Naveton Cinéma, le blog ciné le plus nul du net !

09 novembre 2014

This is the end... Naveton Cinéma tire sa révérence

Après avoir publié de nombreux articles et chroniques, plus de 5 000 au total, Naveton Cinéma, le blog ciné le plus nul du net, a décidé de tirer sa révérence. Créé en avril 2011 (le 9 avril pour être exact), le site ferme ses portes aujourd’hui. Toutefois, il restera en l’état mais ne publiera plus de nouveaux articles. Je demande donc aux différents auteurs de ne pas poursuivre l’aventure. Les raisons de cet arrêt définitif ? Essentiellement par un manque d’envie et de motivation.
Ensuite, je constate que la plupart des commentaires sont publiés par les auteurs eux-mêmes même si le blog peut compter tout de même sur quelques fidèles. Hélas, les articles ne comptant aucun commentaire sont nombreux. Il ne s’agit pas pour autant de faire des reproches. Je tiens à remercier tous ceux et toutes celles qui sont de passage, même une fois de temps en temps, qui viennent ou non déposer des commentaires.

A ce sujet, je tiens à remercier tout particulièrement les auteurs qui se sont investis dans ce blog : Borat, Inthemoodforgore, Titi, Leslie Barsonsec, Nicos, Hdef, Vince, Gegeartist et Koamae. Je remercie également d’autres fidèles : Tinalakiller, Gerard, 2flics, Princecranoir, Jamesluctor, Terrortwins, Aelezig, Aurelia, Sekateur, Yvonne, ElodieSun, Forbloodssake, Taratata et Roggy. Pardon si j’ai oublié du monde, auquel cas je vous rajouterai dans ce dernier article. Jusqu’au bout, Naveton Cinéma sera resté fidèle à sa ligne conductrice, qui est la donc la suivante : « Des chroniques médiocres, des analyses foireuses et des articles écrits par un véritable tâcheron ! ». En vous remerciant encore… Je vous laisse à présent entre les mains d’Inthemoodforgore, qui a tenu à délivrer lui aussi un dernier message. Ensuite, ce sera au tour de Borat, Titi, Vince et Hdef !

Alice In Oliver


Naveton Cinema: The End...

Le billet final d’Inthemoodforgore:

Voilà, c'est fini. Dans quelques heures, votre blog préféré aura cessé d'exister. Trois ans et demi d'échanges, de débats, de passions...Tout cela va définitivement s'arrêter ce soir. Je n'ai malheureusement pas eu la chance de participer aux deux premières années de cette aventure, mais les quelques seize mois passés en votre compagnie ont conforté l'opinion que j'en avais en tant que simple spectateur: ce blog était (merde, voilà que je parle déjà au passé !) unique en son genre. Et de "naveton", il n'avait guère que le nom, délibérément choisi au second degré. Car ici, on parlait du VRAI cinéma dans toute son infinie diversité. Du navet infâme au chef d'oeuvre absolu, du blockbuster à l'ovni underground, de Franck Dubosc à Orson Welles... Ici, chacun pouvait trouver chaussure à son pied et participer aux débats, librement selon ses sensibilités. Et ça, c'était génial. Durant ces seize mois de présence, j'ai trouvé ici de la fantaisie, de la complicité, de la générosité. J'ai surtout rencontré de véritables amoureux du cinéma et ça, c'est rare.

Alors pour tout cela, un grand merci. Merci tout d'abord à Olivier, qui a eu la gentillesse de m'accueillir dans l'équipe des chroniqueurs et avec qui j'entretiens des rapports cordiaux et sincères. Merci à Borat pour la vigueur de ses opinions et la fougue de sa jeunesse, merci à Vince pour m'avoir fait découvrir ces réalisateurs essentiels que sont Arrabal et Jodorowski, merci à Tina pour cette touche féminine dans un blog gavé aux testostérones, merci à tous. Oui, merci d'avoir fait vivre, trois ans et demi durant, cet espace d'expression par votre passion dévorante du septième art. Alors je ne sais pas vous, mais moi je me sens quelque peu nostalgique à l'heure où j'écris ces lignes. Mais la grande Simone Signoret nous aurait dit que la nostalgie n'est plus ce qu'elle était ! Donc je compte sur vous pour que ce dernier article ne soit pas sponsorisé par Kleenex...

Alors en ce jour si particulier, et avant que le créateur de Naveton Cinema (auto proclamé DIEU !) ne nous livre ses dernières impressions, j'invite toutes les personnes qui ont fréquenté le blog (même furtivement), un jour ou l'autre, à laisser un petit témoignage. Que ce soit vos coups de cœur, vos coups de gueule, vos plus grands délires, vos plus grandes déceptions, vos découvertes, vos chroniques préférées, vos blogueurs stars, vos moments cultes, bref, tout ce qui vous aura marqué durant la (trop) brève existence de ce blog tant sympathique, racontez le.

Au revoir à tous, prenez soin de vous.

La critique d'adieu de Borat

J'ai rencontré Olivier à l'époque du Cinéma d'Olivier, je suis donc ce que l'on peut appeler un vieux de la vieille, le vieux coq... mais qui n'a que vingt piges ! Quand Olivier s'est lancé dans un nouveau blog, à savoir Naveton Cinéma, il a eu la mauvaise idée de me faire appel. Ainsi le 2 mai 2011 le Borat débarquait avec sa "critique marseillaise" de Taxi. Un malheur accumulant d'autres, voici donc l'ami Borat toujours aux commandes de critiques avec une appelation.
Hé oui, voulant bêtement faire dans l'original, me voilà à la tête (pour ne pas dire dans la tête, n'oubliez pas que c'est le blog le plus nul de tous les temps) de chroniques aux noms d'oiseaux où je lance mon verbe pour dézinguer ou ovationner des films en tous genres. D'ailleurs, je dois avouer que ma plus originale était aussi la plus longue, mais malheureusement personne ne l'a vu au vue des commentaires. Allez c'était celle de 22 Jump Street:

  • La 22ème critique (ce qui est faux vous le savez bien, vu que ça fait quand même depuis trois ans que j'accumule les chroniques de merde avec des titres à la con pour faire un peu original, mais vous savez dans la vie, on ne fait pas ce qu'on veut, alors on accumule les papiers, certains médiocres d'autres grandioses, mais on se souvient toujours des mauvais films; les vannes, certaines sont nulles d'autres passent bien, certaines laissent pantois allez savoir pourquoi, pourtant je les trouvais drôles comme cette tirade qui dure maintenant depuis plusieurs lignes et que vous lisez normalement toujours à l'heure où je cause, alors merci lecteurs pour ce grand moment de patience, la critique va commencer, installez-vous dans votre fauteuil bien gentiment devant l'ordinateur ou votre smartphone, oui car Naveton Cinéma peut aussi se lire sur smartphone, il faut absolument le signaler au cas où votre ordinateur déconne comme ce fut le cas récemment pour moi, mais trêve de bavardage allons-y !) de Borat

Du pur free-style où je me suis bien amusé. Mais mon implication dans Naveton s'est fait aussi fait par les fameuses questions de la semaine, voire du mois, voire à l'année (là c'est vraiment quand je n'étais plus inspiré, ne m'en voulez pas), que j'ai repris à Varlin, camarade de passage sur ce blog. Mon but n'était pas de reprendre le principe pour reprendre, c'était aussi une manière de m'amuser sur certains sujets comme la fois où j'avais demandé des projets de films concepts. Mais à plusieurs reprises, cela m'a permis de rire de mes camarades et moi-même par des questions cinéphiles ou en rapport avec certaines de leurs chroniques.
Mais comme souvent l'inspiration ne vient plus au bout d'un moment, il est parfois temps de s'arrêter. Mais surtout Naveton, c'était des débats houleux, parfois même virulents, mais très souvent utiles et permettant de connaître certains auteurs ou lecteurs. Certains sont venus, d'autres sont partis et le reste est resté (whaow la transition !). D'autant que quand Olivier n'était pas là, il fallait bien un kazakh pour surveiller ce petit monde. Ainsi, voici trois ans et demi que j'officie sur ce blog, ce qui me donne à nouveau un bon coup de vieux. Comme toujours. Alors merci à Olivier d'avoir laisser le Borat faire encore des siennes, de l'avoir laisser faire tout et n'importe quoi. Alors pour le grand final petit questionnaire et ne soyez pas faux-cul lecteur ! On veut du concret ! Alors zumba !

  • Après la fermeture, quel auteur (j'ai bien dit un seul !) vous manquera le plus ?

 

  1. Borat, le don juan à deux francs six sous qui n'arrête pas de draguer Tonton Besson depuis trois ans et plus.
  2. Olivier aka God on Earth (enfin ce qu'il dit).
  3. Inthemood, un homme brutal (il aime les films au dessus du - 16 !) mais charmant.
  4. Vince, notre Bruno Mars à nous, mais heureusement il ne chante pas.
  5. Titi, le roi des canaris.
  6. Leslie, le roi du nanar populaire.
  7. Nicos, le prince des 80's.
  8. Koamae, dit le gamin car il n'a toujours pas passé son Bac !

 

  • Dans dix ans vous vous souviendrez de ce blog pour quoi ?

 

  1. Les franches rigolades
  2. Les nanars tous plus débiles et improbables
  3. Les navets imbouffables
  4. Les raretés nécessaires
  5. Les débats houleux
  6. Le feuilleton Olivier-Borat-Tinalakiller
  7. La coopération des auteurs 
  8. Ou la non-coopération, c'est bien aussi !

 

  • Enfin dernière question: Quels films avaient-vous découvert sur ce blog ? Ne dites pas tous, ce serait trop facile ! 

Longue vie à Naveton Cinéma, le blog le plus nul du net, que son existence ne se résume pas à trois ans et demi d'activités et surtout continuez à venir, que ce soit pour discuter à propos de films ou autres. Bye Naveton !

Les derniers mots de Titi sur Naveton

"Voilà, c'est fini" chantait Jean Louis Aubert. Eh oui, notre dieu à tous et toutes a décidé de partir vers d'autres aventures. Mais point de nostalgie, il nous reste des chroniques qu'on pourra relire à foison (ou pas) avec des formules du genre : "il envoie le marchandise" (non, l'expression n'est pas utilisée uniquement pour les films érotiques ou pour les critiques sur Beethoven 1 & 2 en parlant de la bave du chien, où elle ne figure pas d'ailleurs, ce qui est scandaleux.) 

Naveton cinéma, c'est aussi un espace de dialogue et de débat parfois très animé, ou l'on ne pratique pas le MMDTG (qui signifie Ma Main Dans Ta Gueule), mais plutôt le respect de la personne, ce qui est finalement peut-être plus facile et surtout moins dangereux vu que, dans la vie courante, notre Olivier ressemble à Chris Hemsworth dans Thor, Inthemoodforgore se balade tous les week end avec le masque et les habits de Leatherface en sillonnant les routes désertes et les forets, une tronçonneuse achetée à Mr Bricolage entre les mains, tandis que Borat, sous ses airs inoffensifs et sa carrure à la Jonah Hill, est surnommé "King Of The Bed" en raison de sa faculté à briser des couples célèbres, les femmes ne résistant pas à une nuit d'amour avec notre latin lover. L'année dernière, notre Borat s'est enfui avec Monica Bellucci. Dernièrement, c'est Georges Clooney qui a fait les frais du tombeur, et notre bonhomme convoite actuellement la belle Jennifer Lawrence. Nicolas, attention à toi.

Pour en revenir à Naveton Cinéma et son initiateur, je souhaiterais simplement le remercier d'avoir accepté de m'integrer dans l'équipe en tant que chroniqueurs de ce blog. Si aujourd'hui, je continue à écrire des chroniques avec l'envie toujours vivace de partager, c'est grâce à lui. 

Terminons avec un petit jeu. Voici cinq phrases extraites de chroniques du blog, à vous de retrouver de quels longs métrages/ série ou autres elles sont extraites. En raison du nombres impressionnant d'articles sur Naveton, je vous ferai trois propositions à chaque fois, histoire que ce soit plus facile.

1. "Prenez une pincée d'Eraserhead, ajoutez un soupçon de Philosophy of a Knife, balancez une grande dose de Tetsuo, secouez le tout très fort (secouer est vraiment le terme exact !) et vous obtenez l'un des films les plus rock'n roll de ces vingt dernières années."

Trois propositions : Rubber's Lover, Hantise ou Transformers de Michael Bay.

2. "Seul problème, la série se prend très au sérieux et l'humour noir a lui aussi disparu du programme."

Trois propositions : 1. Les Envahisseurs, 2. Robocop la Série, 3. Mac Guyver (oui, oui, cette série a été chroniquée)

3. "« Fuck : est un mot anglais qui, en tant que verbe, signifie « avoir un rapport sexuel ». Fuck peut être traduit en français par le verbe « foutre » ou « baiser » » Hé hé merci Wikipédia, pour cette définition simple et rapide." (qui a dit que Naveton Cinéma n'était pas un blog culturel ?)

Trois propositions : 1. Allo Maman C'est Noël, Le Monde De Némo ou Le Loup De Wall Street.

4. "S'attaquer au cinéma de Jerry Lewis, c'est un peu comme si Keen V voulait faire un album de reprises de chansons de Jean-Luc Lahaye: ahurissant de conneries !"

Trois propositions : 1. Grease, Le Professeur Foldingue ou Par Où T'Es Rentré On T'A Pas Vu Sortir.

5. " Cet amour du cinéma d'horreur de l'époque pour ces animaux reste d'ailleurs assez mystérieux."

Trois Propositions : Vase De Noce, Portier de Nuit ou L'Homme Léopard.

C'est sur ce petit jeu que nous nous quittons, bonne continuation à tous et toutes en espérant continuer à vous retrouver nombreux dans les commentaires.

 

 

L’Ultime Chronique de Vince 12

Triste de voir se terminer l’aventure Naveton Cinéma. Mais on dit que mêmes les meilleures choses ont une fin. Personnellement, je me rappelle encore de ma première discussion avec Oliver, c’était sur le cinéma d’Olivier alors que je réagissais à un vote pour dresser un classement des meilleurs films de Stanley Kubrick. J’ai continué longtemps à poster comme un Hermite sur le cinéma d’Olivier alors que Naveton commençait déjà à voir le jour. Plus tard, sur Naveton, je me contentais de réagir aux chroniques et je prenais beaucoup de plaisir à discuter avec des cinéphages.

