'anecdote, Gorgone, déesse de la Terreur va inspirer un autre film à la Hammer, à savoir La Femme Reptile. Derrière le scénario des deux films, on retrouve un certain John Gilling, qui semble passionné par le mythe de la Méduse. Encore une fois, le long-métrage a le mérite de se démarquer des Frankenstein et autres Dracula.

 

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Pourtant, dans Gorgone, déesse de la Terreur, on retrouve tous les ingrédients qui ont fait le succès de la Hammer, à savoir une ambiance sombre et putride et un climat oppressant qui joue également sur l'ambivalence féminine. C'est probablement la thématique principale du film.
En l'occurrence, nous voici devant une variation du mythe de Docteur Jekyll et Mister Hyde mais version féminine. Une belle jeune femme devient un redoutable prédateur les soirs de pleine Lune et est en proie à une terrible malédiction. A partir de là, Terence Fisher nous propose une lutte entre le bien et le mal. Hélas, ce n'est pas forcément le bien qui l'emporte.
Tout du moins, il y a un prix à payer. Et ce prix, c'est un amour impossible et condamné à l'avance.

Gorgone, déesse de la Terreur est un film particulièrement pessimiste qui peut s'appuyer sur une mise en scène solide. Le long-métrage peut également compter sur une interprétation de qualité. Seule ombre au tableau de bord: la médiocre qualité des effets spéciaux et visuels.
Visiblement, Terence Fisher doit composer avec un budget limité. C'est probablement la raison pour laquelle il dévoile le visage de la Gorgone dans les dernières minutes du film. Toutefois, Gorgone, déesse de la Terreur reste un récit macabre, un film totalement désanchanté qui ravira probablement les fans de la Hammer (dont je fais partie).

Note: 15.5/20

 

05 septembre 2014

De Jean-Claude A Van Damme

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genre: documentaire
année: 2011
durée: 1h25

Synopsis: A l'occasion de ses 50 ans, Jean-Claude Van Damme revient sur son parcours, de son enfance en Belgique à sa vie actuelle de réalisateur et producteur à Hongkong. 

la critique d'Alice In Oliver:

Indéniablement, Jean-Claude Van Damme fait partie de ces stars sympathiques qui ont marqué le cinéma d'action et d'arts martiaux des années 1990. L'acteur belge, de son vrai nom, Jean-Claude Van Varenberg, a réussi à percer aux Etats-Unis.
Pourtant, Jean-Claude Van Damme (JCVD) passera par de nombreuses galères. L'acteur revient donc sur son parcours à l'occasion de son cinquantième anniversaire. C'est ce que nous raconte ce documentaire, intitulé De Jean-Claude à Van Damme et diffusé sur une chaîne de la TNT en 2011.

JCVD revient sur des débuts plus que difficiles aux Etats-Unis. Dans un premier temps, il livre des pizzas puis parvient à obtenir un emploi de chauffeur à Hollywood. C'est ainsi qu'il se lie d'amitié avec Chuck Norris. Autant le dire tout de suite: la première demie heure de ce documentaire est limite catastrophique. On passe soudainement d'un JCVD en train de fouiller limite les poubelles pour survivre à un acteur qui triomphe du jour au lendemain dans Bloodsport.
Ses apparitions, pourtant remarquées, dans Karate Tiger et L'Arme Absolue, ne sont même pas évoquées.

 

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Certes, il est vrai que c'est le même Bloodsport qui va permettre à JCVD de se faire connaître et de révéler ses qualités athlétiques et martiales au grand jour. A l'époque, l'acteur rencontre Menahem Golan, le producteur de Bloodsport. Capable de faire le grand écart sur deux chaises, JCVD reconnaît que cette performance sera son ticket vers la gloire et la célébrité.
Ensuite, le film ne coûte pas très cher à produire et rapporte énormément au box-office. JCVD devient alors une vedette débarquée de nulle part. Aux yeux de son pays natal, il restera donc le belge qui a réussi à faire une carrière aux Etats-Unis.

JCVD enchaîne alors les films à succès et tourne même avec des réalisateurs reconnus, notamment John Woo et Roland Emmerich. Dans les années 1990, JCVD fait partie du top 5 des stars les mieux payées d'Hollywood. Hélas, dans les années 2000, sa carrière est sur le déclin.
JCVD doit désormais se contenter de jouer dans des DTV (direct to video). Ses films ne sortent donc plus au cinéma. Pourtant, le public n'a pas oublié cet homme simple et modeste. Cependant, au même moment, JCVD doit vaincre sa dépendance à la drogue. C'est aussi à la même époque qu'il se distingue par des interviews pour le moins farfelues.

 

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Le documentaire revient largement sur son passage "aware". A ce sujet, il semblerait que la star se mélange les pinceaux entre la langue américaine, le wallon et le français. Ce qui expliquerait ses nombreux dérapages. Puis, vers le milieu des années 2000, il tourne le film JCVD, qui revient longuement sur ce côté "aware" mais aussi sur la personnalité sensible de Van Damme.
Le public découvre alors un acteur doué et sincère, très éloigné de l'image d'idiot du village qui lui colle à la peau depuis plusieurs années. Hélas, le film ne marchera pas. Néanmoins, il permet d'apprécier une nouvelle palette de Van Damme.

Le documentaire revient largement sur les conséquences de JCVD. Certes, l'acteur n'est plus la star du passé, mais l'artiste reste un passionné. Désormais, Van Damme se consacre à la profession de réalisateur. Le documentaire s'attarde largement sur le tournage de son prochain film, The Eagle Path, sur lequel Van Damme a misé une bonne partie de son argent.
Il est à la fois le réalisateur, le producteur, le scénariste et l'acteur principal de ce long-métrage. Dans l'ensemble, et malgré une première demie heure assez décevante, ce documentaire se laisse suivre sans déplaisir. JCVD joue le jeu et accorde de nombreuses interviews.
On regrettera néanmoins l'intervention de certaines personnalités hors sujet, comme par exemple Benjamin Castaldi ou encore Cécile de Ménibus.

note: 12/20

03 septembre 2014

Les Dieux du Stade

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genre: propagande, sport
année: 1938
durée: 3h20/3h40 selon les versions

Synopsis: La cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Berlin.       

la critique d'Alice In Oliver:

Le nom de Leni Riefenstahl est tristement célèbre. En effet, la réalisatrice allemande a largement participé à la propagande du IIIe Reich avant la Seconde Guerre Mondiale. En 1936, Leni Riefenstahl s'est déjà fait connaître en Allemagne en réalisant Le Triomphe de la Volonté, véritable éloge du nazisme dans toute sa splendeur et d'un chef, Adolf Hitler, considéré comme l'élu du Peuple, voire même l'Elu de Dieu. Les Dieux du Stade sort en 1938.
Le film est présenté le 20 avril de la même année, le jour de l'anniversaire d'Adolf Hitler. Goebbels est tellement impressionné par le travail de Riefenstahl qu'il lui fait verser une prime de 100 000 Reichsmarks qui s'ajoutaient au 250 000 RMS touchés initialement.