Combien de films ? Combien de réalisateurs ai-je découvert grâce à Naveton ? Des nanars, des chefs d’œuvres de tous genre et de toutes catégories. Naveton a clairement été une expérience enrichissante. Mais elle l’a surtout été grâce à Oliver, qui m’a tendu la main et qui m’a proposé de devenir auteur sur son blog. Je ne le remercierai jamais d’avoir insisté et de m’avoir fait goûter au plaisir de la petite chronique de film qui provoque les débats d’internautes. Je me souviens d’un 4 Avril 2012 où je publiais ma première chronique qui était celle de Nails d’Andreï Iskanov. Depuis, j’en ai fait pas mal. J’ai même fini par monter mon propre blog E-Pôle-Art. Je le dis c’est grâce à Oliver.

Je n’oublierai pas l’ambiance de Naveton. Le soir après ma journée de travail, je rentrais et je m’installais confortablement pour lire les chroniques de Naveton et je décompressais, (il y en a même que j’ai pris plaisir à relire). On avait toutes sortes de débat et Oliver ne manquait jamais une seule occasion de nous sortir un de ses jeux de mots mythiques. J’ai pris plaisir à discuter avec les autres internautes que ce soit les collègues auteurs tels que Borat, Inthemoodforgore, Titi, Hdef, Koame, Gegartist, Leslie Barsonsec et Nicos 31. On avait chacun notre style de chronique et nos spécialités cinématographiques. J’ai également apprécié dialoguer avec les habitués tels que Jamesluctor, Tinalakiller, Tangokini, Princécranoir, Taratata, MachineGun et bien d’autres que j’oublie. On a partagé des discussions enflammées, passionnées mais aussi des moments de rigolade ou plutôt de « rogolade » !

Evidemment tout cela nous manquera. Mais je ne me fais pas de souci, je sais que nous aurons de quoi nous consoler sur Ciné Borat, les blogs de Titi, Voracinéphile, Tinalakiller, Tangokini et tous les autres. Et qui sait peut être un jour, notre « Dieu » de Naveton sentira à nouveau l’envie de reprendre la plume de la blogosphère. Je remercie Oliver, pour m’avoir tendu la main, pour son soutien et son amitié et je salue tous les autres internautes que j’espère avoir le plaisir de retrouver sur la blogosphère.      

Vince

 

L'adieu aux armes d'hdef :

Alors ça y est. It's over comme on dit en anglais. Naveton tire sa révérence nous dit son fondateur, le grand Oliver, la grande Alice, ou les deux à la fois (Alice IN Oliver). Eh bien personnellement j'ai connu des annonces plus gaies, mais enfin… Personnellement, et comme ont fait les autres grands auteurs du blog ci-dessus, je vais vous rappeler un peu comment je me suis joint à cette fabuleuse aventure culturelle et humaine que celle de Naveton Cinéma, ses titres en gras, ses films gores trashs et chocs, ses articles improbables, ses questions semaines, sa liberté totale.

Je suis arrivé un jour de mars 2013. Je venais de revoir pour la énième fois Le Syndicat du crime 2 et je tape le titre du film (réalisé par John Woo en 87, il est dispo sur le blog) sur Google. Et il y a cette entrée zarbie : "Le Syndicat du crime 2, Naveton Cinéma, le blog ciné le plus nul du net". Intrigué, je poste un commentaire. On me répond (c'était Oliver) et une grande amitié se lie. Tous les soirs ou presque, je rentre de bibliothèque et je me mets dans mon fauteuil, et je découvre quelles nouvelles immondices gores ce sacré Naveton m'a encore concocté, non pas à moi, mais à 800 000 personnes, le blog étant tout de même beaucoup lu, mais si mais si, nous ne sommes pas, toi le profane qui lit ses lignes, une secte de dégénérés isolés ! Nous sommes beaucoup dans notre petit délire cinémadique, cinéphagique de grands adorateurs de notre idole à nous, Oliver (défini par Borat, le plus piquant et le plus humoristique des chroniqueurs du blog, que j'espère retrouver très bientôt sur Ciné Borat pour de nouvelles aventures, dans ces termes : "Le Alain Delon du pauvre", toujours avec ironie bien sûr). Oliver qui fut un peu (on entre dans la partie pseudo mystique du billet. Vince va adorer :D) mon Charon, mon passeur dans un monde sous-terrain (celui de l'underground, ouah elle est bonne !) de films dont l'existence ne m'avait jamais effleuré l'esprit. Je les entrevoyais d'un oeil terrifié et révulsé dans des bacs de DVD à la Fnac au rayon "Horreur et fantastique" que je considérais comme un rayon de geek sans intérêt, moi, l'intello bourré de préjugés avec mes lunettes qui faisait deux fois la taille de ma tronche, cachée par un bouquin de Céline. Et puis petit à petit, mes préjugés tombèrent comme des chaussettes pas bien lavées et je commençais à m'adonner à une culture de gore, à une culture bis que je jugeais autrefois méprisable et qui me captivât. Sur les bons conseils de Vince (dont je fantasmais jour et nuit sur le chapeau qui a rétrécit au lavage heu non sur la vidéothèque que j'imaginais emplie d'étranges délires mystiques et gores entre Jodorowsky et Arrabal avec un soupçon d'Andreï Isakinov) et d'Oliver (et aussi de Borat), je fis mes premiers pas dans cet univers envoûtant.

 

Puis je publiais, grande date, ma première chro (comme on disait, ouais) sur le blog. Je m'en souviens comme si c'était hier, avec Oliver qui me dit "Comme c'est ta première chro, elle mérite de paraître aujourd'hui. Donc à paraître dans quelques secondes en fait". Et moi de sauter de joie : "Youpi, mon blog à moi, à vous, un idéal commun, merci beaucoup". En une phrase très à l'emporte-pièce, je venais de résumer un peu et mal le grand truc de Naveton : un "idéal" commun, l'idéal du trash, de l'amour innocent du cinéma (en fait pas si innocent que ça), de la chronique irrévérencieuse et parfois un peu pas très polie (on jurait carrément dans les chroniques, moi j'imitais un peu Laurent Duroche, s'il me lit il doit se dire que j'ai des cases en moins), surtout les miennes en fait, ou quand Vince mettais "Fuck" comme note au Loup de Wall Street (toute la chro était un coup de griffe somptueusement violent), jouant sur le fait que dans le film, les personnages disaient 506 fois ce mot).

 

Et puis après cette première publication, j'enchaînais : Rec 3, Evil Dead 3, Full Contact etc. (vous pouvez toutes les consulter et vous régalez, approuver, détester, éructer) et surtout Baby Cart (alors quoi Oliver tu les as vu ?!) et le cycle que j'avais commencé sur la saga (qui comporte six opus) ne sera jamais fini. C'est con, il ne restait que le 6e… "Ne remets jamais au lendemain ce que tu peux faire aujourd'hui" disait mamie (pas forcément la mienne, toutes les mamies disent ça). Elle(s) avai(en)t bien raison ! Cent fois raison. Mais la grande question reste la suivante : Oliver a-t-il vu Baby Cart ????

 

Et puis j'ai d'autres souvenirs fabuleux de ce blog, notamment les débats de journées entières sur "le divertissement peut-il constituer un chef d'oeuvre ?", "Portier de nuit est-il un film pestilentiel et nauséabond (ce qui va souvent de pair) ?", "Dieudonné est-il un facho ?" etc. Autant de prises de becs, de réactions violentes, de débats historiques et cinématographiques auquel tous les spectateurs du blog assistaient comme à un jeu du cirque où deux gladiateurs féroces s'affrontaient. C'était souvent Vince et moi-même mais pas toujours. Mais la grande question reste la suivante  : Oliver a-t-il vu Baby Cart ????

Je me souviens aussi des questions de la semaine de Borat, qu'on attendait comme les messies ! Je me souviens de tout ça, je me souviens des rares et fascinants (et très longs) articles de Vince, "Je me souviens des jours anciens et je pleure" (Paul Verlaine, Sonate d'automne). Mais la grande question reste la suivante : Oliver a-t-il vu Baby Cart ????

Et par-dessus tout, pour en revenir à nos adieux ('faut pas être trop gai quand on enterre un mythe), je me souviens, très sérieusement maintenant, de la tendresse et de la solidarité des auteurs du blog, des grands amis, de grand partenaires et qui ont cela d'unique : pour certains je ne connais même pas leurs noms !! Et pourtant ce sont des amis. J'ai l'impression comme dit Céline dans Voyage au bout de la nuit, de "m'agiter frénétiquement dans le virtuel". Et pourtant, Naveton, tu vas me manquer. J'aimerais, et j'ai essayé, de t'"ignorer passionnément" comme dit Jacques Dupin mais non, Naveton, décidément, tu m'importes beaucoup. Mais bon, faudrait pas oublier la grande question : Oliver a-t-il vu Baby Cart ????

Car Naveton n'est pas un blog comme un autre. C'est un blog dans lequel chaque auteur s'investit, dans lequel un réel débat existe, où vos commentaires ne sont pas censurés pour un oui ou pour un non (Allociné a censuré une fois un de mes commentaires parce que je disais que Le Retour de Shangaï Joe était "un film aussi décomplexé que la droite de l'UMP"), où la parole circule, où chacun donne son avis franchement, "sans chiquer" comme dit Céline, à chaud, à froid, tiède, saignant, bleu, à point, cru, tartare. Il le balance dans la fosse dans laquelle les auteurs s'agitent, cogitent, et se tient prêt pour le défendre. Pas de censure, pas d'avis tout fait, pas de préjugé : juste une liberté de parole qu'on ne trouve pas ailleurs et qui donne à Naveton sa franchise, son honnêteté. Mais bon la grande question…

Et ça, on le doit à plusieurs hommes (trop peu de femmes, seule Tinalakiller) : Oliver, qui a guidé mon parcours cinéphagique pendant un an et demi et m'a permis de sortir de ma bulle.

On le doit à Vince, un grand amoureux de classiques hollywoodiens et de films chocs et trashs "trop rogolos".

On le doit à Borat, infatigable chroniqueur plein de verve et d'humour qui, en ce triste moment, me fait encore rire avec son message ("Allez zumba !" Du pur Borat !).

On le doit à Inthemoodforgore, récemment arrivé sur le blog et dont la vidéothèque m'a aussi bien donné à réfléchir (même Oliver était impressionné quand il nous a dit le nombre astronomique de ses dvd, c'est tout dire).

On le doit à Duncan, que je n'ai jamais connu mais dont je sais qu'il a écrit des articles sur le blog.

On le doit à Titi, qui tient un remarquable blog où il dévoile sa passion pour le cinéma d'horreur. Je me souviens d'ailleurs d'un excellent article sur Possession, le chef d'oeuvre de Zulawski que j'ai vu, ironie du sort, la semaine dernière. C'était formidable.

On le doit aussi à… monsieur-que-j'ai-du-oublier et à qui je présente mes excuses. Ah oui, je me suis oublié ! C'est moi le monsieur ! Allons HD (comment je m'étais énervé sur ce pauvre Borat quand il m'avait appelé "Haute Définition" !), un peu de tenue !

Eh oui, HDEF. C'est étrange hein ?! Oui parce que à la base, je voulais me trouver un pseudo, j'en ai essayé plusieurs et à chaque fois, "le pseudonyme est déjà utilisé, veuillez en choisir un autre". À chaque fois. De rage, je tape sur mon clavier et un truc genre "hdfrerfere" ressort. J'en garde l'essentiel; HDEF, et me voilà pseudonymé. Vu que vous ne savez rien de moi, ni ma tronche (contrairement aux autres auteurs du blog) ni rien, je vous donne quand même mon nom, c'est Élias, comme ça au moins vous saurez UN truc de moi.

Donc voilà, je vais pas vous faire mon CV, Naveton fut un peu ma subsistance bis, avec Mad Movies (à propos d'eux, Borat, tu trouves pas leur nouvelle formule nullissime ??!) et ma bibliothèque consacrée au cinéma d'horreur, où s'entreposent Classiques du cinéma fantastique de Sabathier, Classiques du cinéma bis de Laurent Aknin et Lucas Bablo, que je cite souvent dans mes articles, 100 ans de cinéma d'horreur et de science fiction, la géniale bible du film de genre signée Jean-Pierre Andrevon, Mad, ma vie de Jean-Pierre Putters, sur l'histoire de Mad Movies et… flûte je me remets à parler de moi ! Je suis d'un égocentrisme !

Allez, arrêtons les violons, ne pleurons pas (c'est le titre du dernier roman de Salvayre, le bouquin qu'a eu le Prix Goncourt. J'ai lu un super article sur Zone Critique. C'est bien ?), j'essaie de pas faire dans le Bergman pour vous dire adieu, parce que voyez-vous, Naveton, c'est pas ça.

C'est pas triste Naveton ! C'est gai ! C'est chouette ! On se mate un nanar entre potes, on n'est pas là pour écrire du Bazin, on est là pour déconner sur fond de nanar gore avec Borat, Vince et Oliver, on se conseille les pires films jamais fait, on se marre, on blablate, tranquille, paresseusement ou énergiquement selon les jours.

Donc Naveton c'est pas le site sérieux. C'est pas le site pompant qui te fait la leçon comme j'ai trop tendance à la faire. C'est le site libre. C'est le site où on fait ce qu'on veut, où on dit ce qu'on veut, même si on fait des jeux de mots pourris mais "trop rogolos" (j'adore cette expression de Vince !!) sur le film Ring ("tu est tendu comme un STIIIIING, je mange une meuRIIIING, DRIIIIING". Voir le reste sur l'article consacré au film), où Oliver se fait saboter sa drague avec Tinalakiller par Borat (aaah ces interminables dialogues sur la douceurs des épaules de Borat et sur sa qualité de danseur ! Des parties de rigolades non-sensiques dignes des Monty Python !) où tout le monde vient dans l'idée de parler de cinéma mais… bizarrement.

Donc vu que Naveton n'est pas un site triste mais un site marrant, y a pas de raison de chialer quand on le ferme, vu qu'on va au contraire se souvenir des fois où on s'est le plus marré et puis se retrouver tous sur notre Saint-Jean d'Acre de la nanarophilie : Ciné Borat. Et c'est reparti ! Et même si Borat venait à fermer son site, croyez-moi, je continuerais de porter le flambeau que vous m'avez transmis. "S'il n'en reste qu'un, je serais celui-là" disait Victor Hugo dans les splendides Châtiments. Mais je préfère m'en référer à ce que nous dit Borat dans les commentaires (je suis trop nul pour formuler moi-même mes sentiments alors je les pique aux autres) : "Camarde, ce fut un plaisir du début à la fin"

Je ne sais que dire d'autre pour clore une belle histoire d'amitié entre des passionnés de cinéma et un cinéphile bougon vieux avant l'heure qui, comme Clint Eastwood dans Gran Torino (mais moi je n'ai pas de carabine !), s'est ouvert au monde. Et, je crois l'avoir beaucoup dit, c'est grâce à des personnes aussi attentionnés, douces et sympathiques que Vince (désolé pour mes commentaires d'insulte), Borat (désolé aussi !) et Oliver (je n'ai jamais offensé un dieu). Et ils ne sont pas seuls, tous ceux que j'ai rencontré sur le blog sont aussi passionnés, aussi passionnant et j'aimerais un jour vous voir. Ce serait tellement marrant !

Bon, je ne vais pas vous ennuyer d'avantage.

Au revoir et merci,

HDEF… (et ça continue)

 Oui ça continue parce que un jour ou l'autre, Oliver, au moment où tu t'y attendras le moins, je surgirais sur le blog et je te dirais : OUI, J'AI VU PHILOSOPHY OF A KNIFE ! Et là, tu me féliciteras, et tu te prosterneras devant moi !


04 novembre 2014

Hotel Inferno

hotel inferno

 

genre: horreur, gore trash (interdit aux moins de 16 ans)
année: 2013
durée: 1h20

l'histoire: Le tueur à gages Frank Zimosa vient d’être embauché pour une mission incensément rentable par le riche et puissant Jorge Mistrandia. L’objectif: tuer deux personnes qui se cachent dans un de ses hôtels européens. Mais il ne sera pas seul sur place.   

La critique d'Alice In Oliver:

Cela fait déjà plusieurs semaines que Naveton Cinéma vous parle de Giulio De Santi, un réalisateur qui s'est fait connaître auprès des amateurs du cinéma trash avec Adam Chaplin et Taeter City. Vient également s'ajouter Hotel Inferno, sorti en 2013.
Depuis quelques années, Giulio de Santi et sa petite équipe (la société de production Necrostorm) cherchent clairement à se démarquer par leur univers et leurs pellicules gores et complètement chtarbées. D'une certaine façon, Giulio De Santi et son équipe signent le grand retour du cinéma d'horreur italien, et tant mieux !

Pourtant, les films de Necrostorm n'ont pas grand-chose à voir avec l'ambiance gothique et putride des longs-métrages de Dario Argento ou encore d'un Mario Bava. En vérité, avec Adam Chaplin et Taeter City, Giulio De Santi mélangeait habilement le trash, le cinéma d'horreur asiatique (version torture porn), la culture manga et un état d'esprit qui n'est pas sans rappeler les productions Troma (entre autres, Toxic Avenger). Encore faut-il tenir les promesses annoncées.
Pour le moment, Taeter City reste la grande réussite de De Santi et de Necrostorm. Le film s'est taillé une solide réputation sur la Toile.

 

Hotel-Inferno-2013-Movie-Necrostorm-Extreme-4

 

Hélas, il faut bien le reconnaître: Hotel Inferno n'est pas la hauteur de son modèle. Personnellement, je le trouve même inférieur à Adam Chaplin. Pire encore, on a du mal à retrouver la folie et l'originalité d'un Adam Chaplin. En l'occurrence, avec Hotel Inferno, De Santi et son équipe ne renouent pas forcément avec la culture manga. En vérité, Hotel Inferno est très inspiré par l'univers du jeu vidéo.
Impossible de ne pas penser à Resident Evil et surtout à Doom. Visiblement, Giulio De Santi a passé des heures devant ce jeu vidéo. Cela se ressent immédiatement à la vision d'Hotel Inferno. Rappelons que Doom et Resident Evil ont fait l'objet d'une voire plusieurs adaptations au cinéma.

En l'occurrence, Giulio De Santi décide de revisiter le célèbre jeu vidéo à sa sauce et avec un scénario totalement différent. Attention, SPOILERS ! Le tueur à gages Frank Zimosa vient d’être embauché pour une mission incensément rentable par le riche et puissant Jorge Mistrandia.
L’objectif: tuer deux personnes qui se cachent dans un de ses hôtels européens. Mais il ne sera pas seul sur place
. Autant le dire tout de suite: dès les premières secondes, le film se démarque par sa réalisation à la première personne. Par conséquent, Hotel Inferno est filmé en caméra subjective. Vous ne verrez jamais le visage du héros principal, mais seulement ses mains et à la rigueur parfois ses pieds !

 

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En gros, soit on adhère à la réalisation si particulière du film, soit on déteste ! Personnellement, je reste assez mitigé. Certes, au risque de me répéter, Hotel Inferno fonctionne comme un jeu vidéo et n'est pas sans rappeler (énormément) Doom, sauf qu'il n'est pas question ici d'extraterrestres moisis. Mais Frank Zimosa est un tueur à gages qui va évoluer dans un décor particulier, affronter de nombreux ennemis et trouver de nouvelles armes au fur et à mesure qu'il progresse dans le film.
Au moins, contrairement à l'adaptation de Doom au cinéma, Hotel Inferno a le mérite de délivrer largement la marchandise.

Sur ce dernier point, Hotel Inferno se montre particulièrement généreux. Vous aimez le gore qui tâche et qui pique les yeux ? Vous aimez les têtes qui explosent et le sang qui jaillit à n'en plus finir de crânes totalement écervelés ? Alors, Hotel Inferno est fait pour vous.
Indéniablement, le film séduira les amateurs du cinéma trash qui seront ici en terrain connu et quasiment conquis. Hélas, Hotel Inferno se montre assez répétitif dans l'ensemble. Pourtant, le film est d'une courte durée mais un tel concept ne peut réellement fonctionner que sur une bonne petite demi-heure. Au bout d'un moment, les différentes effusions de sang (encore une fois très gores) ne parviennent plus à surprendre. Enfin, malgré ses indéniables qualités, Hotel Inferno ne possède pas les qualités ni l'originalité d'un Taeter City, qui reste pour le moment la grande réussite de Giulio de Santi et de Necrostorm.

Note: 10/20

02 novembre 2014

La Mémoire Meurtrie/Memory Of the Camps

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genre: documentaire
Durée: 1h05
Année: 1945/1985

Synopsis: L'histoire d'un film, intitulé Memory of the Camps de Sydney Bernstein et supervisé par Alfred Hitchcock en 1945, qui devait être réalisé pour montrer l'horreur et les atrocités commises dans les camps de la mort. Hélas, le film ne verra jamais le jour ou presque. Il faudra attendre 1985 avant de voir le documentaire débarquer sur les écrans. 

La critique d'Alice In Oliver:

Difficile de raconter un film tel que La Mémoire Meurtrie, de son titre original, Memory of the Camps, qui n'est pas vraiment un "film" mais plutôt un documentaire. Tout d'abord, ce long-métrage a une histoire et s'inscrit dans un contexte particulier. Sydney Bernstein est un caméraman de l'armée britannique. Il est chargé de réaliser un film sur la libération des camps de concentration.
Dans un premier temps, il filme et recueille de nombreuses séquences du camp de Bergen-Belsen. Bien sûr, le réalisateur s'attendait à filmer des horreurs. Le seul problème, c'est que l'horreur dépasse l'entendement.

Très vite, Sidney Bernstein ne veut pas seulement réaliser un film sur la libération du camp de Bergen-Belsen. Il veut réaliser un témoignage pour l'Histoire et le Devoir de Mémoire. Le but est également de réaliser un film qui soit le plus authentique possible. Il ne s'agit pas seulement de regrouper des archives et même des photographies ou clichés sur les camps de la mort.
En effet, Sydney Bernstein pense que certains allemands pourraient contester la véracité de ces mêmes photographies. Après avoir filmé plusieurs séquences de libération de différents camps de concentration, Sydney Bernstein fait appel à Alfred Hitchcock pour superviser et monter le film.

 

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Le réalisateur britannique est horrifié par les images qu'il découvre. Le monde entier doit être alerté sur les atrocités commises par le régime nazi et le processus d'extermination des juifs. A l'époque, le but de La Mémoire Meurtrie est déjà de dénoncer la Solution Finale.
En ce sens, on peut voir ce film comme le précurseur de Nuit et Brouillard d'Alain Resnais. Hélas, le documentaire de Sydney Bernstein et d'Alfred Hitchcock ne verra jamais le jour. En effet, une fois le film présenté, le gouvernement anglais estime que toutes les séquences présentées risquent de choquer l'opinion publique. Ensuite, le contexte historique de l'époque ne se prête guère à montrer de telles horreurs.

En résumé, la vérité, aussi horrible soit-elle, ne peut être diffusée d'une manière aussi dure. A l'époque, les Alliés ont d'autres priorités, notamment de restaurer la paix le plus vite possible et opérer un processus de dézanification. L'Allemagne est K.O. debout et ce n'est pas le moment de diffuser de telles images, tout du moins, c'est l'avis des différents gouvernements européens de l'époque.
Ecoeuré, Sydney Bernstein se battra pendant des années pour que son film soit diffusé. Finalement, le réalisateur est prié de se taire et son documentaire est finalement interdit puis censuré. Encore une fois, il faudra attendre quarante années, donc 1985, pour que La Mémoire Meurtrie soit enfin diffusée.

 

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Le film s'ouvre sur une marche effectuée par Hitler devant une foule allemande. Pour le reste, La Mémoire Meurtrie réunit non seulement des séquences filmées par Sydney Bernstein lui-même (en l'occurrence la libération du camp de Bergen-Belsen), mais aussi des scènes filmées par les Alliés et l'Armée Rouge lors de la libération de différents camps de la mort, notamment Dachau, Buchenwald, Matthausen ou encore Auschwitz. En contact avec ces caméramen, Sydney Bernstein demande à ce que l'on filme tous les détails. La réalité doit être montrée, non seulement aux allemands mais en monde entier.
Le film s'appuie également sur divers témoignages des rares survivants des camps de la mort.

Dans ces différentes interviews, on nous parle évidemment des conditions de vie (ou plutôt de mort) dans les camps de concentration: des corps qui s'entassent par milliers, la puanteur, la tuberculose, les poux, une hygiène totalement absente, la famine, des cadavres tellement amaigris qu'ils ressemblent à des statues pétrifiées, les poux et bien sûr le typhus.
D'ailleurs, au moment où les camps sont libérés, les rares survivants sont pris en charge. Quand on commence à les nourrir, certains meurent car leurs organismes ne sont plus habitués à avaler de la nourriture.

 

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Les biens des Juifs étaient également récupérés par les officiers allemands: bracelets, bijoux, des livres et même des dentiers. Aucun objet n'est laissé au hasard. Certaines peaux de Juifs sont même utilisées pour confectionner des abats-jours. On retrouve même des têtes de prisonniers qui ont servi d'expérience et qui ont été réduites. Chaque jour, ce sont des centaines voire même des milliers de juifs qui partent en fumée dans les chambres à gaz. Le film de Sydney Bernstein montre déjà qu'il existe deux sortes de camp: les camps de concentration et les camps de la mort.
Sur ce dernier point, Auschwitz nous est présenté comme une véritable entreprise de la mort qui réduit ses prisonniers à l'esclavage, à la famine et à la mort.

A Auschwitz, la durée maximale de vie d'un Juif ne doit pas dépasser les trois mois d'existence. Dans ce genre de camp, les hommes et les femmes sont évidemment séparés. A partir de là, les officiers allemands opèrent à une sorte de sélection sur le "tas": certains juifs sont condamnés à travailler dans des conditions épouvantables.
Les autres sont priés de prendre un bain, tout du moins c'est ce qu'on leur dit afin d'éviter la panique. En vérité, ils sont gazés en quelques minutes. Par la suite, les corps sont brûlés. A Auschwtiz, on massacre 10 à 15 000 déportés par jour, et principalement des vieillards, des enfants et des jeunes femmes. Seuls les enfants qui sont des vrais jumeaux sont épargnés.

 

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En réalité, ils servent d'expérience pour les nazis. Parfois, il y a bien sûr quelques représailles de prisonniers, mais les nazis organisent des pendaisons publiques pour calmer les ardeurs. Bref, La Mémoire Meurtrie multiplie ce genre de témoignage choc. Réalisé en 1945, Memory of the Camps sera finalement rangé dans les archives de l'Imperial Museum of War.
Autant le dire, le film est vraiment brutal: il montre la réalité telle qu'elle a été filmée lors de la libération des camps. Le documentaire ne montre pas seulement des cadavres, des corps mutilés, brûlés ou encore des fosses ressemblant à de véritables cimetières.
Memory of the Camps montre également les autorités débarquer dans les camps et découvrir l'horrible vérité, celle qu'ils ont nié durant de nombreuses années. Autre révélation choc: le film dénonce l'aveuglément volontaire des différents gouvernements face à l'extermination massive des juifs dans les camps de la mort. Bref, un documentaire éprouvant qu'il conviendra de réserver à un public particulièrement averti.

Note: 20/20

01 novembre 2014

Remo Sans Arme et Dangereux

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genre: action
année: 1985
durée: 2 heures

l'histoire: Lors d'un règlement de compte, un policier new-yorkais est laissé pour mort. Ayant survécu à ses blessures, il est confié à un vieil asiatique qui lui enseigne un art martial coréen : le Sinanju. Malgré lui, cet ancien flic est ensuite engagé dans une organisation secrète du gouvernement. Il change alors d'identité et devient un redoutable tueur du nom de Remo Williams.   

La critique d'Alice In Oliver:

Guy Hamilton est un réalisateur compétent et un honnête artisan du cinéma. On le connaît surtout pour quelques James Bond: Goldfinger, Vivre et laisser mourir, Les Diamants sont éternels et L'Homme Au Pistolet d'Or. Visiblement, le cinéaste aime les agents secrets et les aventuriers.
Preuve en est avec Remo: sans arme et dangereux, réalisé en 1985. Le long-métrage est aussi l'adaptation d'une série de romans, L'Implacable, de Roger Sapir et Warren Murphy. A priori, le but était de réaliser plusieurs films (au moins une trilogie). Hélas, Remo: sans arme et dangereux passera totalement inaperçu au cinéma.