 

Le film reçoit le Deutschen Filmpreis, le prix suédois Polar-Preis, une médaille d'Or olympique du Comité international olympique en 1938 et un diplôme olympique en 1948 au Festival de Lausanne. Olympia (c'est le titre original du long-métrage) est également récompensé d'une Coupe Mussolini lors du Festival de Venise, suite à une intervention directe de Benito Mussolini, alors que le jury hésitait entre Les Dieux du Stade et Autant en emporte le vent.
Suite aux évènements de l'année 1939 impliquant le régime nazi, un boycott des films de Riefenstahl est organisé par Hollywood.

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Après la Seconde Guerre Mondiale, le film est avant tout considéré comme une œuvre de propagande du IIIe Reich. Pourtant, vers le milieu des années 1960, Les Dieux du Stade est reconnu par certaines critiques pour ses qualités techniques et esthétiques.
C'est par exemple le cas du réalisateur lituanien Jonas Mekas qui déclare: « Et voici ma dernière déclaration à propos des films de Riefenstahl : si vous êtes un idéaliste, vous y verrez de l'idéalisme ; si vous êtes un classique, vous verrez dans ses films une ode au classicisme ; si vous êtes un nazi, vous y verrez du nazisme. ».

Dans ses Mémoires, Leni Riefenstahl précise : « J'ai tourné Olympia comme une célébration de tous les athlètes et un rejet de la théorie de la supériorité de la race aryenne. ». Il est vrai que Jesse Owens, athlète noir américain, est présent dans le film, tout comme l'ensemble des autres vainqueurs « non aryens ». Néanmoins, sur le fond comme sur la forme, Les Dieux du Stade reste un film profondément abject. Cependant, certains détracteurs considèrent cette oeuvre comme un documentaire précurseur des retransmissions télévisées actuelles.
Par exemple, Leni Riefenstahl utilise beaucoup la technique des ralentis, notamment lorsque les athlètes réalisent de véritables exploits.

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Les Dieux du Stade se divise en deux parties bien distinctes: la première partie intitulée "Fest der Völke" (la Fête des peuples) commence par l’histoire des anciens Jeux dans la ville d’Olympie et les traditions et relate les épreuves d’athlétisme.
La deuxième partie "Fest der Schönheit" (la fête de la beauté) relate la fin des épreuves d’athlétisme ainsi que celles de gymnastique, d’escrime, de voile, d’équitation et de plongeon. Grâce aux moyens employés, Leni Riefensthal délivre une vision particulière des Jeux Olympiques, à savoir un tournoi réunissant non seulement les meilleurs athlètes du moment, mais surtout une série d'épreuves basées sur la pureté, la compétition, l'exploit et la performance.

En résumé, les sportifs "aryens" se doivent de triompher et ce, sous l'oeil vigilant et intéressé d'Adolf Hitler, que l'on voit par moments à l'écran, et applaudissant les performances des vainqueurs du IIIe Reich. A ce titre, comment ne pas évoquer le cas de Jesse Owens ?
L'athlète noir américain remportera plusieurs médaillers d'or. Ses exploits sont clairement montrés à l'écran. Magnifique pied de nez pour ce sportif qui réussira l'impossible malgré les sifflets du public. Autre ambition du film: montrer la suprématie du IIIe Reich et surtout la supériorité de la race "aryenne". Certes, les sportifs allemands ne remporteront pas toutes les épreuves, loin de là. 

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Cependant, la caméra de Riefenstahl voue une véritable fascination pour ces athlètes qui défendent les couleurs ou plutôt la Croix Gammée du drapeau nazi. C'est par exemple le cas lors de la partie intitulée "La fête de la beauté", qui commence par montrer des athlètes "nazillards" plonger dans l'eau, comme pour signifier la pureté. Comme par hasard, ces sportifs sont grands, blonds et musclés.
Bref, et vous l'avez compris, Les Dieux du Stade est un film scandale qui divise les critiques et les réalisateurs du noble Septième Art. En tout cas, dans son genre, Les Dieux du Stade reste indéniablement une curiosité, une sorte de machine infernale commandée et produite par le IIIe Reich.
Encore une fois, on y trouve tout de même des thèmes chers au nazisme. Je n'y reviens pas, je les ai déjà évoqués. Pas de note donc ! Pour moi, ce genre de film propagandiste ne mérite pas de tels égards.

 

01 septembre 2014

Daughter Of Darkness

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genre: horreur, gore, trash (interdit aux - 18 ans/- 16 ans)
année: 1993
durée: 1h35

L'histoire: Après avoir été violée par son père, l'adolescente Mak Wei-Fong décide de se venger contre sa famille abusive qui a gardé le silence sur cet acte et ainsi sauver la relation avec son petit ami.    

la critique d'Alice In Oliver:

Suite du petit cycle consacré aux films de la catégorie 3, soit le cinéma trash, déjanté et furieux de Hong-Kong, avec un nouveau fleuron du genre, j'ai nommé Daughter Of Darkness, réalisé par Kai-Ming Lai en 1993. Les amateurs de la catégorie 3 le considérent souvent comme un classique de ce cinéma très particulier. Parmi les références, on trouve quelques petits bijoux.
C'est par exemple le cas de The Untold Story, Ebola Syndrome, Red To Kill, Run and Kill, Dr. Lamb ou encore A Day Without Policeman. Encore une fois, Daughter of Darkness jouit d'une solide réputation, pour le moins outrancière.

En effet, le long-métrage de Kai-Ming Lai réunit tous les ingrédients d'un genre qui va connaître sa période de gloire dans les années 1990, à savoir des viols, du sang, des meurtres, de l'inceste et une vengeance implacable et expéditive. Oui, tous ces éléments sont bel et bien présents dans Daughter of Darkness. Pourtant, ce nouveau cru de la catégorie 3 nous a un peu déçu...
Explications à venir dans les lignes qui suivent... Au moment de sa sortie, Daughter Of Darkness remportera un succès inattendu, à tel point que deux suites seront réalisées dans la foulée: Daughter of Darkness 2 et Brother of Darkness.

 

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Impossible de vous dire si les deux chapitres suivants valent (ou non) le coup d'oeil. En l'état, Daughter Of Darkness est évidemment un film très violent. Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario (plutôt court par ailleurs). Attention, SPOILERS !
Après avoir été violée par son père, l'adolescente Mak Wei-Fong décide de se venger contre sa famille abusive qui a gardé le silence sur cet acte et ainsi sauver la relation avec son petit ami. La jeune femme commet l'irréparable et est arrêtée par la police. Une fois au commissariat, elle dévoile les mobiles de ses crimes...

A partir de là, Daughter of Darkness mélange plusieurs genres: l'enquête policière, le thriller, le film de vengeance, le sexe et le gore. Clairement, l'amateur de trash et de séquences sanguinaires en aura pour son argent. Hélas, les quarante premières minutes sont pour le moins décevantes.
En effet, le début du film se concentre sur l'enquête d'un inspecteur de police et de sa nouvelle acolyte. Or, pourquoi tenter de maintenir le suspense sur l'identité du coupable (donc Mak Wei-Fong), alors que la culpabilité de cette dernière ne fait aucun doute ? En revanche, les parties suivantes, en particulier, les explications sur les mobiles des meurtres, sont beaucoup plus convaincantes.