Le film ne rencontrera pas non plus un grand succès critique. La presse se montre peu élogieuse et qualifie le film de nanar. On peut parler d'une sorte de croisement entre Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin, James Bond et Indiana Jones.
En l'occurrence, la comparaison avec le film de John Capenter (donc Les Aventures de Jack Burton...) semble la plus appropriée, déjà parce qu'il s'agit d'un long-métrage méconnu et plus ou moins confiné dans l'oubli. Reste à savoir si Remo mérite autant de mauvais qualificatifs. Autant le dire tout de suite: oui, le film est un nanar, mais un nanar particulièrement sympathique et terriblement attachant.

 

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Malgré ses nombreux défauts, j'aurais plutôt tendance à l'apprécier mais j'y reviendrai. Au niveau de la distribution, ce film d'action ne réunit pas d'acteurs très connus. Seul Fred Ward fait véritablement exception. Attention, SPOILERS ! Samuel Makin, un policier coriace, est officiellement tué dans l'exercice de ses fonctions. En réalité, sa mort a été maquillée par une organisation secrète pour le recruter. Cette organisation a pour but de protéger la Constitution américaine sans toutefois la respecter. Désormais appelé Remo, notre héros devient le bras armé de cette organisation, après avoir été formé par un vieil oriental, Maître Chiun.

Ce dernier appartient à une ancienne lignée d'assassins coréens et entreprend de lui enseigner le Sinanju ("pression sur les centres nerveux"), ancêtre de tous les arts martiaux. Au fur et à mesure de son apprentissage, Remo acquiert des capacités extraordinaires.
Encore une fois, Remo se situe dans la grande tonalité des films d'action et d'aventure des années 1980: une petite touche de James Bond, un faux air d'Indiana Jones et surtout un héros qui n'est pas sans rappeler le cas de Jack Burton (comme je l'ai déjà souligné). Au même titre que son modèle, Remo est un homme sans histoire mais un policier droit et compétent.

 

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Suite à un réglement de compte, Remo est pris en main par une organisation secrète. Le film se divise alors en deux segments bien distincts. Dans le premier, Remo est entraîné par un maître coréen. C'est la partie la plus drôle et aussi la plus intéressante du film.
Dans cette section, le film s'apparente à une sorte de voyage initiatique. Initié aux arts martiaux et aux plus grands secrets de Shaolin (bonjour les clichés !), Remo devient un tueur redoutable. Toutefois, il se différencie d'Indiana Jones et consorts. Il n'aime pas les armes à feu et doit faire appel à la force de l'esprit pour vaincre ses adversaires.

C'est ainsi qu'il apprend à éviter les balles. Non, vous ne rêvez pas: Matrix n'a strictement rien inventé. Evidemment, Remo n'a pas les mêmes prétentions et surtout le même budget. A partir de là, le long-métrage dégage un certain charme mais aussi une grande naïveté.
Visiblement, Guy Hamilton a bien conscience du ridicule de certaines situations. En gros, l'humour est très présent dans le film. Au moins, Remo a le mérite de ne jamais se prendre au sérieux. Dans la seconde partie, le film se tourne davantage vers l'action et l'aventure.
Sans être particulièrement transcendant, Fred Ward fait le job mais n'a pas non plus le charisme d'un Sean Connery ou d'un Harrison Ford. C'est aussi le point faible du film. Notre héros se fait presque piquer la vedette par son maître et son accent asiatique à coucher dehors !
A ce sujet, la version française est à se pisser dessus ! A cela, s'ajoutent de nombreuses situations cocasses et totalement invraisemblables. Pourtant, au risque de me répéter, Remo possède ce grain de folie qui fait toute la différence: un nanar jubilatoire en fin de compte et aussi un plaisir coupable.

Note: 10/20 (c'est généreux mais...)
Note nanardeuse: 15/20


"Remo sans arme et dangereux" vu par Yannick... par tonton_bdm

27 octobre 2014

Nuit Noire (2014)

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genre: horreur, épouvante 
année: 2014
durée: 8 minutes environ

l'histoire: Ethan, un lycéen, fait un pari avec deux de ses copains: ce soir, il va se rendre au cimetière pour prendre une photographie. Hélas, une fois sur place, l'atmosphère est pour le moins inquiétante.  

La critique d'Alice In Oliver:

Pour commencer cette chronique, rappelons un peu les faits: le réalisateur français, Jean-Luc Baillet, a contacté Naveton Cinéma, le blog ciné le plus nul du net, pour nous présenter son court-métrage, Nuit Noire, produit par Arkham Production. Le cinéaste a donc fait appel à nos services pour une petite chronique de son second court-métrage, après Contretemps (donc son tout premier film).
Nuit Noire a été présentée dans différents festivals: A Night of Horror International Film Festival en Australie, le Festival des Ciné' Méliès à Hazebrouck, le Festival Retour à l'Anormal à la Rochelle ou encore à l'Underground Monster Carnival à Oklahoma City.

Evidemment, le format étant assez court (je le rappelle, 8 minutes), le scénario n'est pas très difficile à comprendre. Attention, SPOILERS ! Ethan, un lycéen, fait un pari avec deux de ses copains (François et Noah): ce soir, il va se rendre au cimetière pour prendre une photographie. Hélas, une fois sur place, l'atmosphère est pour le moins inquiétante.
En effet, très vite, Ethan doit affronter une présence maléfique. Difficile d'en dire davantage. Visiblement, Jean-Luc Baillet aime l'univers et les romans d'H.P. Lovecraft. Que les choses soient claires: la partie "lycéenne" du court-métrage et ses dialogues "pubères" ne sont pas forcément les aspects les plus convaincants.

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Jean-Luc Baillet nous montre enfin l'étendue de son talent quand la lumière cède la place au noir total. Rien à redire sur la qualité de la photographie et de la réalisation, en sachant que le réalisateur doit composer avec les moyens du bord (soit la totalité d'un SMIC albanais).
Parmi les influences du film, nous avons déjà cité H.P. Lovecraft, mais impossible de ne pas songer aux productions de la Hammer avec cette ambiance à la fois gothique, inquiétante et putride, comme pour marquer cette frontière étroite entre le néant et notre monde réel. Certes, ce n'est pas Nuit Noire qui va nous provoquer des frissons ou des cauchemars, mais nulle doute que Jean-Luc Baillet est appelé (dans un proche avenir) à nous faire rêver.

Note: 15/20


21 octobre 2014

15: The Movie

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Genre: drame, inclassable (interdit aux - 18/21 ans)
année: 2003
durée: 1h30

L'histoire: Cinq adolescents de Singapour sur la voie de la marginalisation errent dans les rues, déscolarisés, livrés à eux-mêmes. Sans complaisance, on suit leurs dérives dans le sexe, la drogue, la violence et la dérision.  

la critique d'Alice In Oliver:

Attention, film choc aujourd'hui sur Naveton Cinéma ! Bon, ce n'est pas une première: le blog vous présente régulièrement de oeuvres étranges, trash, scandales et polémiques dans ses lignes. Mais là, 15: The Movie, réalisé par Royston Tan en 2003, a un statut très particulier.
En effet, le film a carrément écopé d'une interdiction aux moins de 21 ans. Oui, vous avez bien lu: pas une interdiction aux moins de 16 ans ni aux moins de 18 ans, mais 21 ans ! A l'origine, 15: The Movie est l'adaptation d'un court-métrage, tout simplement intitulé 15 et déjà réalisé par les soins de Royston Tan. Le court-métrage est présenté dans différents festivals et remporte un joli succès.

Mieux encore, 15 (donc le court-métrage) provoque déjà la polémique puisque le film nous présente le quotidien réel de cinq adolescents de Singapour. Avec 15: The Movie, Royston Tan reprend le même concept mais amplifie davantage son sujet avec une durée de 90 minutes de bobine.
Au moment de sa sortie dans son pays (donc Singapour, au cas où vous n'auriez pas suivi...), 15: The Movie fait l'effet d'une bombe. En l'occurrence, Royston Tan reprend toujours la même idée: le film s'attache à suivre le quotidien de cinq adolescents de Singapour. Nos héros ne sont donc pas des acteurs mais des finalement des ados qui jouent leur propre rôle.

 

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Attention, SPOILERS ! Cinq adolescents de Singapour sur la voie de la marginalisation errent dans les rues, déscolarisés, livrés à eux-mêmes. Sans complaisance, on suit leurs dérives dans le sexe, la drogue, la violence et la dérision. Visiblement, Royston Tan poursuivra les hostilités avec 4:30, 881 et 12 Lotus qui s'inscrivent dans la tonalité de 15: The Movie.
Reste à savoir si le film mérite ou non son interdiction aux moins de 21 ans. Que les choses soient claires: ne vous attendez pas (mais alors pas du tout) à voir un long-métrage dans le style des grands films gores et barbares de ces dernières années.

15: The Movie n'a strictement rien à voir avec la violence d'un Philosophy of a Knife ou de A Serbian Film par exemple. Alors comment expliquer l'interdiction aux moins de 21 ans ? Premièrement, le film est sorti à Singapour et donne une vision particulièrement sordide et subversive de la jeunesse de son pays. A priori, la censure locale n'a pas vraiment, du tout apprécié.
Pire encore, dans un premier temps, 15: The Movie est carrément interdit de projection dans les salles. Ensuite, Royston Tan suit le quotidien réel de cinq vrais adolescents (tous âgés de 15 ans d'où le titre du film) paumés dans la jungle urbaine de Singapour.

 

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Certes, 15: The Movie est bel et bien un film, mais le long-métrage se veut être aussi une sorte de documentaire qui soit le plus réaliste possible. Par conséquent, la violence de 15: The Movie ne réside pas vraiment dans sa forme mais surtout dans son fond et ses thématiques qu'il aborde de façon brutale et sans aucun tabou. En ce sens, Royston Tan pourrait s'apparenter à une sorte de Larry Clark dans son pays. Finalement, 15: The Movie n'est pas sans rappeler Kids, à la seule différence qu'il est beaucoup plus réussi. Mais le film est aussi déconcertant.
Tantôt réalisé comme un documentaire coup de poing, tantôt réalisé comme un clip, 15: The Movie se veut totalement surréaliste.

En même temps, pour Royston Tan, le fait qu'un pays puisse laisser cinq adolescents totalement livrés à eux-mêmes tient de l'absurdité totale. Cette même absurdité caractérise finalement la société singapourienne toute entière. Tel est le message du film.
Même les adultes et la police sont devenus aveugles au sort de ces adolescents qui tentent de s'en sortir dans cette jungle en proie aux voyous, aux gangs, aux règlements de compte, à la drogue, aux "shoots" à la colle, aux bastons régulières qui se déroulent dans les couloirs sordides d'une rame de métro et donc à la violence. En résulte un long-métrage totalement inclassable, "OFNI" et indéniablement polémique.

Note: ?

18 octobre 2014

Love Story

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Genre: drame, Kleenex
année: 1970
durée: 1h40

L'histoire: Un homme issu d'une famille aisée, étudiant en droit à Harvard, rencontre une jeune fille à la bibliothèque où elle travaille pour payer ses études. Malgré le fait qu'ils appartiennent à des classes sociales différentes leur amour devient plus fort que tout mais sera soumis aux épreuves de la vie.  

la critique d'Alice In Oliver:

Ah le voilà le "Film" culte de toute une génération de pleurnichards... pardon... de personnes sensibles... J'ai nommé Love Story, réalisé par Arthur Hiller en 1970. Bon avant toute chose, je préfère vous prévenir: pour cette chronique, la société Kleenex m'a contacté pour promouvoir la vente de leurs mouchoirs. Ne vous étonnez donc pas si vous voyez régulièrement la photo suivante:

 

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Car oui, Love Story est avant tout un drame, un film poignant, mélancolique et d'une tristesse insondable. Donc pour lire les lignes qui vont suivre et l'intégralité de cette chronique, je vous demanderai de bien préparer vos mouchoirs, si possible des Kleenex... Tant qu'à faire !
Au niveau de la distribution, Love Story réunit Ryan O'Neal, Ali MacGraw, John Marley, Ray Milland et Tommy Lee Jones. On ne présente plus cette véritable tragédie filmique à vous faire sortir des larmes de tous les orifices possibles et imaginables.

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Love Story remportera un immense succès au moment sa sortie. Le public est ému aux larmes les plus profondes (par là, comprenez que les larmes coulent à flot) et la critique est plutôt positive. Mieux encore, le film remporte plusieurs Golden Globes: meilleur film dramatique, meilleure actrice pour Ali Mac Graw, meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleure musique originale.
Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes de l'histoire. Attention, SPOILERS ! Et merci encore une fois de préparer vos mouchoirs Kleenex !

 

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Oliver Barrett descend d’une grande lignée de diplômés de Harvard riches et éminents. Il éprouve le coup de foudre pour Jennifer Cavalleri, une Américaine d’origine italienne, pauvre et catholique, étudiante en musique, à Radcliffe. Dès la fin de leur année universitaire, ils décident de se marier en dépit de l’avis du père d’Oliver, qui se brouille avec son fils.

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Privé de l’aide financière de son père, le jeune couple lutte pour pouvoir payer les études d’Oliver en école d’avocats. Finalement, ce dernier sort troisième de sa promotion, et obtient un travail très bien payé dans une firme d’avocats à New York, tandis que Jennifer enseigne la musique dans une école privée. Au vu de leurs revenus à présent élevés, mari et femme, tous deux 24 ans, décident de faire un enfant. Mais le succès ne vient pas, et après un certain nombre d'essais, ils consultent un spécialiste, qui, après de nombreux tests sanguins, informe Oliver que Jennifer a une leucémie et est condamnée à très court terme.

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Oliver essaie de se comporter « normalement » selon les conseils du docteur, sans en parler à Jennifer, mais celle-ci l’apprend toutefois par un autre médecin. Jennifer décide d’aller à l’hôpital pour commencer une thérapie contre le cancer, et Oliver commence à manquer d’argent pour payer l'hôpital. Désespéré, il va demander l'aide financière de son père, arguant d’une bêtise avec une fille.