 

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Le film entre enfin dans le vif du sujet. Nous voici plongés dans une famille dysfonctionnelle avec un père infidèle et pédophile. Après avoir maté de nombreuses fois sa fille sous la douche, celui-ci passe enfin à l'acte et viole à plusieurs reprises Mak Wei-Fong.
Toutefois, ce n'est pas que le paternel qui est pathologique et gravement atteint du bulbe (je viens d'inventer l'expression...) dans cette famille, mais également la mère, le frère et la soeur de Mak Wei-Fong. En gros, il n'y a personne à sauver dans cette sombre histoire d'inceste, de meurtres, de sang et de vengeance. Même les flics sont décrits comme de petits pervers en puissance.

L'humour noir est évidemment de la partie. Malheureusement, Daughter of Darkness peine tout de même à convaincre. Sur le fond, on se demande ce qu'essaie de nous dire et/ou de nous démontrer le réalisateur du film. Cependant, la distribution est de qualité.
Clairement, Lily Chung, qui joue le rôle de Mak Wei-Fong, apporte beaucoup de sensibilité à son personnage. L'actrice est une habituée des films de la catégorie 3 et avait déjà sévi dans Red To Kill. Ensuite, la conclusion finale de Daughter Of Darkness est vraiment réussie (bien que très nihiliste et sans aucun espoir de retour...). En vérité, ce film choc et subversif s'adresse avant tout aux grands amateurs du cinéma trash de Hong-Kong. Les autres pourront facilement passer leur chemin.

note: 12/20

27 août 2014

Le Jeu de la Mort (2010)

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genre: émission télévisée, expérimental
année: 2010
durée: 1h35

Synopsis: Jusqu'où peut aller la télévision ? Ce programme reproduit  l'expérience scientifique de Milgram. Tout se déroule comme dans un véritable jeu télé. Un décor, une animatrice, et des candidats, qui ne sont au courant de rien. Les règles sont simples: envoyer des décharges électriques des plus en plus fortes (jusqu'à la mort) à un autre candidat.        

la critique d'Alice In Oliver:

A l'origine, Le Jeu de la Mort est un documentaire de téléréalité qui a été diffusé sur la chaîne France 2 en 2010. Téléréalité ? France 2 ? Avouez que cela ne donne pas très envie de découvrir cette fausse émission télévisée qui tient davantage du genre expérimental.
Pourtant, Le Jeu de la Mort est un véritable choc et finalement un "film" coup de poing. A la base, Le Jeu de la Mort s'inspire d'une expérience de Stanley Milgram qui s'est déroulée au début des années 1960 dans un laboratoire de l’université de Yale. Cette expérience va également inspirer le cinéma, notamment avec I comme Icare d'Henri Verneuil et avec Yves Montand.

Le but de cette expérience ? Vérifier jusqu'où va la soumission à l'autorité d'un individu. Le but du Jeu de la Mort est donc exactement le même, à quelques différences près. En effet, Le Jeu de la Mort pose une autre question: jusqu'où peut aller la télévision ?
Est-ce que l'on assistera un jour ou l'autre à la mise à mort d'une personne sur nos écrans ? Là où l'expérience de Milgram se déroulait dans un laboratoire, Le Jeu de la Mort se déroule sur un plateau de télévision avec un public (qui n'est pas tenu au courant de l'expérience), des vrais candidats et une victime, en l'occurrence un acteur.

 

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Après un entretien avec le (faux) producteur de l'émission télévisée, les candidats participent au jeu. Le but est simple: à chaque mauvaise réponse de la victime, le but est de délivrer un choc électrique à cette dernière. Le voltage est indiqué par l'animatrice télé, qui fait donc figure d'autorité: "Ne vous laissez pas impressionner, continuez !". Evidemment, la victime en question (encore une fois, un acteur) ne reçoit pas de chocs électriques. Néanmoins, à chaque choc délivré, celui-ci s'exprime, crie, hurle et peut même supplier le candidat d'arrêter. Tout dépend aussi de la puissance du choc envoyé.
Les résultats de l'expérience sont effrayants.

Dans l'expérience de Milgram, 62% des individus étaient allés jusqu'au bout de l'expérience. Dans Le Jeu de la Mort, le chiffre atteint 81%. En résumé, 81% des candidats vont jusque la mise à la mort de la victime et obéissent ainsi à l'autorité. Toutefois, il est nécessaire d'apporter quelques précisions. Comme je l'ai déjà souligné, contrairement à l'expérience de Milgram, Le Jeu de la Mort ne se déroule pas dans un laboratoire mais sur un plateau télévisé.
Le candidat n'est pas tout seul. Un public est présent autour de lui et l'autorité est présente physiquement sur le plateau. Dans l'expérience de Milgram, l'autorité était une voix qui ordonnait les ordres...

 

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Tous ces facteurs ont probablement une influence sur le résultat final, donc je le rappelle, 81%. Ensuite, il est intéressant d'observer les mécanismes qui se mettent en place chez les différents candidats, ainsi que les moyens utilisés par l'autorité pour se faire entendre et respecter.
Une fois le jeu terminé, les candidats sont invités par le (faux) producteur qui leur explique le but de cette expérience grandeur nature. Parmi eux, certains n'ont visiblement pas marché. Oui, ils sont allés jusqu'au bout, mais sans pour autant marcher dans la supercherie: en résumé, la télévision ne peut pas mettre à mort un individu. Toutefois, aucun d'entre eux n'a soulevé lar supercherie durant le jeu. 

Ils ont tout de même obéi aux ordres. Ces candidats ont donc utilisé le déni comme mécanisme de défense. C'est à partir du quatrième choc (80 volts) que tous les candidats (sans exception) émettent un rire devant la situation. Là aussi, il s'agit d'un mécanisme de défense afin de diminuer une tension. Il existe donc une véritable contradiction entre ce rire et la réalité de la situation.
En gros, plus le candidat progresse dans le jeu, plus la mise à mort de la victime apparaît comme évidente. Ce qui est inacceptable pour le candidat: de ce fait, il va mettre en place un certain nombre de stratégies et de mécanismes de défense. 

 

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A partir de 320 volts, qui est aussi le début de la zone extrême, les candidats parlent davantage et contestent de plus en plus l'autorité. Est-il nécessaire de continuer ? Ils se posent des questions sur le bien fondé et le sens de l'émission. Là aussi, il s'agit d'un mécanisme de défense.
Dans ce cas précis, l'autorité utilise une première injonction (que j'ai déjà citée): "Ne vous laissez pas impressionner, continuez !". Dans la majorité des cas, les candidats poursuivent et acceptent de délivrer un choc électrique. Rares sont ceux qui contestent réellement l'autorité. Ce qui pose une nouvelle question: vont-ils faire preuve de désobéissance à une autorité dite "légitime" ? 

L'air de rien, la désobéissance est un processus très difficile, car l'individu doit assumer jusqu'au bout son refus. Il prend le risque d'être réprimandé voire même d'être puni par l'autorité. Ce qui provoque chez lui une grande détresse psychologique. Ces candidats utilisent alors plusieurs stratégies: la négociation, l'opposition, le désaccord ou vont tenter de raisonner l'autorité, hélas sans succès.
Après cette expérience, les candidats ont tous fait part d'une grande solitude face à la situation. Malgré la présence du public, les candidats se retrouvent seuls face à eux-mêmes. Certes, le procédé mis en place par cette fausse émission est assez discutable. Néanmoins, ce "film" expérimental reste très intéressant. Finalement, nous sommes tous conditionnés depuis l'enfance à obéir à une autorité légitime, dans un premier temps parentale, puis ensuite étatique.
La contester signifie prendre un risque et s'exposer à l'avertissement voire même à la punition de cette même autorité, finalement plus forte que l'individu lui-même. C'est aussi ce qu'il faut retenir de notre propre histoire et aussi des dictatures qui nous ont gouvernés. Face à la pression exercée par une autorité de plus en plus forte et légitime, les individus, dans leur grande majorité, obéissent et se soumettent. 

note: ?

21 août 2014

Last House On Dead End Street

last house on dead end street

genre: horreur, gore, trash (interdit aux - 18 ans/16 ans)
Année: 1973/1977
durée: 1h20

l'histoire: Lassé des productions pornos, Terry Hawkins décide d’aller plus loin encore et recrute des amis pour des tournages très particuliers où des tortures sont suivies de meurtres en direct live. Mais une telle entreprise n’a aucune chance d’évoluer autrement qu’en dégénérant. D’atrocité en atrocité, Hawkins et sa troupe vont finir par perdre tout contrôle face à une situation qu’ils n’avaient jamais maîtrisée de toute façon.

La critique d'Alice In Oliver:

A l'origine, Last House On Dead End Street, réalisé par Roger Michael Watkins en 1973, est l'adaptation d'un roman, Mother Night, écrit par Kurt Vonnegut. Certes, Last House on dead end Street est une véritable rareté. Néanmoins, le film de Roger Watkins jouit d'une réputation sulfureuse auprès des amateurs de trash. Diverses rumeurs entourent la conception du film.
Il semblerait que le film ait été réalisé en Europe et ensuite doublé en anglais. D'autres personnes affirment qu'il s'agit d'un projet étudiant non terminé. Ce n'est que dans les années 2000 que Roger Watkins refait surface et dévoile les secrets du tournage du film.

En effet, à la même époque, La Dernière Maison sur la Gauche de Wes Craven rencontre un énorme succès et s'impose comme l'une des meilleures références du genre. Last House On Dead End Street est alors privé de toute sortie cinéma. Les distributeurs craignent que le film puisse faire de l'ombre à La Dernière Maison sur la Gauche. Quelques années plus tard, donc en 1977, les genres Home Invasion et Rape and Revenge cartonnent au cinéma et dans les vidéos clubs.
C'est dans ce contexte que sort officiellement Last House on dead end Street. Ensuite, Roger Watkins doit se battre contre Barbara McGraw, l'une des actrices principales du film.

En effet, Barbara McGraw avait décidé après coup qu’elle ne voulait plus que ses scènes de nu figurent dans le film car elle espérait se lancer dans une carrière sérieuse. Roger Watkins coupa les images et lui envoya les négatifs mais cela ne suffit pas à la demoiselle et le métrage terminé ramassa la poussière pendant plus de trois ans. Watkins le pensait perdu pour toujours jusqu'à ce qu'il apprenne par hasard le contraire ! Pour l'anecdote, Last House on Dead... devait s'intituler Cuckoo Clocks From Hell. Au moment de sa sortie, le film est également victime d'un changement de dernière minute.
Il sort finalement sous le nom de The Fun House, à ne pas confondre avec Funhouse, plus connu sous le nom de Massacre dans le train fantôme de Tobe Hooper.

Là aussi, Roger Watkins doit se battre pour que le film puisse sortir sous son titre original. Hélas, le long-métrage est banni en Angleterre. En France, Last House on Dead... écope d'une interdiction aux moins de 18 ans. Dans de telles conditions, le film sombre évidemment dans l'oubli.
Paradoxalement, cela contribue à favoriser la réputation sulfureuse du long-métrage. Dans les années 1980, Last House On Dead... finit par sortir en vidéo. Par la suite, l'interdiction sera revue à la baisse. Aujourd'hui, le film est donc interdit aux moins de 16 ans. Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario.

Attention, SPOILERS ! Lassé des productions pornos, Terry Hawkins décide d’aller plus loin encore et recrute des amis pour des tournages très particuliers où des tortures sont suivies de meurtres en direct live. Mais une telle entreprise n’a aucune chance d’évoluer autrement qu’en dégénérant.
D’atrocité en atrocité, Hawkins et sa troupe vont finir par perdre tout contrôle face à une situation qu’ils n’avaient jamais maîtrisée de toute façon. Reste à savoir si la réputation de Last House on Dead... est justifiée ou non. Contrairement à la plupart des films d'horreur de son époque, Last House On Dead... a plutôt bien supporté le poids des années.

Ensuite, Last House On Dead... a aussi le mérite de se démarquer du lot. Inutile de le comparer à La Dernière Maison sur la Gauche ou encore à Day Of The Woman, qui triomphent au même moment. Certes, le film de Roger Watkins appartient au genre Home Invasion.
Toutefois, c'est le traitement opéré par Roger Watkins qui fait toute la différence. Visiblement, le long-métrage a été produit et réalisé sous amphétamines. Ce qui se ressent très fortement, tant le montage et la mise en scène sont surréalistes. En ce sens, Last House On Dead... est presque un film gore expérimental. Par conséquent, difficile de décrire le film. 
Cependant, rien que pour sa dernière demie heure, totalement nihiliste, barré, gore, trash, sale et j'en passe... Last House On Dead... justifie au moins son visionnage. Certes, le film a été conçu avec très peu de moyens. Pourtant, le choc délivré est juste monumental ! 
Le film se démarque par son ambiance unique, putride et morbide. Nul doute que Last House On Dead... a influencé des longs-métrages tels que Henry, portrait d'un serial Killer, The Last Horror Movie ou encore C'est Arrivé Près de Chez Vous.

note: 16.5/20


Last house on dead end street par Neopublishing

16 août 2014

Le Procès d'Adolf Eichmann

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genre: documentaire
année: 2013
durée: 1h25

synopsis: Le 11 avril 1961 était jugé à Jérusalem Adolf Eichmann, l'homme qui organisa la logistique de la "solution finale".  

la critique d'Alice In Oliver:

Le procès de Nuremberg a énormément marqué les esprits. Pour la première fois, les images de l'Holocauste sont diffusées et le monde entier découvre l'horreur et l'enfer humain dans les camps de concentration et d'extermination nazis.
Toutefois, le procès de Nuremberg ne permet pas aux rares rescapés de la "Shoah" de parler et de témoigner. En ce sens, le procès d'Adolf Eichmann, un haut fonctionnaire du IIIe Reich, constitue un événement historique. Certaines personnes le qualifieront même de "Nuremberg du peuple juif".

En effet, à Jérusalem en 1961, Adolf Eichmann est jugé pour ses crimes et notamment pour crimes contre l'Humanité. Son procès va faire entrer le génocide des juifs dans la conscience collective. De 1939 à 1945, Adolf Eichmann dirige le département des affaires juives. 
Il est donc chargé de l'extermination des juifs, du transport vers les chambres  gaz et les camps de la mort et est même suspecté d'être le ou l'un des principaux "artisans" de la "Solution Finale". Au moment du procès, Adolf Eichmann est âgé de 55 ans. Pourquoi Adolf Eichmann n'est-il jugé qu'en 1961 ?