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Vous l'avez donc compris: Love Story est un film profond et plus complexe qu'il n'y paraît. D'ailleurs, on relève même des dialogues à couper le souffle obligeant le spectateur à faire appel à ses plus grandes capacités intellectuelles. C'est par exemple le cas lorsque la grognasse... pardon la femme d'Oliver répond à son mari: " L'amour, c'est n'avoir jamais à dire qu'on est désolé ".

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Bon soyons honnête et un peu plus sérieux quelques secondes. Le scénario de Love Story est évidemment simpliste. C'est probablement la raison pour laquelle le film parle à tout le monde. L'histoire est finalement assez banale. Un fils à papa décide de se rebeller contre le joug de son paternel. Contre l'avis général, il épouse une sorte de Cosette des temps modernes.
Oliver et Jennifer vivent un amour passionné. Eperdument amoureux l'un de l'autre, ils vivent des jours heureux et paisibles. C'est le grand amour quoi, le coup de foudre et la passion absolue voire démesurée. Oui mais voilà, alors que le jeune couple tente d'avoir un enfant, qui serait le fruit de leur amour, Jennifer est victime d'un cancer et plus précisément d'une leucémie (Je renvoie au synopsis).

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Indéniablement, Arthur Hiller joue à fond la carte du mélodrame. Il tire même un peu trop... pardon beaucoup... et même énormément sur l'ambulance. Il est donc question ici de classe sociale et d'ascension dans la société. Le fait qu'Oliver soit issu de la bourgeoisie n'a rien du hasard. Cela renforce évidemment l'aspect dramatique.
A cela s'ajoute une histoire alternative (peu passionnante pour être gentil) entre un fils et son père. Evidemment, Jennifer est rejetée par la famille d'Oliver, et ce dernier rejette à son tour ses parents.

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Comme tous ces détails ne sont pas suffisants et qu'il faut à tout prix nous faire verser quelques larmes supplémentaires, le film s'attarde largement sur l'histoire d'amour entre Jennifer et Oliver. Comme je l'ai déjà souligné, les deux tourtereaux s'aiment et sont éperdument amoureux.
Même dans les disputes, les désaccords et les épreuves de la vie, ils restent fous amoureux l'un de l'autre. C'est finalement l'annonce d'une leucémie qui va mettre le couple face à un destin funeste et inextricable.

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Rien n'aurait pu séparer Oliver et Jennifer. Je dis bien ABSOLUMENT rien, mais alors rien du tout quoi ! Pas même la différence de classe sociale ou encore le mépris et l'indifférence des parents d'Oliver. Oui, mais voilà, il y a la mort ! Il y a les couloirs d'hôpital, les examens, la souffrance, la solitude, l'incompréhension, les examens médicaux, les pleurs et bien sûr la musique lancinante (mais culte) et ultra dramatique au possible sur fond de notes de piano dézinguées du bulbe (je viens d'inventer l'expression) de l'ami Francis Lai.

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Alors si après ça, vous n'avez toujours pas chialé (et quand je dis chialer, ça doit même couler de vos oreilles et d'ailleurs... Je ne préciserai pas l'endroit en question...), c'est que vous êtes parfaitement insensibles ! Oui vous avez bien lu, des insensibles !
Parce que voir ce couple tellement heureux et joyeux batifoler dans la neige, partager une étreinte, un câlin et toutes ces partie de rigolade (et le tout filmé au ralenti, juste histoire de), c'est tellement triste, mélancolique, larmoyant... Les mots me manquent... Désolé, je pleure et je n'arrive plus à retenir mes larmes...

Note: 

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15 octobre 2014

3615 Code Père Noël

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genre: thriller (interdit aux - 16 ans)
année: 1990
durée: 1h25

l'histoire: Un jeune garçon se retrouve nez à nez avec un psychopathe déguisé en père-noël. Quand le monde de l'enfance rencontre celui de l'horreur.     

La critique d'Alice In Oliver:

Evidemment, tout le monde se souvient de Maman, j'ai raté de l'avion de Chris Colombus et avec l'affreux Macaulay Culkin, sorti en 1990, et qui voyait un petit gamin braillard donner la leçon à deux petits voyous sans envergure. En revanche, personne ne se rappelle de 3615 Père Noël, réalisé par René Manzor et sorti lui aussi en 1990. D'une certaine façon, on pourrait considérer 3615 Père Noël comme le "Maman, j'ai raté l'avion" français, bien qu'il soit sorti quelques mois plus tôt.
Voilà qui a le mérite de faire peur. Et puis il y a ce titre franchement ridicule: 3615 Code Père Noël. Non franchement, là les mecs, on tient normalement un très gros nanar.

Et bien non, 3615 Code Père Noël n'est pas un nanar, encore moins un navet. Mieux encore, il s'agit même d'un bon film. J'hésite presque à dire "un très bon film". En tout cas, une chose est sûre: on tient ici une véritable rareté et un OFNI (objet filmique non identifié) du cinéma français.
En vérité, c'est 3615 Code Père Noël qui aurait dû rencontrer le succès du film de Chris Colombus. Hélas, au moment de sa sortie, 3615 Code Père Noël passera presque totalement inaperçu au cinéma et restera plus ou moins confiné dans l'oubli. Au niveau de la distribution, le film réunit Alain Musy, Brigitte Fossey, Louis Ducreux et Patrick Floersheim.

 

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René Manzor n'est autre que le frère de Francis Lalanne. On lui doit notamment Le Passage, un très gros navet fantastique avec Alain Delon et déjà le petit Alain Musy. Certes, comme je l'ai déjà souligné, 3615 Code Père Noël se fera voler la vedette par Maman, j'ai raté l'avion.
Là aussi, nous sommes en présence d'un "Home Invasion", mais la comparaison s'arrête bien là. J'y reviendrai... Toujours est-il que 3615 Code Père Noël s'est taillé avec le temps une certaine réputation, à tel point que les fans parlent aujourd'hui d'un film culte. Avant toute chose, il est nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario.

Attention, SPOILERS ! Thomas, 9 ans, a deux passions : l'informatique et les super-héros du style de Rambo. Mais il croit encore au Père Noël. Au grand désespoir de sa mère et de son grand-père, il a transformé le château familial en terrain de jeux : des caméras de surveillance dans toutes les pièces, des pièges, des trappes, des filets, un énorme passage secret rempli de jouets.
Le soir du 24 décembre, Thomas attend, caché sous la table, l'arrivée du Père Noël, bien décidé à le capturer. Mais sous la houppelande rouge se cache un psychopathe, avec qui Thomas a discuté sur le minitel.

 

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Le psychopathe a été renvoyé de son travail de père Noël par la mère de Thomas, directrice d'un magasin de jouets. Un duel effréné oppose l'enfant au tueur. Que les choses soient claires: bien que l'histoire soit assez similaire à celle du film de Chris Colombus, 3615 Code Père Noël est finalement l'antithèse de Maman, j'ai raté l'avion. Par là, comprenez que 3615 Code Père Noël ne s'adresse pas particulièrement aux jeunes bambins. D'ailleurs, le film a justement écopé d'une interdiction aux moins de 16 ans. René Manzor prend son temps pour planter le décor, un immense manoir, et ses personnages.
Nous faisons donc la connaissance de Thomas, passionné par Rambo et qui commence à douter de la réelle existence du Père Noël.

Qu'à cela ne tienne, un psychopathe de la région ne va pas tarder à prendre l'apparence du gros barbu pour s'immiscer dans le manoir et semer la terreur. Et le serial killer ne plaisante pas. Il ne vient pas là pour voler de l'argent mais pour massacrer toute la famille !
Le thème du Père Noël psychopathe n'est pas nouveau au cinéma. C'est presque un genre à lui tout seul. Au hasard, comment ne pas citer la saga Douce Nuit Sanglante Nuit ? A partir de là, 3615 Père Noël prend la forme d'un film d'aventure mais s'apparente aussi à un slasher, parfois très violent et qui s'adresse donc à un public averti.

 

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Surtout, le film exploite parfaitement son (presque) unique décor (je le rappelle, un immense manoir) et nous présente un héros, donc Thomas, un gamin de 9 ans. Surtout, sur le fond, 3615 Code Père Noël est un film intelligent qui traite du délicat passage de l'enfance à l'adolescence.
Ici, la figure du Père Noël se transforme en entité démoniaque. Il s'agit finalement du combat d'un jeune gosse pour préserver ce qui reste encore lui d'enfantin. Pourtant, il doit affronter ses démons intérieurs et mener une guerre avant tout sur lui-même. Indéniablement, 3615 Code Père Noël possède son propre style et surtout une ambiance solide, encore une fois très éloignée avec Maman, j'ai raté l'avion. Bref, on tient ici un très bon film français, culotté, violent et qui, malheureusement, passera totalement inaperçu en son temps.

Note: 15/20

 

14 octobre 2014

Tout Ce Que Vous Avez Toujours Voulu Savoir Sur le Sexe... (Sans jamais oser le demander)

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Genre: comédie (interdit aux - 16 ans)
année: 1972
durée: 1h25

l'histoire: Le film se divise en sept sketches:
1) Le fou du roi se coince la main dans la ceinture de chasteté de la reine ;
2) Milos, patre grec, est amoureux d'une brebis ;
3) Gina ne trouve le plaisir que dans une situation dangereuse ;
4) Sam adore se déguiser en femme ;
5) "Quel est mon vice" est une populaire émission de télévision ;
6) Un sein gigantesque s'echappe d'un laboratoire ;
7) Les émois d'un spermatozoïde en grandeur nature. 

la critique d'Alice In Oliver:

A l'origine, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe (sans jamais oser le demander), réalisé par Woody Allen en  1972, est l'adaptation d'un livre du même nom, écrit par le docteur Reuben en 1969. Le livre original a connu un très grand succès dans les librairies. L'acteur Elliot Gould et le producteur Jack Brodsky sont les premiers à s'y intéresser et à proposer une adaptation cinématographique. Mais les droits sont vendus à United Artists.
Woody Allen se charge d'écrire le scénario. Le film est alors conçu comme une vengeance envers le Docteur Reuben, qui, lors de la promotion du livre, utilisa une réplique de Prends l'oseile et tire-toi, déjà réalisé par Woody Allen, pour répondre à une question : « Le sexe est-il sale ? ».

Au niveau de la distribution, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir... réunit le même Woody Allen (à la fois devant et derrière la caméra), Burt Reynolds, Lou Jacobi, Louise Lasser, Anthony Quayle, Tony Randall, Lynn Redgrave, John Carradine et Titos Vandis.
Quant au scénario du film, il se divise en septs sketches:
1) Le fou du roi se coince la main dans la ceinture de chasteté de la reine: des aphrodisiaques permettent à un fou du roi de trouver la clé qui lui ouvrira les portes du cœur de la reine. Hélas, la tâche du fou ne sera pas si aisée et il devra affronter la suspicion d'un roi un peu trop jaloux.

 

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2) Milos, patre grec, est amoureux d'une brebis: Un patient se rend chez son médecin et reconnaît des actes contre nature avec sa brebis. D'abord consterné, le médecin finit par accepter de soigner l'animal mais tombe amoureux à son tour de la brebis.
3) Gina ne trouve le plaisir que dans une situation dangereuse: un mari pense que sa femme est frigide. Or, cette dernière ne trouve le plaisir que dans des lieux inattendus. 4) Sam adore se déguiser en femme: un père de famille se travestit depuis de nombreuses années, mais son secret est finalement découvert.

5) "Quel est mon vice" est une populaire émission de télévision: le fétichisme revisité par le monde de la télévision. Là sincèrement, je ne vois pas quoi dire de plus sur cette section. 
6) Un sein gigantesque s'echappe d'un laboratoire et sème très vite la panique. 
7) Les émois d'un spermatozoïde en grandeur nature ou comment le cerveau commande nos instincts les plus primitifs. Dès le premier sketch, Woody Allen a le mérite d'afficher les hostilités. Finalement, le sketch du fou du roi (amoureux de la reine) est aussi la seule section se déroulant au Moyen-Âge. Les autres chapitres se déroulent dans notre époque contemporaine.

 

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Dès le premier sketch, Woody Allen adopte un ton insolent et irrévérencieux. Pourtant, cette introduction, certes très drôle, annonce un second sketch encore plus osé, à savoir un médecin qui tombe amoureux de la brebis de son patient. Il est donc bien question ici de zoophilie.
C'est probablement la raison pour laquelle Tout ce que vous avez toujours voulu savoir... est interdit aux moins de 16 ans. Il ne faut pas oublier que le film a été réalisé dans les années 1970. Woody Allen aborde des sujets encore tabous à l'époque et dans une Amérique puritaine. J'ai déjà cité le thème de la zoophilie mais il est aussi question du travestisme, du fétichisme, du plaisir et du desir sexuel, ainsi que du chemin de l'orgasme.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir... s'inscrit donc dans un contexte de libération sexuelle. Certes, certains sketches sont inégaux. Par exemple, certaines sections auraient mérité quelques minutes de plus. Toutefois, impossible de ne pas rire devant cette comédie cynique, qui a tendance à partir dans tous les sens. On frôle souvent le vulgaire, notamment avec le gag du téton géant.
Mais peu importe, Woody Allen semble se faire plaisir et réalise probablement son film le plus insolent. Surtout, cette comédie aborde des sujets assez rares au cinéma, notamment celui du plaisir féminin. A juste titre, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir... est souvent considéré parmi les classiques de Woody Allen.

Note: 17/20

13 octobre 2014

Robinson Crusoé Sur Mars

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Genre: science fiction
année: 1964
durée: 1h50

l'histoire: Leur capsule spatiale ayant évité une collision avec un gigantesque météore, le commandant King Draper et la guenon Mona débarquent sur Mars où ils ne tardent pas à rencontrer des extraterrestres. 

la critique d'Alice In Oliver:

Evidemment, un tel titre, Robinson Crusoé sur Mars, réalisé par Byron Haskin en 1964, laisse songeur. Nouveau nanar en perspective ? En l'occurrence, il s'agit de la transposition sur la planète Mars du célèbre roman (donc Robin Crusoé) de Daniel Defoe.
Ensuite, Byron Haskin n'est pas le premier venu. On lui doit notamment la toute première version de La Guerre des Mondes en 1953, De la Terre à la Lune, L'Île au Trésor (1950), La conquête de l'espace ou encore Quand la Marabunta Gronde. Donc non, Robinson Crusoé sur Mars n'est pas un nanar, loin de là. C'est même un bon film de genre.