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En vérité, son arrestation a fait l'objet d'une longue traque. Après la chute du IIIe Reich, Eichmann change d'identité. Il entre en contact avec un réseau clandestin qui l'aide à fuir en Amérique du Sud, et plus précisément à Buenos Aires en Argentine.
En 1960, il est kidnappé devant chez lui par les agents du Mossad. Transporté en avion, il est conduit à Tel-Aviv. Son arrestation est relayée par les médias: on se demande si Israël a le droit de juger Adolf Eichmann. Certains détracteurs remettent en question la légalité de ce procès.

Le procès sera filmé par le producteur américain Milton Fruchtran qui doit respecter plusieurs conditions: quatre caméras maximum doivent être installées dans la salle d'audience et elle doivent être camouflées pour ne pas influencer les témoignages. Le but de ce procès est de donner la parole aux rares rescapés de l'Holocauste et de juger un criminel nazi hors norme.
D'ailleurs, pour l'accusation, il sera difficile de trouver des personnes voulant témoigner. L'essentiel du procès repose principalement sur des centaines de documents signés par Eichmann. Mais est-il pour autant le principal responsable de la "Solution Finale" ?

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Il est avant tout désigné comme tel par deux autres criminels nazis lors du procès de Nuremberg. La carrière d'Eichmann au sein du parti nazi semble confirmer ces témoignages. En 1938, c'est lui qui a l'idée de transformer l'extermination des juifs en une gigantesque entreprise de la mort avec les camps de concentration et les chambres à gaz.
A Jérusalem, certains survivants viennent du monde entier pour témoigner. Le but est aussi de faire prendre conscience de l'Holocauste, surtout auprès de la nouvelle génération. Les journalistes sont terrifiés par les témoignages et les horreurs qu'ils décrivent, totalement insupportables et presque indescriptibles.

Cette fois-ci, l'Holocauste touche un large public. Deux mois après l'ouverture du procès et l'interrogatoire de 111 anciens déportés, c'est au tour de la défense de plaider. Dans un premier temps, Eichmann nie toute implication dans la plupart des tueries orchestrées par les nazis et accuse principalement Himmler. Tout au long du procès, Eichmann maintient la même ligne de défense: ce n'est finalement qu'un petit fonctionnaire qui n'a fait qu'obéir aux ordres.
De ce fait, pour Eichmann, il n'a aucune implication dans la Solution Finale et sa mise en oeuvre.

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Eichmann n'a fait que son travail et se décrit comme une sorte de petit secrétaire qui n'intervient jamais dans les débats. Pourtant, au cours du procès, son implication dans la Solution Finale est démontrée, notamment son acharnement à faire rouler les trains coûte que coûte.
Certes, Eichmann reconnaît les faits mais ne s'estime pas coupable. Il se définit comme un simple exécutant. Lors de la phase finale du procès, Eichmann est accusé de nouvelles déportations à la fin de l'année 1944 alors que l'Allemagne est déjà vaincue.
Il apparaît alors comme un nazi fanatique dont la seule obsession est d'anéantir un maximum de juifs.

Le 11 décembre 1961, le verdict est prononcé. Adolf Eichmann est condamné à mort. Il demande un recours en grâce qui sera refusé. Pourtant, son procès continue de faire débat. Ce n'était ni un simple fonctionnaire ni l'incarnation du mal absolu.
Certes, il a joué un rôle essentiel dans la Solution Finale et donc dans l'extermination de plus de six millions de juifs. Pourtant, rien ne démontre (objectivement) qu'il soit le principal responsable de la Solution Finale. Toujours est-il qu'Adolf Eichmann s'est distingué par une attitude impassible et son manque total d'empathie. Jusqu'au bout, il sera resté un nazi...

note: 16.5/20


Extraits du procès d'Adolf Eichmann par mairiedeparis

13 août 2014

L'Amérique Interdite 2

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genre: documentaire, documenteur (interdit aux - 16 ans)
année: 1992
durée: 1h45

l'histoire: L'Amérique du sensationnel. L'Amérique cachée. Celle du sexe et de la violence. Celle des boîtes de nuit très spéciales, des bas-fonds new-yorkais, des représentants de commerce aux articles pour le moins "inhabituels". L'Amérique qui cherche à se cacher, mais qu'un cinéaste européen a su aller débusquer.

la critique d'Alice In Oliver:

Comme l'indique le titre, L'Amérique Interdite 2 est évidemment la suite de L'Amérique Interdite, déjà réalisé par Romano Vanderbes. Comme je l'ai déjà souligné dans la chronique du premier volet, L'Amérique Interdite 2 appartient à la vague "Mondo", donc un genre réunissant des films d'exploitation, et plus précisément des pseudos documentaires.
On parle alors de "documenteur". Le film précurseur se nomme Mondo Cane et rencontre un succès inattendu. Ce qui influence de nombreuses productions racoleuses dont L'Amérique Interdite fait partie.

La suite s'inscrit évidemment dans la même tonalité. Elle est aussi réalisée quinze après le premier volet, donc en 1992. Ce qui est assez surprenant tout de même. Oui mais voilà, le premier chapitre a remporté un vif succès au moment de sa sortie.
En France, L'Amérique Interdite attire plus d'un million de spectateurs dans les salles. Ensuite, le premier film a écopé d'une interdiction aux moins de 18 ans. Les amateurs de films trashs et de bizarreries se précipitent dessus. En l'occurrence, L'Amérique Interdite 2 n'écope que d'une interdiction aux moins de 16 ans.

Comme je l'ai déjà souligné, quinze ans se sont écoulés depuis le premier opus. Le public est désormais habitué à ce genre de galette putassière. Le premier long-métrage se démarquait par son côté vulgaire et ringard avec une véritable admiration pour la débauche, les orgies et les nibards.
La suite se montre un peu moins putassière: ne vous attendez pas à voir autant de nichons, même si on assiste à quelques séquences de déshabillage, production "Mondo" oblige. Quant au scénario, il reste peu ou prou le même, mais avec des séquences évidemment différentes.
Encore une fois, il s'agit de pénétrer dans la face cachée des Etats-Unis.

 

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Dès l'introduction, L'Amérique Interdite 2 annonce la couleur (moisie en l'occurrence) puisqu'on assiste à une secte brûlant la figure du Père Noël, considéré comme un être satanique. Santa Claus devient "Satan Claus". A partir de là, le film se divise en dix segments très distincts, tous plus vulgaires les uns que les autres. Après la séquence "Santa Claus", L'Amérique Interdite 2 accumule les scènes les plus insensées. Au programme: des enfants éduqués par le Klux Klux Klan pour casser du "nègre", des jeunes blancs qui font la justice dans les métros et frappent principalement des "blacks", ou encore des bourgeois célébrant la mort et adeptes de la nécrophilie.

Cette fois-ci, Romano Vanderbes sombre définitivement dans le grand n'importe nawak. Sur le fond, cette suite est profondément raciste même si une voix-off tente de calmer les hostilités. Rien de bien transcendant ni de particulièrement trash dans cette suite.
Déjà, au moment de sa sortie, donc au début des années 1990, L'Amérique Interdite 2 est complètement dépassée. Depuis le succès du premier film, le "Mondo" a connu de nombreuses variations avec souvent des films très violents, entre autres, Face à la Mort ou encore Cannibal Holocaust, qui jouait davantage la carte du found footage. Bref, L'Amérique Interdite 2 est au mieux un film poubelle, moins drôle que le premier et se perdant dans des séquences racistes et d'une rare vulgarité. 

note: pas envie de noter ça

12 août 2014

L'Amérique Interdite

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genre: documentaire, documenteur (interdit aux - 18 ans)
année: 1977
durée: 1h30

l'histoire: L'Amérique du sensationnel. L'Amérique cachée. Celle du sexe et de la violence. Celle des boîtes de nuit très spéciales, des bas-fonds new-yorkais, des représentants de commerce aux articles pour le moins "inhabituels". L'Amérique qui cherche à se cacher, mais qu'un cinéaste européen a su aller débusquer. Celle des morts sur le trottoir et des masochistes en cuir noir

la critique d'Alice In Oliver:

C'est avec Mondo Cane réalisé par Galtiero Jacopetti et Franco Prosperi en 1962 que le genre "Mondo" apparaît au cinéma. Le film est carrément présenté au festival de Cannes la même année et provoque un immense scandale. Le concept ?
Il s'agit d'un faux documentaire sur différentes coutumes à travers le monde, en passant par l'Amérique, l'Occident mais aussi des pays et/ou des communautés parfois inconnues de nos contrées. Mondo Cane montre parfois des séquences chocs dans lesquelles il est question de mort et de crucifixion sauvage. Encore une fois, le long-métrage est réalisé comme un vrai documentaire. Impossible de deviner la supercherie...

Pourtant, tout est faux mais le film cartonne et influence de nombreuses productions du même genre. C'est ainsi que des films tels que Cannibal Holocaust, Face à la Mort, Faces of Gore, Traces of Death ou encore Shocking Asia voient le jour.
Ils reprennent finalement le même principe tout en variant leurs sujets et les plaisirs... Au moment de leur sortie, la plupart de ces films sont interdits aux moins de 18 ans et sont victimes de la censure. Paradoxalement, c'est aussi grâce à leur interdiction dans de nombreux pays que ces productions se construisent une solide réputation.

 

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Mieux encore, la majorité de ces films connaissent plusieurs suites, c'est par exemple le cas de Face à la Mort, Traces of Death et de Shocking Asia. Entre les années 60 et le milieu des années 80, le succès du genre "Mondo" ne se dément pas. L'Amérique Interdite, réalisé par Romano Vanderbes en 1977, vient donc s'ajouter à la longue liste de ces productions mal aimées de la critique.
Le principe est simple et se résume en quelques lignes. Attention, SPOILERS ! L'Amérique du sensationnel. L'Amérique cachée. Celle du sexe et de la violence. Celle des boîtes de nuit très spéciales, des bas-fonds new-yorkais, des représentants de commerce aux articles pour le moins "inhabituels".

L'Amérique qui cherche à se cacher, mais qu'un cinéaste européen a su aller débusquer. Celle des morts sur le trottoir et des masochistes en cuir noir. Le cinéaste européen, c'est évidemment Romano Vanderbes, dont le réalisateur de ce documenteur.
En résumé, le cinéaste prend sa caméra et va donc filmer les coins et les endroits méconnus et/ou malfamés des Etats-Unis. En l'occurrence, il s'agit donc d'un "Mondo urbain". En soi, le concept n'est pas forcément inintéressant. Reste à savoir comment le fameux Romano Vanderbes exploite ou non son sujet.

Que les choses soient claires: L'Amérique Interdite est un vrai nanar en puissance mais totalement involontaire. Ce qui le rend aussi putassier que rigolo à regarder. Pourtant, tout comme Face à la Mort et ses nombreux concurrents, L'Amérique Interdite sera lui aussi victime de la censure et donc interdit aux moins de 18 ans. Le film connaîtra tout de même un certain succès au moment de sa sortie. En effet, en France, le long-métrage attire plus d'un million de spectateurs dans les salles.
Visiblement, le public a envie de savoir ce qui se passe dans les bas fonds de l'Amérique. Sur ce dernier point, Romano Vanderbes ne nous épargne rien.

 

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En gros, vous voulez voir des nichons, des femmes à poil, encore des nichons et des femmes à poil, et toujours des nichons et des femmes à poil ? Alors, L'Amérique Interdite est fait pour vous ! En vérité, le film se contente d'aligner toute une série d'orgies et nous présente des soirées échangistes et cachées sous le nez et la barbe de l'Oncle Sam !
Quelle révélation sur nos chers américains ! Et oui, au cas où vous ne le sauriez pas, les américains niquent entre eux ! On trouve même dans les égoûts un peuple qui vit à part au milieu des rats et doivent se battre dans un monde presque apocalyptique.

Pire encore, à cause du nucléaire, il semblerait que nos amis les rats aient contracté de mystérieuses mutations. On trouve donc des super rats, donc des bestioles particulièrement agressives qui s'en prennent presque exclusivement aux femmes et aux enfants ! 
Et sincèrement, je n'en finirais pas de citer des exemples complètement nazebroques de ce genre ! Non vraiment, L'Amérique Interdite est une grosse arnaque et une véritable fumisterie ! En général, les films appartenant à la catégorie "Mondo" sont assez ennuyeux à regarder. Mais L'Amérique Interdite échappe à la règle par son côté décomplexé et totalement vulgaire et putassier.
Un nanar haut de gamme donc !

note: je passe...
note nanardeuse: 17.5/20

09 août 2014

De Nuremberg à Nuremberg

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Genre: documentaire
année: 1989
durée: 4 heures

Synopsis: L'histoire de l'Allemagne nazie et des principaux faits de la Seconde Guerre Mondiale depuis les grands rassemblements de fanatiques hitlériens à Nuremberg en 1935, jusqu'au Procès historique qui se déroula dans cette même ville.

la critique d'Alice In Oliver:

Autant vous prévenir tout de suite: ce billet va être long, très long... Mais ce documentaire de plus de quatre heures, intitulé de Nuremberg à Nuremberg, réalisé par Frédéric Rossif et Philippe Meyer, traite de l'une des périodes les plus sombres de l'Humanité. De Nuremberg à Nuremberg se divise en deux volets.
Le premier s'intitule la fête et le Triomphe et la seconde, la Défaite et le Jugement.

En 1931, l'Allemagne va mal, très mal économiquement parlant. Le nombre de chômeurs a triplé et le peuple veut désormais un leader fort.
En 1933, le chef du parti nazi, Adolf Hitler est nommé Chancelier. Il lance alors une politique de réarmement et le nombre de chômeurs diminue de moitié en deux ans.
Puis, Hindenburg meurt en 1934 et Hitler cumule alors les fonctions de chancelier et de président. Hitler est donc le nouveau maître de l'Allemagne.

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En 1936, ont lieu les Jeux Olympiques de Berlin. Pour l'Allemagne nazie, c'est l'occasion de prouver la supériorité allemande et de la race aryenne.
Mais Jesse Owens, un noir américain, coiffera les sportifs allemands dans plusieurs épreuves d'athlétisme. En 1938, Hitler annexe les sudettes de Tchécoslovaquie.
En octobre, le pays est au bord de l'implosion.
En mars 1939, l'armée allemande entre à Prague et s'empare de l'artillerie lourde.