Au niveau de la distribution, pas grand chose à signaler, en dehors de la présence d'Adam West qui tient le rôle principal. Visiblement, Byron Haskin n'a pas oublié La Guerre des Mondes et nous ressort plus ou moins le mêmes vaisseaux spatiaux dans cette production aussi sincère que naïve.
Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario. Attention, SPOILERS ! 
Le commandant Kit Draper et le colonel McReady font une expédition sur Mars. Pour éviter une météorite, ils épuisent tout leur carburant et leur vaisseau reste en orbite autour de la planète. Ils descendent sur Mars, mais McReady meurt lors de l'atterrissage.

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Draper reste seul avec le singe Mona. Il parvient à survivre en découvrant que certains minéraux, sous l'action de la chaleur, produisent de l'oxygène. Il va ainsi se construire un abri dans une grotte. Jusqu'au jour où il découvre un squelette. Il voit ensuite arriver un mystérieux vaisseau extraterrestre. Draper s'approche et voit qu'il amène des esclaves extraterrestres pour exploiter le sous-sol de Mars. Indéniablement, Robinson Crusoé sur Mars est non seulement influencé par son modèle (donc le livre de Daniel Defoe) mais par les comics de l'époque.
On a parfois l'impression d'évoluer dans une bande dessinée ponctuée de superbes décors désertiques.

Déjà, à l'époque, Mars est considéré comme une planète hostile, froide, vide et à l'atmosphère quasi irrespirable. Pour survivre, le commandant Draper doit trouver refuge dans des grottes. Par un habile stratégème, il parvient à créer de l'oxygène en quantité suffisante.
Hélas, il doit faire face aux assauts récurrents de vaisseaux aliens. C'est alors qu'il fait la connaissance d'un extraterrestre (de forme humaine) anonyme. Draper le surnomme Vendredi. Peu à peu, les deux hommes vont devoir faire cause commune et lutter contre les envahisseurs. Robinson Crusoé sur Mars peut s'appuyer sur une ambiance solide marqué par l'isolement et la solitude.

 

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Ensuite, les séquences d'attaques extraterrestres sont franchement réussies et permettent d'apporter un certain suspense à un scénario un peu léger dans l'ensemble. C'est sûrement le plus gros défaut de cette pellicule. Dommage que Byron Haskin n'approfondisse pas davantage les relations entre Draper et son nouvel acolyte, pour le moins peu bavard.
Enfin, la conclusion finale, en forme de happy-end, est franchement décevante. Néanmoins, Adam West livre une bonne prestation (sans être époustouflante pour autant). Et puis, cette adaptation dégage à la fois beaucoup de charme, de fantaisie et de naïveté. A défaut d'être exceptionnel, cette transposition science fictionnelle reste une petite curiosité.

Note: 13/20

 


Robinson Crusoe sur Mars - Bande-annonce [VO] par ExtraterrestresTV

11 octobre 2014

House

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Genre: horreur (interdit aux - 12 ans)
Année: 1986
Durée: 1h30

l'histoire: Auteur de romans d'horreur et vétéran de la Guerre du Vietnam, Roger Cobb s'installe dans un vieille demeure léguée par sa tante. Mais il est très vite poursuivi par une armée de fantômes dirigée par Ben, un ancien du Vietnam abandonné par Roger. 

La critique d'Alice In Oliver:

Indéniablement, Steve Miner est un véritable spécialiste du cinéma bis et de la série B. Dans les années 1980 et 1990, il réalisera essentiellement des films d'horreur: Vendredi 13 chapitre 2: le tueur du vendredi, Vendredi chapitre 3: meurtres en 3d, Warlock, Halloween: 20 ans après ou encore Lake Placid. Vient également s'ajouter House, sorti en 1986.
L'air de rien, cette série B d'épouvante va rencontrer un énorme succès dans les vidéos clubs, à tel point qu'elle engendrera une véritable saga en quatre épisodes. Le film est également produit par Sean S. Cunningham et Roger Corman.

Rappelons que ces deux-là sont eux aussi des véritables spécialistes du cinéma bis. Le premier s'est fait connaître en réalisant le premier Vendredi 13. Quant à Roger Corman, on ne le présente plus. Visiblement, ce dernier profite de la vague à succès du genre maison hantée au début des années 1980. Poltergeist et Amityville: la maison du diable ont marqué les esprits. 
Jusqu'ici, le genre maison hantée a toujours emprunté la même dynamique, à savoir des films qui mettent à l'épreuve une famille à priori sans histoire. C'est justement sur ce dernier point que House se différencie.

 

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En vérité, on pourrait considérer ce film comme un hommage à Stephen King. Il suffit de prendre le scénario pour s'en rendre compte. Attention, SPOILERS ! Roger Cobb, vétéran du Vietnam devenu écrivain, rend un jour visite à sa tante avec son fils Jimmy. Ce dernier disparaît subitement et sans explication. Les efforts de son père pour le retrouver usent son mariage et son travail.
Plus tard, sa tante se suicide, laissant la maison inoccupée. Roger décide de s'y installer. C'est alors que les fantômes de la demeure commencent à s'en prendre à lui, utilisant sa culpabilité et ses propres terreurs contre lui.

Finalement, Roger se voit contraint de pénétrer dans l'au-delà lui-même, afin d'y affronter les spectres de son passé (notamment celui de son ancien compagnon d'armes, Big Ben, capturé et torturé à mort par les Vietcongs parce qu'il n'avait pas pu le protéger) et espérer sauver son fils.
House n'est pas un film d'horreur familial mais un film d'épouvante pessimiste, tragique et solitaire. C'est donc seul que le héros de l'histoire, Roger Cobb, un écrivain qui recherche l'inspiration, va devoir affronter ses propres démons. En ce sens, difficile réellement de parler d'un film de maison hantée dans la pure tradition du genre.

 

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En effet, House s'inspire énormément de La Maison du Diable de Robert Wise. Là aussi, le héros doit combattre des fantômes surgissant du passé, et plus précisément un fils qui a disparu mystérieusement et un camarade mort au combat suite à une malheureuse embuscade.
Toutefois, House se démarque par son ambiance lugubre et austère et aussi par son bestiaire, pour le moins impressionnant. House vient également puiser son inspiration dans l'univers de la bande dessinée. En effet, l'apparition des monstres et des fantômes fait parfois penser à une sorte de cartoon à l'humour déjanté et totalement assumé.

Certes, le manque de budget se fait parfois cruellement sentir et Steve Miner doit composer avec les moyens du bord, soit trois francs six sous. Néanmoins, House n'a rien à voir avec l'univers du nanar. Encore une fois, il s'agit d'une pure série B correctement réalisée mais sans pour autant atteindre des sommets. Visiblement, Roger Corman et Sean S. Cunningham ont grandement aidé Steve Miner dans la réalisation de certaines séquences horrifiques.
On reconnaît directement leur style: en gros, House va droit au but et évite les longueurs inutiles, si bien que l'on ne s'ennuie jamais. Mieux encore, House s'impose comme un bon film de genre, à défaut d'être exceptionnel.

Note: 14/20

03 octobre 2014

Adam Chaplin

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genre: horreur, gore, trash (interdit aux - 16 ans)
année: 2011
durée: 1h30

l'histoire: Dans la ville d’Heaven Valley, Dennis Richards est le Boss. Tout est sous son contrôle et la trahison est accompagnée d’une mort atroce. La femme d’Adam lui devant de l’argent, il va la brûler vive pour la punir de ne pas avoir tenu ses engagements. Adam, fou de colère et impuissant face à un homme intouchable, invoque un démon qui va lui donner des pouvoirs surhumains afin de l’aider à se venger de Dennis. Le massacre peut commencer.  

la critique d'Alice In Oliver:

Depuis quelques années, Adam Chaplin, réalisé par Emmanuele de Santi en 2011, commence à faire parler de lui sur la Toile. Mieux encore, le long-métrage s'est taillé une certaine réputation de film ultra gore auprès des amateurs du cinéma trash.
Reste à savoir si cette réputation est justifiée. Réponse dans les lignes à venir ! Premier constat, Adam Chaplin se démarque par son originalité et mélange plusieurs styles: le gros film de combat ultra bourrin qui défonce le cul et l'anus de ta grand mère, et le gore qui tâche jusqu'au point de non retour. En résumé, Adam Chaplin tient les promesses annoncées et n'a pas volé sa réputation.

Certes, Adam Chaplin est un film italien mais le long-métrage n'est pas sans rappeler les films gores asiatiques, notamment Tokyo Gore Police mais surtout Story of Ricky. Indéniablement, Adam Chaplin est influencé par la culture manga. On pourrait le voir un peu comme une sorte d'adaptation assez libre de Ken le survivant mais en bien plus trash !
Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario. Attention, SPOILERS ! Dans la ville d’Heaven Valley, Dennis Richards est le Boss. Tout est sous son contrôle et la trahison est accompagnée d’une mort atroce.

 

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La femme d’Adam lui devant de l’argent, il va la brûler vive pour la punir de ne pas avoir tenu ses engagements. Adam, fou de colère et impuissant face à un homme intouchable, invoque un démon qui va lui donner des pouvoirs surhumains afin de l’aider à se venger de Dennis.
Le massacre peut commencer. En gros, le film délivre largement la marchandise. Nous sommes donc en présence d'un héros, donc Adam Chaplin (au cas où vous n'auriez pas suivi), bourré à la stéroïde et qui décime et explose tous ceux qui ont le malheur de se dresser sur son chemin. Clairement, Emmanuele De Santi se fait plaisir et cherche à satisfaire un public en manque de sang et de chair fraîche.

Rassurez-vous, si vous aimez le gore qui tâche, Adam Chaplin devrait largement satisfaire vos exigences: effusions de sang qui viennent carrément éclabousser l'écran, membres déchiquetés, explosions de membres dans tous les sens, têtes décapitées et même des bras et des jambes qui volent...
Emmanuele De Santi ne nous épargne rien... et ce, pour notre plus grand bonheur ! Toutefois, attention, Adam Chaplin n'est pas un nanar non plus. Certes, le film est décomplexé du gland et ne nous refuse rien en matière de séquences sanglantes.
C'est très simple: c'est une véritable boucherie dans les règles !

 

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Petite production indépendante, Adam Chaplin doit composer avec les moyens du bord. Pourtant, rien à redire sur la qualité des maquillages et des effets spéciaux, tout simplement étonnants pour un film de ce calibre qui n'a pas grand chose à voir avec les blockbusters du moment.
Adam Chaplin se démarque par une ambiance gothique, crade, maléfique, repoussante, glauque, putride et à la limite du film post-apocalyptique. Adam Chaplin possède donc son propre style. Néanmoins, le film ne possède pas que des qualités. Par exemple, l'interprétation laisse vraiment à désirer. C'est par exemple le cas du bad guy de service, une sorte de monstre humain complètement difforme, certes très impressionnant, mais assez peu crédible en fin de compte.
Enfin, Adam Chaplin séduira avant tout les amateurs du cinéma trash. Les autres seront priés de passer leur chemin. En même temps, le film n'a aucune prétention si ce n'est de séduire les fans hardcore d'un genre assez limité dans l'ensemble.

Note: 13/20


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24 septembre 2014

Un Jour, Un Destin: Patrick Dewaere, Le Dernier Jour

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genre: documentaire
Durée: 1 heure
Année: 2007

Synopsis: Le 16 juillet 1982, Patrick Dewaere s’est donné la mort alors qu’il n’était âgé que de 35 ans. Malgré une carrière très courte, riche d’une trentaine de films quand même, Dewaere a laissé une empreinte indélébile dans le cinéma français, laissant un héritage dont se réclament depuis de nombreux acteurs français.  

La critique d'Alice In Oliver:

Un Jour, Un Destin est une émission télévisée diffusée sur France 2 depuis 2007 qui décrypte la vie d'une personnalité publique en dévoilant sa face cachée. Cette émission produite par Serge Khalfon et présentée par Laurent Delahousse nous propose de brosser le portrait de Patrick Dewaere, soit le ou l'un des acteurs les plus doués de sa génération. Le suicide de l'acteur interroge toujours son entourage.
C'est aussi l'objet de cette émission, justement intitulée Patrick Dewaere, le dernier jour. En effet, Patrick Dewaere meurt le 16 juillet 1982 en se tirant un coup de carabine en pleine tête. La presse se demande alors si ce suicide particulièrement violent n'est pas lié à ses problèmes de dépendance à la drogue et surtout à l'héroïne.

Son suicide intervient pendant les préparatifs du film Edith et Marcel, réalisé par Claude Lelouch et avec Evelyne Bouix. Dans ce nouveau film, Patrick Dewaere doit interpréter le boxeur Marcel Cerdan. Claude Lelouch décrit alors un Patrick Dewaere à la fois impatient de commencer le tournage du film et un acteur qui paraît bouleversé. Un jour avant sa mort, donc le 15 juillet 1982, il dîne avec le réalisateur Bertrand Blier. Le cinéaste témoigne et décrit une attitude particulièrement étrange.
C'est en effet grâce à lui que Patrick Dewaere doit (en très grande partie) sa célébrité. En effet, Patrick Dewaere connaîtra la consécration avec Les Valseuses.

 

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Pourtant, le film a bien failli se faire sans lui. A la base, Bertrand Blier voulait réunir un duo à la "Laurel et Hardy", donc un gros et un petit. Dewaere ne correspond pas vraiment au tout premier choix de Bertrand Blier. La suite donnera tort au réalisateur. Les Valseuses devient un film générationnel.
Gérard Depardieu, Miou-Miou et Patrick Dewaere cassent les codes d'un cinéma français assez formaté dans l'ensemble. Après Les Valseuses, Patrick Dewaere est de plus en plus sollicité. Malgré tout, l'acteur continue de jouer les rebelles. Par exemple, il n'est pas content de jouer un flic dans Adieu Poulet de Pierre Granier-Deferre et avec Lino Ventura.

Mais peu importe, le film connaît un immense succès populaire. Peu à peu, Patrick Dewaere devient le représentant d'une jeunesse en détresse et mal dans sa peau. Avec lui, le cinéma rejoint souvent la réalité (et inversement). Le film le plus sombre de sa carrière se nomme probablement Série Noire d'Alain Corneau. Selon son proche entourage, il y aura un avant et un après Série Noire.
En effet, pendant le tournage d'une scène, Patrick Dewaere s'envoie plusieurs fois le crâne contre le capot d'une voiture. L'acteur ne simule pas. Chaque jour, il va de plus en plus loin et finit par effrayer le réalisateur et les autres acteurs.