Désormais, l'Autriche est annexée et la Tchécoslovaquie est démantelée et conquise. Pourtant, l'Allemagne nazie rencontre peu de contestation en Europe.
Hitler a pour objectif de s'emparer de la Pologne et attaque le pays le 1er octobre 1939. Le 3 septembre, la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à l'Allemagne. C'est à ce moment-là que la Russie et l'Allemagne, après avoir signé un pacte de non-agression se partagent la Pologne.

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Après la conquête de la Pologne, Hitler attaquent la Norvège, le Danemark, la Hollande, la Belgique et le Luxembourg.
Chacun leur tour, tous ces pays capituleront. Le 14 juin 1940, les allemands sont à Paris. Pétain assure la direction de la France et demande l'Armistice. Le gouvernement allemand est alors assuré de la collaboration française.
Au printemps 1940, après la défaite française, Hitler se tourne vers la Grande-Bretagne qu'il veut isoler. En août 1940, Hitler veut mener une guerre éclair sur l'Angleterre (Opération Otarie).
Pourtant, l'aviation anglaise résiste et tient la dragée haute aux allemands.

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Pourtant, à la fin de la première année de guerre, l'Allemagne d'Hitler détient la Belgique, la Hollande, l'Autriche, la Tchécoslovaquie, la France, la Norvége, et le Danemark. L'armée allemande s'attaque alors à la Yougoslavie.
Le 10 avril, le pays capitule. Le 12 novembre 1940, Hitler veut faire de la Russie le nouvel esclave de l'Allemagne.
Le 22 juin 1941, l'Allemagne lance 153 divisions contre la Russie. Mais l'Armée Rouge résiste. Une à une, les grandes villes russes tombent.
Staline demande alors à son peuple un investissement et une mobilisation permanente.

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Hitler veut s'emparer de Leningrad mais la ville résiste. Avec la neige et le froid, l'avancée de l'armée allemande devient de plus en plus difficile.
Des dizaines de milliers de soldats allemands seront faits prisonniers. Durant ce temps, Mussolini, à la tête de l'Italie et qui est le plus grand allié d'Hitler, a besoin d'aide en Egypte où ses troupes sont en difficulté.
Rommel vole à son secours. Les britanniques résistent sous le commandement de Montgomery. Les troupes allemandes seront obligées de se replier dans cette région du monde.

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Au printemps 1942, Hitler s'attaque à la ville de Stalingrad. Les russes transforment la ville en forteresse. Hitler fait de la prise de Stalingrad une priorité absolue.
Mais la Russie semble posséder un réservoir inépuisable de soldats.
En novembre, l'Armée Rouge lance une offensive et l'armée allemande est obligée de battre en retraite en février 1943.
Pendant ce temps, Mussolini est arrêté. Hitler réagit immédiatement et envoie des troupes à Rome. Mussolini est alors conduit à Vienne.
Peu de temps après, grâce à l'intervention d'Hitler, Mussolini peut rentrer en Italie. Il fonde alors la République de Salo.

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En août 1944, les troupes américaines débarquent en France. Les allemands sont repoussés. Des grandes villes comme Toulouse sont libérées.
En Normandie, Hitler a également subi une défaite sévère. En septembre 1944, Bruxelles et Liège sont également libérées.
Hitler compte alors sur des armes nouvelles, notamment les avions à réactions et les bombardiers V1 et V2 pour remporter la guerre.

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Début 1945, en Allemagne, les régions se vident et certaines populations se meurent. Hitler mobilise alors ses dernières ressources.
Les chars russes commencent leur percée sur Berlin. La ville devient alors un champ de ruines. Durant ce temps, en Italie, Mussolini et sa maîtresse sont arrêtés et pendus. Hitler apprend la fin de son plus ancien allié.
Peu de temps après, il se donne la mort avec le reste de sa famille. L'armée allemande se rend.

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Les criminels de guerre doivent désormais être jugés, soient les principaux responsables du Troisième Reich accusés de complot, de crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l'Humanité.
S'organise alors le Procès de Nuremberg. Lors ce Procès, sont évoqués tous les massacres perpétrés par l'Allemagne nazie: incendies, exécutions de civiles, tortures, familles massacrées dans les églises, assassinats, persécutions contre les juifs dans les ghettos et évidemment l'extermination massive des juifs dans les camps de concentration.

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Pourtant, devant les images des camps (amas de corps squelettiques, gazage, fours crématoires, famine, les expérimentations scientifiques, les tortures, les exécutions et les barbaries), les accusés se défendent et nient être au courant de l'existence de tels camps de la mort.
En résumé, les grands complices d'Hitler et les principaux responsables du Troisième Reich ignoraient ce qui se passait à l'intérieur et à l'extérieur d'un système nazi, et ne semblaient ne pas être au courant de tout ce qui visait à l'extermination des juifs, même si ces derniers signaient des décrets envoyant des millions de gens vers les camps de la mort.
A la fin du Procès, un grand nombre d'accusés seront condamnés à la mort par pendaison, dont Goering qui parviendra à échapper à son verdict en se suicidant en prison.

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De Nuremberg à Nuremberg est donc un documentaire très riche, une nécessité évidente pour l'Histoire et le Devoir de Mémoire.
Pour cela, ce documentaire de quatre heures s'appuie sur de nombreuses images d'archives, des vidéos, tout en respectant une chronologie complexe et de nombreux enjeux. De Nuremberg à Nuremberg permet de comprendre la mécanique du système nazi et ce qu'il a pu engendrer en terme de massacres, d'exactions, de barbaries et toute l'idéologie servant de bouclier à quelques esprits malades au nom d'une cause fascisante, soit la pire facette de l'Humanité.

 

 

Seconde Partie: L'Histoire en perspective

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Genre: documentaire
année: 1989
durée: 45 minutes

Synopsis: Philippe Meyer, journaliste, co-auteur du film "De Nuremberg à Nuremberg", aborde l'histoire de ce documentaire, depuis sa réalisation par Frédéric Rossif jusqu'à son extraordinaire succès public. Trois historiens, Marc Ferro, Edouard Husson et Annette Wievierka, éclairent ce documentaire de leurs connaissances respectives, de l'histoire du cinéma, des idéologies et de la Seconde Guerre Mondiale: de la nation allemande et du nazisme, de l'antisémitisme et de la Shoah.

la critique d'Alice In Oliver:

Cette seconde partie de Nuremberg à Nuremberg, intitulée l'Histoire en perspective, se divise en plusieurs thématiques, et donc, en plusieurs entretiens: Ecrire de Nuremberg à Nuremberg par Philippe Meyer, co-réalisateur du film, la question allemande de 1918 à la Shoah par Edouard Husson, la lutte pour l'hégémonie par Marc Ferro et la guerre faite à l'humanité par Annette Wieviorka.

Difficile de parler de chaque thématique abordée lors de ces différents entretiens, ce serait trop long mais cela permet d'éclairer sur les différents enjeux, les idéologies et les différents acteurs de la Seconde Guerre Mondiale qui bouleversera évidemment l'ordre économique internationale, en sachant que les origines de la Guerre Froide se situe avant le début des massacres.

Dans un premier temps, c'est Philippe Meyer qui parle du film. Au départ, lui et Frédéric Rossif voulaient choisir un acteur pour commenter les séquences du documentaire.
Mais les deux réalisateurs ne voulaient pas d'un film trop chargé en émotions et voulaient donc se tenir le plus près possible d'un ton factuel dans un souci d'objectivité.
Bien que réalisé en 1986, De Nuremberg à Nuremberg ne sera diffusé en France qu'à partir de 1989, la faute aux Elections Présidentielles de 1988 et à un certain discours politique qui consiste à affirmer que le nazisme n'intéresse plus personne.

Toutefois, les autres entretiens permettent d'éclairer davantage certains points abordés par ce documentaire. Pour ce qui est de la question allemande de 1918 à la Shoah, il existe deux courants opposés. 
En Europe, et surtout en France, il existe un certain pacifisme: certains pensent clairement qu'il n'y aura plus de guerre. 
Puis, à l'opposé, il existe en Allemagne une frustration liée à la défaite et certains citoyens envisagent une nouvelle guerre, une nouvelle occasion de prendre leur revanche après la défaite en 1914-1918. 
La population allemande recherche donc un nouveau leader fort et charismatique, aux élans patriotiques. C'est là qu'interviendront le Parti Nazi et donc Adolf Hitler qui martèlent les slogans les plus durs de l'Extrême Droite et un antisémitisme profond.
Peu à peu, tout cela se cristallisera en haine profonde et à une mise en oeuvre rationnelle de l'extermination. 
Il existe également une adhésion aveugle de la population allemande qui accepte que les juifs soient déportés ou enfermés dans des ghettos.

Dans la partie intitulée la lutte pour l'hégémonie, Marc Ferro revient sur plusieurs points: le programme de Pétain qui, une fois au pouvoir, met en place un régime autoritaire. Le gouvernement français collabore avec les nazis mais il existe tout de même une extension de la résistance et une opposition à ce régime.
Marc Ferro revient également sur le courage des anglais face aux bombardements allemands, puis sur l'héroïsme des russes. Il ne faut pas oublier que c'est l'Union Soviétique qui a brisé l'armée allemande.
Marc Ferro explique aussi la guerre menée par les Etats-Unis (à la fois contre l'Allemagne et le Japon) et sur les origines de la Guerre Froide.

Dans la partie intitulée de Nuremberg à la Shoah, Annette Wieviorka parle surtout de la portée du Procès de Nuremberg et comment celui-ci s'est déroulé.
En vérité, il s'agit de déterminer ce qui n'est pas acceptable dans la guerre et de penser à un ordre international pour qu'il n'y ait plus de guerre.
Le Procès de Nuremberg est censé juger les plus hauts responsables du Parti Nazi mais certains ne sont que des "seconds couteaux" (façon de parler), ce qui explique pourquoi certains ne seront condamnés qu'à une peine de prison, voire même acquittés. Mais un grand nombre seront condamnés à mort par pendaison, à l'exception de Goering qui parviendra à échapper au verdict en se suicidant dans sa cellule.

Lors du Procès de Nuremberg, les principaux responsables du système nazi doivent répondre à plusieurs chefs d'accusation: crimes contre paix, crimes de guerre, complot contre la paix et crimes contre l'Humanité. 
Le Procès de Nuremberg permet de poser la question de la responsabilité collective de la population allemande dans l'extermination des juifs.
Finalement, cette responsabilité sera dégagée, la faute appartenant à une poignée de criminels qui sont arrivés au pouvoir.
Pourtant, la conscience de la Shoah mettra du temps à faire son chemin en Europe et dans le monde entier. 
Il faudra attendre le procès d'Adolf Eichmann, récupéré en Argentine, et qui se déroulera à Jérusalem pour qu'il y ait une prise de conscience de l'extermination des juifs et de tout un peuple dans les camps de concentration allemands.

 

Troisième Partie: Avant l'oubli ?

 

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Genre: documentaire
année: 1989
durée: 50 minutes

Synopsis: A partir de photographies commentées par les rescapés, ce documentaire explore la Mémoire des camps de concentration, à travers différents témoignages.

la critique d'Alice In Oliver:

Cette troisième partie de Nuremberg à Nuremberg, intitulée Avant L'Oubli ?, repose sur une série d'entretiens avec des survivants de l'Holocaust, à l'exception d'un soldat anglais, Harry Oakes, qui a pris plusieurs photographies du Camp de Bergen-Belsen lors de sa libération.
Parmi les personnes interrogées, Henri Haut (dont le père, le frère et la soeur sont morts à Auschwitz), Goerges Angéli (auteur de 11 photographies prises cladestinement à Buchenwald), Jorge Semprun (déporté à Buchenwald), François Bertrand (déporté à Buchenwald puis à Dachau), Léon Navarro (déporté à Dora), Germaine Tillion (déportée à Ravensbrück), Serge Choumoff (déporté à Mauthausen), Jacques Francis Rolland (correspondant de guerre de l'armée américaine) et Harry Oakes (que j'ai déjà évoqué précédemment) témoignent et reviennent sur les images prises dans les camps de concentration et d'extermination nazis.

Difficile de résumer l'ensemble de ces témoignages tant ils sont bouleversants... Mais plusieurs questions se posent selon les sensibilités et les différentes expériences traumatisantes: la question du deuil et notamment celle de la transmission de ce vécu aux enfants et aux petits enfants.
Comment décrire l'horreur absolue ? Comment expliquer la mécanique infernale des camps de la mort ? 
Autant de questions complexes abordées par ces hommes et ces femmes qui ont miraculeusement survécu.

Toujours est-il que chaque camp de concentration était dicté par l'absurdité, l'arbitraire et la volonté de couper toutes les références appartenant à l'individu.
Ainsi, les juifs n'avaient plus de nom et étaient numérotés par un matricule. L'un des témoignages les plus surprenants reste celui de Georges Angéli qui a réussi à prendre quelques photos du camp de Buchenwald en 1943. 
Les cas de photos prises pendant l'existence de ces camps sont très rares.

Certaines personnes évoquent également la réaction des G.I. américains lors de l'ouverture des camps. D'ailleurs, à ce sujet, Eisenhower déclarera: "Si on ne sait pas pourquoi on est venus se battre, maintenant on le sait". 
Mais d'autres photographies des camps seront prises, notamment des photos de propagande et de mise en scène afin de montrer que les conditions d'emprisonnement n'étaient pas si terrifiantes dans les camps de concentration. C'est ce que nous révèle Léon Navarro, résistant et déporté à Dora.

Quant à Germaine Tillion, déportée à Ravensbrück, elle évoque les expériences bactériologiques pratiquées sur les juives. 
Ces femmes étaient surnommées les "petits lapins". Le but était de créer des plaies et d'inoculer certains virus. Certaines photographies de cicatrices et de blessures seront effectuées par certaines prisonnières.
Germaine Tillion parle ainsi de l'existence du Bloc N.N., connu également sous le nom du Bloc de la Honte.

D'autres témoignages parlent de la libération des camps, des fours crématoires, des amoncellements de corps sur plusieurs mètres et de cette odeur de mort qui règnait à l'intérieur de ce paysage apocalyptique. 
D'ailleurs, ce documentaire se termine sur cette question: comment expliquer cette odeur nauséabonde près des fours crématoires ? 
A ce sujet, aucune photo, aucun livre ne peut rendre compte de cette odeur. Seule la littérature peut permettre de s'approcher un peu de la vérité.
Un documentaire saisissant et des témoignages essentiels et percutants, qui rappellent les heures les plus sombres de l'Humanité.

Note: 21/20 (pour les trois parties)