 

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Après Série Noire, il enchaîne les rôles dramatiques et les personnages paumés et broyés par la vie. Selon ses proches, tous ces films auront des conséquences sur son équilibre psychologique. Par exemple, dans Paradis pour Tous d'Alain Jessua, il interprète un dépressif suicidaire.
Mais Patrick Dewaere est aussi un acteur faché avec la presse. Un journaliste, Patrice de Mussac, diffuse plusieurs photos du mariage de Patrick Dewaere avec Elsa. Qu'à cela ne tienne, l'acteur débarque carrément chez le journaliste et le frappe de plusieurs coups de poing. Patrick Dewaere écope d'un mois de prison avec sursis et d'une amende de 75 000 francs. Par la suite, la presse le boycotte et l'acteur le paie lors de la cérémonie des Césars.

Mais revenons à la journée du 16 juillet 1982. A 12h30, alors que Patrick Dewaere et Claude Lelouch parlent du film Edith et Marcel, l'acteur reçoit un coup de téléphone. Pour certaines personnes, c'est ce fameux coup de fil qui aurait tout changé et fait basculer Patrick Dewaere vers le suicide.
Finalement, Lelouch et Dewaere se quittent à 14 heures et doivent se retrouver vers 17 heures. Patrick Dewaere est raccompagné en taxi par Charles Gérard. Durant le trajet, l'acteur ne souffle pas le moindre mot mais évoque tout juste un problème de "gonzesse". Sa vie de famille est elle aussi compliquée. Les vacances avec sa femme Elsa se sont mal passées.

 

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Vers 14h30, Patrick Dewaere arrive chez lui. Il appelle sa femme qui est en Guadeloupe. Les deux partenaires se disputent. Elsa lui dit alors qu'il ne verra plus jamais sa fille. Suite à ce coup de fil, Patrick Dewaere va chercher sa carabine (offerte par Coluche). Il se place devant le miroir de sa salle de bain et place l'arme contre son menton. Il se voit finalement mourir.
Alerté par la police, Claude Lelouch débarque sur place et vit la situation comme un traumatisme. Le réalisateur s'en veut de ne pas avoir perçu la détresse de l'acteur. Bertrand Blier apprend lui aussi la nouvelle: le cinéaste ne s'en remettra jamais.

Certes, il y a sûrement ce coup de téléphone qui est déterminant dans le geste de Patrick Dewaere.
Toutefois, l'origine de son mal-être semble se trouver dans son enfance. De son vrai nom Patrick Maurin, Patrick Dewaere commence à jouer dès l'âge de quatre ans. C'est une enfance qu'il vit mal, d'autant plus que Patrick est un enfant non-désiré.
Il est conçu dans la douleur et le rejet, mais cela doit rester un secret de famille. A 17 ans, il découvre que son père n'est pas vraiment le sien. Cette souffrance restera à jamais une blessure profonde et une véritable cicatrice. Voilà pour les grandes lignes de cet immense acteur français. Puisse son âme torturée reposer enfin en paix. 

22 septembre 2014

Education For Death

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genre: cartoon, dessin animé, propagande
année: 1943
durée: 10 minutes

l'histoire: Le narrateur propose de regarder dans le cerveau d'un jeune garçon allemand, Hans. Son attitude vis-à-vis de la nature humaine se dégrade au fur et à mesure qu'il est "exposé" aux Jeunesses hitlériennes et autres organisations nazies

la critique d'Alice In Oliver:

Ce n'est pas la première fois que Naveton Cinéma, le blog ciné le plus nul du net aborde un film de propagande dans ses lignes. Par le passé, nous avons déjà chroniqué Le Cuirassé Potemkine, Les Dieux du Stade, Le Triomphe de la Volonté ou encore Le Juif Süss.
Toutefois, nous n'avions pas encore abordé un dessin animé de propagande. C'est par exemple le cas d'Education for Death, réalisé par Clyde Geronimi et produit par Walt Disney en 1943. De 1941 à 1945, les studios Disney signent un contrat avec l'armée américaine pour réaliser un total de 32 courts métrages animés de propagande dont Education for Death fait partie.

 

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Il s'agit donc d'un cartoon qui succède également à Der Fuehrer's Face, sorti au tout début de l'année 1943. Parallèlement, tous ces courts-métrages animés permettent aux studios Walt Disney de survivre à la crise, d'autant plus que certains longs-métrages d'animation, en particulier Dumbo et Fantasia, n'ont pas rencontré le succès escompté.
Walt Disney connaît des moments difficiles sur le plan financier. Au moment de sa sortie en 1943, Education for Death est présenté comme un "entertainment show", c'est à dire un film de divertissement. Pourtant, le divertissement rejoint très vite l'effort de propagande.

Education for Death est donc un cartoon assez particulier puisqu'il s'agit d'un dessin animé de propagande anti-nazie. Certes, les artistes employés par Walt Disney ont beaucoup travaillé sur les graphismes, l'animation et confèrent aux différents protagonistes des formes satyriques et humoristiques. Pourtant, sur le fond comme la forme, Education for Death reste un dessin animé très sombre qui fait clairement froid dans le dos. 
L'histoire se focalise sur l'éducation d'un jeune allemand, Hans, embrigadé dans la doctrine nazie ("The Making of a Nazi", c'est à dire comment on fabrique un nazi).

 

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Au fil des années, le petit Hans devient peu à peu un soldat, recevant une "éducation à la mort" au cours de laquelle il apprend à devenir une machine sans "aucune graine de rire, d'espoir, de tolérance ou de pitié". Finalement, Education For Death aurait pu également s'intituler "Comment fabriquer un soldat nazi fier, idiot et obéissant ?" (je renvoie au synopsis).
Clairement, ce cartoon n'épargne pas le IIIe Reich. Non seulement Hitler est caricaturé comme une sorte d'hystérique complètement ch'tarbé, mais ses acolytes les plus connus passent eux aussi pour des psychopathes dangereux. Dans Education for Death, ce n'est pas seulement le régime nazi et sa machine de propagande infernale qui sont critiqués, mais l'Allemagne toute en entière.

Education for Death martèle son propos en suivant la trajectoire du petit Hans. Dans un premier temps, Hans est un jeune garçon naïf mais devient très rapidement une machine à tuer et prêt à prendre les armes pour défendre la cause insensée du Führer. 
Tel est le message principal d'Education For Death. Pour l'anecdote, le court métrage est inspiré du livre "Education for Death - The Making of the Nazi" écrit par l'américain Gregor Ziemer, à qui on doit l'adaptation. Le livre, qui connait un succès à sa sortie, n'est pas un roman fiction comme on pourrait penser, car Gregor Ziemer a vécu en Allemagne de 1928 à 1939.

 

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Son récit s'inspire donc bien de la réalité de l'Allemagne nazie et en particulier de l'endoctrinement des plus jeunes par la société. Beaucoup d'historiens s'accordent pour dire que Education for Death est probablement le dessin animé le plus dur et le plus engagé contre le régime nazi.
Bien sûr, présenté comme cela, ce cartoon a l'air plutôt sympathique. Néanmoins, impossible de ne pas tiquer devant l'idéologie de ce film d'animation. Comme je l'ai déjà souligné, ce court-métrage parle notamment d'annihilation de la pensée et d'une jeunesse formatée par un régime dictatorial et impitoyable.

Paradoxalement, Education for Death brosse également le portrait de sa propre dictature, à savoir l'impérialisme américain dans toute sa splendeur. Les Etats-Unis emploieront eux aussi la propagande pour envoyer leurs soldats au combat, et pas seulement durant la Seconde Guerre Mondiale, mais aussi pour les autres batailles à venir. Comment ne pas songer par exemple à la guerre du Vietnam ?
C'est donc l'hôpital qui se fout de la charité, même si certains affirmeront que les américains n'ont pas créé de camp de concentration ni de camp de la mort. Hélas, bien des années plus tard, pour faire triompher ce même impérialisme, le gouvernement américain pratiquera lui aussi la torture dans les camps de Guantanamo... Pas de note pour ce cartoon donc !


Education For Death. par desalpages

21 septembre 2014

Le monde selon Garp

Garp est un homme comme tant d'autres dont la vie déferle sur l'écran avec son enfance, ses premiers émois, les tragédies et la mort...

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La critique selon Borat

Il est toujours malheureux d'aborder un film quand l'un des principaux intéressés vient de nous quitter. Déjà parce qu'on s'était dit qu'on avait le temps de le faire. Avec Robin Williams c'est bel et bien le cas. Au début de sa carrière, Robin Williams est avant tout une star de télé et son premier rôle au cinéma est un échec artistique et commercial à savoir Popeye de Robert Altman. Pourtant il rebondit avec Le monde selon Garp de George Roy Hill, le réalisateur de L'arnaque. Outre Williams on retrouve également Glenn Close, John Lithgow, Mary Beth Hurt et Amanda Plummer. Le monde selon Garp peut se voir comme l'ancêtre de Forrest Gump puisque l'on découvre l'existence d'un personnage de sa naissance jusqu'à un certain point de sa vie. Il nous montre également le portrait d'une population mais aussi certaines visions du monde moderne comme le féminisme ou le fanatisme. Catégorisé comme une comédie-dramatique, Le monde selon Garp est peut être plus profond qu'on ne peut le penser au premier abord.

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(attention spoilers) Le film commence et finit dans les airs mais le traitement est totalement différend. Ainsi la première image du film montre Garp balancé dans les airs par sa mère. Il se finit sur Garp dans un hélicoptère en état critique repensant à sa vie. La vie de Garp est au combienbanale et pourtant le spectateur s'ébahie et s'émeut de ce monsieur-tout-le-monde. C'est là où le talent de Robin Williams fonctionne à merveille: réussir à transcender un rôle qu'aurait pu tenir un De Niro en mode Actor's studio (rien de mal Bob, c'était juste une boutade). Il sait autant amuser qu'émouvoir et c'est en cela que Garp devient un héros attachant et poignant auquel le spectateur peut se familiariser. Même si l'auteur John Irving avait mis beaucoup de lui dans son roman, la prestation de Williams renvoie au quotidien et ses aventures n'en deviennent que plus passionnantes. On suit le quotidien et ses aventures n'en deviennent que plus passionnantes. On suit le combat de sa mère pour une certaine libération de la femme, son combat à lui contre les violences commises sur les femmes et une certaine forme de fanatisme, son amitié avec un transexuel, l'amour de sa vie, l'angoisse de la page blanche et surtout l'accident. 

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Si la première partie se veut assez merveilleuse avec la vie qui suit son court, la seconde est terriblement bouleversante et accumule les drames. En une scène tout éclate: deux mâchoires cassées, un pénis sectionné, un enfant tué, un autre borgne. Un choc qui permet de donner une certaine morale aux éléments. Une fellation adultère amène à l'objet du délit supprimé et la punition pour la femme de Garp sera la mâchoire cassée, véhicule de l'acte (désolé pour la crudité). De l'autre la fureur de Garp tuant son fils l'enferme dans un mutisme nécessaire au deuil et au pardon. Au final, ils sont responsablles de l'accident tous les deux et devront pardonner leurs péchés respectifs: lui la mort de son fils, elle l'adultère. Outre cela et comme dit plus haut, le film s'intéresse au féminisme et ses dérives. Ainsi, la mère de Garp incarnée par Glenn Close (cela a dû lui faire plaisir d'avoir un fils de cinq ans de moins qu'elle!) a ouvert un centre pour femmes battues ou en difficulté. Alors que son fils commence à écrire des romans, elle devient une star et rapidement les dérives arrivent. 

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En effet, elle devient trop importante et certaines fanatiques voient d'un mauvais oeil le combat de la mère et du fils contre les Jamesiennes. Miss James fut victime de viol et son agresseur a été jusqu'à lui couper la langue. Les Jamesiennes reprennent cela soi-disant en solidarité avec la victime. Sauf que si elles étaient vraiment solidaires, elles auraient arrêté lorsqu'Ellen leur a demandé. Le propre d'une secte. La mort de la mère de Garp ne fera que confirmer cela. Si elles n'ont pas tué sa mère, les Jamesiennes lui interdisent à lui et à tous les hommes d'assister aux commémorations. Un affront confirmant l'aspect sectaire de ces femmes et si Garp s'exilera de toute cette folie, il n'en reste pas moins que son sort est déjà levé et la fin aussi absurde que tragique d'arriver. (fin des spoilers) Le monde de Garp s'impose comme un film sur la vie et son absurdité, où la bêtise et l'imagination se confrontent souvent avec violence. Un film peu évoqué dans la filmographie de Robin Williams comme dans celle de son réalisateur et rarement diffusé (je l'avais vu l'an dernier sur Arte qui plus est en VO) et qui méritait bien d'être mis en valeur. Le reste du casting s'avère de grande qualité notamment John Lithgow émouvant en transexuel et bien éloigné de ses rôles de méchant que lui a offert par exemple Brian De Palma.

Un film magnifique où se cotoie la vie et la mort avec une certaine subtilité et permettant à Robin Williams de trouver un premier grand rôle.

Note: 18/20

07 septembre 2014

Gorgone, Déesse de la Terreur

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genre: horreur, épouvante
Durée: 1h25
Année: 1964

l'histoire: Médusa est une gorgone qui pétrifie quiconque ose croiser son visage. Des experts se rendent dans la contrée où elle fait des ravages pour tenter de l'arrêter

La critique d'Alice In Oliver:

On ne présente plus la Hammer, une société de production britannique qui a surtout brillé entre le milieu des années 1950 et la fin des années 1960. Terence Fisher a réalisé beaucoup de films pour la Hammer. La célèbre firme lui doit un certain nombre de grands classiques de l'épouvante, entre autres Frankenstein s'est échappé, Le Cauchemar de Dracula, La nuit du loup-garou, La malédiction des Pharaons ou encore Les Vierges de Satan.
C'est donc logiquement que la Hammer lui confie la réalisation de Gorgone, déesse de la Terreur, sorti en 1964.

Ce n'est pas forcément le titre le plus souvent cité parmi les meilleurs crus de la Hammer. Il s'agit d'une petite rareté, néanmoins disponible en entier et en français sur YouTube. Pourtant, Gorgone, déesse de la Terreur fait partie des grandes réussites de Terence Fisher.
Avec ce film, les studios britanniques exploitent un nouveau personnage horrifique, clairement inspiré par la mythologie grecque, la Méduse. La Hammer décide de s'éloigner de ses monstres habituels notamment Dracula, Frankenstein, le loup-garou ou encore la Momie, pour se concentrer sur un personnage maléfique qui ne manque pas de charme.

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Au niveau de la distribution, pas de surprise. On retrouve deux grands habitués de la Hammer, à savoir Peter Cushing et Christopher Lee. Viennent également s'ajouter Barbara Shelley, Michael Goodliffe, Patrick Troughton et Jack Watson. Le scénario se démarque avant tout par son originalité.
Attention, SPOILERS ! En 1910, le village fictif de Vandorf est depuis 5 ans le témoin d'une bien étrange série de meurtres dont les cadavres sont devenus des statues de pierre. La découverte de la dernière victime, la fiancée de l'artiste Bruno Heitz, pousse ce dernier au suicide, laissant ainsi croire aux autorités qu'il était le coupable. Son père, persuadé de son innocence, se heurte à l'hostilité des habitants au point qu'on tente de mettre le feu à sa maison.

Il se rend dans les ruines du château Borski et, confronté à la gorgone Megaera, sent qu'il se change progressivement en pierre. Avant de mourir, il parvient à écrire un ultime message à son aîné Paul, qui, aidé de son mentor, le prof. Meister, tentera de percer ce mystère au péril de sa vie.
Pour l'anecdote, Gorgone, déesse de la Terreur va inspirer un autre film à la Hammer, à savoir La Femme Reptile. Derrière le scénario des deux films, on retrouve un certain John Gilling, qui semble passionné par le mythe de la Méduse. Encore une fois, le long-métrage a le mérite de se démarquer des Frankenstein et autres Dracula.

 

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Pourtant, dans Gorgone, déesse de la Terreur, on retrouve tous les ingrédients qui ont fait le succès de la Hammer, à savoir une ambiance sombre et putride et un climat oppressant qui joue également sur l'ambivalence féminine. C'est probablement la thématique principale du film.
En l'occurrence, nous voici devant une variation du mythe de Docteur Jekyll et Mister Hyde mais version féminine. Une belle jeune femme devient un redoutable prédateur les soirs de pleine Lune et est en proie à une terrible malédiction. A partir de là, Terence Fisher nous propose une lutte entre le bien et le mal. Hélas, ce n'est pas forcément le bien qui l'emporte.
Tout du moins, il y a un prix à payer. Et ce prix, c'est un amour impossible et condamné à l'avance.

Gorgone, déesse de la Terreur est un film particulièrement pessimiste qui peut s'appuyer sur une mise en scène solide. Le long-métrage peut également compter sur une interprétation de qualité. Seule ombre au tableau de bord: la médiocre qualité des effets spéciaux et visuels.
Visiblement, Terence Fisher doit composer avec un budget limité. C'est probablement la raison pour laquelle il dévoile le visage de la Gorgone dans les dernières minutes du film. Toutefois, Gorgone, déesse de la Terreur reste un récit macabre, un film totalement désanchanté qui ravira probablement les fans de la Hammer (dont je fais partie).

Note: 15.5/20

 

05 septembre 2014

De Jean-Claude A Van Damme

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genre: documentaire
année: 2011
durée: 1h25

Synopsis: A l'occasion de ses 50 ans, Jean-Claude Van Damme revient sur son parcours, de son enfance en Belgique à sa vie actuelle de réalisateur et producteur à Hongkong. 

la critique d'Alice In Oliver:

Indéniablement, Jean-Claude Van Damme fait partie de ces stars sympathiques qui ont marqué le cinéma d'action et d'arts martiaux des années 1990. L'acteur belge, de son vrai nom, Jean-Claude Van Varenberg, a réussi à percer aux Etats-Unis.
Pourtant, Jean-Claude Van Damme (JCVD) passera par de nombreuses galères. L'acteur revient donc sur son parcours à l'occasion de son cinquantième anniversaire. C'est ce que nous raconte ce documentaire, intitulé De Jean-Claude à Van Damme et diffusé sur une chaîne de la TNT en 2011.

JCVD revient sur des débuts plus que difficiles aux Etats-Unis. Dans un premier temps, il livre des pizzas puis parvient à obtenir un emploi de chauffeur à Hollywood. C'est ainsi qu'il se lie d'amitié avec Chuck Norris. Autant le dire tout de suite: la première demie heure de ce documentaire est limite catastrophique. On passe soudainement d'un JCVD en train de fouiller limite les poubelles pour survivre à un acteur qui triomphe du jour au lendemain dans Bloodsport.
Ses apparitions, pourtant remarquées, dans Karate Tiger et L'Arme Absolue, ne sont même pas évoquées.

 

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Certes, il est vrai que c'est le même Bloodsport qui va permettre à JCVD de se faire connaître et de révéler ses qualités athlétiques et martiales au grand jour. A l'époque, l'acteur rencontre Menahem Golan, le producteur de Bloodsport. Capable de faire le grand écart sur deux chaises, JCVD reconnaît que cette performance sera son ticket vers la gloire et la célébrité.
Ensuite, le film ne coûte pas très cher à produire et rapporte énormément au box-office. JCVD devient alors une vedette débarquée de nulle part. Aux yeux de son pays natal, il restera donc le belge qui a réussi à faire une carrière aux Etats-Unis.

JCVD enchaîne alors les films à succès et tourne même avec des réalisateurs reconnus, notamment John Woo et Roland Emmerich. Dans les années 1990, JCVD fait partie du top 5 des stars les mieux payées d'Hollywood. Hélas, dans les années 2000, sa carrière est sur le déclin.
JCVD doit désormais se contenter de jouer dans des DTV (direct to video). Ses films ne sortent donc plus au cinéma. Pourtant, le public n'a pas oublié cet homme simple et modeste. Cependant, au même moment, JCVD doit vaincre sa dépendance à la drogue. C'est aussi à la même époque qu'il se distingue par des interviews pour le moins farfelues.

 

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Le documentaire revient largement sur son passage "aware". A ce sujet, il semblerait que la star se mélange les pinceaux entre la langue américaine, le wallon et le français. Ce qui expliquerait ses nombreux dérapages. Puis, vers le milieu des années 2000, il tourne le film JCVD, qui revient longuement sur ce côté "aware" mais aussi sur la personnalité sensible de Van Damme.
Le public découvre alors un acteur doué et sincère, très éloigné de l'image d'idiot du village qui lui colle à la peau depuis plusieurs années. Hélas, le film ne marchera pas. Néanmoins, il permet d'apprécier une nouvelle palette de Van Damme.

Le documentaire revient largement sur les conséquences de JCVD. Certes, l'acteur n'est plus la star du passé, mais l'artiste reste un passionné. Désormais, Van Damme se consacre à la profession de réalisateur. Le documentaire s'attarde largement sur le tournage de son prochain film, The Eagle Path, sur lequel Van Damme a misé une bonne partie de son argent.
Il est à la fois le réalisateur, le producteur, le scénariste et l'acteur principal de ce long-métrage. Dans l'ensemble, et malgré une première demie heure assez décevante, ce documentaire se laisse suivre sans déplaisir. JCVD joue le jeu et accorde de nombreuses interviews.
On regrettera néanmoins l'intervention de certaines personnalités hors sujet, comme par exemple Benjamin Castaldi ou encore Cécile de Ménibus.

note: 12/20

03 septembre 2014

Les Dieux du Stade

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genre: propagande, sport
année: 1938
durée: 3h20/3h40 selon les versions

Synopsis: La cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Berlin.       

la critique d'Alice In Oliver:

Le nom de Leni Riefenstahl est tristement célèbre. En effet, la réalisatrice allemande a largement participé à la propagande du IIIe Reich avant la Seconde Guerre Mondiale. En 1936, Leni Riefenstahl s'est déjà fait connaître en Allemagne en réalisant Le Triomphe de la Volonté, véritable éloge du nazisme dans toute sa splendeur et d'un chef, Adolf Hitler, considéré comme l'élu du Peuple, voire même l'Elu de Dieu. Les Dieux du Stade sort en 1938.
Le film est présenté le 20 avril de la même année, le jour de l'anniversaire d'Adolf Hitler. Goebbels est tellement impressionné par le travail de Riefenstahl qu'il lui fait verser une prime de 100 000 Reichsmarks qui s'ajoutaient au 250 000 RMS touchés initialement.

 

Le film reçoit le Deutschen Filmpreis, le prix suédois Polar-Preis, une médaille d'Or olympique du Comité international olympique en 1938 et un diplôme olympique en 1948 au Festival de Lausanne. Olympia (c'est le titre original du long-métrage) est également récompensé d'une Coupe Mussolini lors du Festival de Venise, suite à une intervention directe de Benito Mussolini, alors que le jury hésitait entre Les Dieux du Stade et Autant en emporte le vent.
Suite aux évènements de l'année 1939 impliquant le régime nazi, un boycott des films de Riefenstahl est organisé par Hollywood.

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Après la Seconde Guerre Mondiale, le film est avant tout considéré comme une œuvre de propagande du IIIe Reich. Pourtant, vers le milieu des années 1960, Les Dieux du Stade est reconnu par certaines critiques pour ses qualités techniques et esthétiques.
C'est par exemple le cas du réalisateur lituanien Jonas Mekas qui déclare: « Et voici ma dernière déclaration à propos des films de Riefenstahl : si vous êtes un idéaliste, vous y verrez de l'idéalisme ; si vous êtes un classique, vous verrez dans ses films une ode au classicisme ; si vous êtes un nazi, vous y verrez du nazisme. ».

Dans ses Mémoires, Leni Riefenstahl précise : « J'ai tourné Olympia comme une célébration de tous les athlètes et un rejet de la théorie de la supériorité de la race aryenne. ». Il est vrai que Jesse Owens, athlète noir américain, est présent dans le film, tout comme l'ensemble des autres vainqueurs « non aryens ». Néanmoins, sur le fond comme sur la forme, Les Dieux du Stade reste un film profondément abject. Cependant, certains détracteurs considèrent cette oeuvre comme un documentaire précurseur des retransmissions télévisées actuelles.
Par exemple, Leni Riefenstahl utilise beaucoup la technique des ralentis, notamment lorsque les athlètes réalisent de véritables exploits.

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Les Dieux du Stade se divise en deux parties bien distinctes: la première partie intitulée "Fest der Völke" (la Fête des peuples) commence par l’histoire des anciens Jeux dans la ville d’Olympie et les traditions et relate les épreuves d’athlétisme.
La deuxième partie "Fest der Schönheit" (la fête de la beauté) relate la fin des épreuves d’athlétisme ainsi que celles de gymnastique, d’escrime, de voile, d’équitation et de plongeon. Grâce aux moyens employés, Leni Riefensthal délivre une vision particulière des Jeux Olympiques, à savoir un tournoi réunissant non seulement les meilleurs athlètes du moment, mais surtout une série d'épreuves basées sur la pureté, la compétition, l'exploit et la performance.

En résumé, les sportifs "aryens" se doivent de triompher et ce, sous l'oeil vigilant et intéressé d'Adolf Hitler, que l'on voit par moments à l'écran, et applaudissant les performances des vainqueurs du IIIe Reich. A ce titre, comment ne pas évoquer le cas de Jesse Owens ?
L'athlète noir américain remportera plusieurs médaillers d'or. Ses exploits sont clairement montrés à l'écran. Magnifique pied de nez pour ce sportif qui réussira l'impossible malgré les sifflets du public. Autre ambition du film: montrer la suprématie du IIIe Reich et surtout la supériorité de la race "aryenne". Certes, les sportifs allemands ne remporteront pas toutes les épreuves, loin de là. 

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Cependant, la caméra de Riefenstahl voue une véritable fascination pour ces athlètes qui défendent les couleurs ou plutôt la Croix Gammée du drapeau nazi. C'est par exemple le cas lors de la partie intitulée "La fête de la beauté", qui commence par montrer des athlètes "nazillards" plonger dans l'eau, comme pour signifier la pureté. Comme par hasard, ces sportifs sont grands, blonds et musclés.
Bref, et vous l'avez compris, Les Dieux du Stade est un film scandale qui divise les critiques et les réalisateurs du noble Septième Art. En tout cas, dans son genre, Les Dieux du Stade reste indéniablement une curiosité, une sorte de machine infernale commandée et produite par le IIIe Reich.
Encore une fois, on y trouve tout de même des thèmes chers au nazisme. Je n'y reviens pas, je les ai déjà évoqués. Pas de note donc ! Pour moi, ce genre de film propagandiste ne mérite pas de tels égards.

 

01 septembre 2014

Daughter Of Darkness

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genre: horreur, gore, trash (interdit aux - 18 ans/- 16 ans)
année: 1993
durée: 1h35

L'histoire: Après avoir été violée par son père, l'adolescente Mak Wei-Fong décide de se venger contre sa famille abusive qui a gardé le silence sur cet acte et ainsi sauver la relation avec son petit ami.    

la critique d'Alice In Oliver:

Suite du petit cycle consacré aux films de la catégorie 3, soit le cinéma trash, déjanté et furieux de Hong-Kong, avec un nouveau fleuron du genre, j'ai nommé Daughter Of Darkness, réalisé par Kai-Ming Lai en 1993. Les amateurs de la catégorie 3 le considérent souvent comme un classique de ce cinéma très particulier. Parmi les références, on trouve quelques petits bijoux.
C'est par exemple le cas de The Untold Story, Ebola Syndrome, Red To Kill, Run and Kill, Dr. Lamb ou encore A Day Without Policeman. Encore une fois, Daughter of Darkness jouit d'une solide réputation, pour le moins outrancière.

En effet, le long-métrage de Kai-Ming Lai réunit tous les ingrédients d'un genre qui va connaître sa période de gloire dans les années 1990, à savoir des viols, du sang, des meurtres, de l'inceste et une vengeance implacable et expéditive. Oui, tous ces éléments sont bel et bien présents dans Daughter of Darkness. Pourtant, ce nouveau cru de la catégorie 3 nous a un peu déçu...
Explications à venir dans les lignes qui suivent... Au moment de sa sortie, Daughter Of Darkness remportera un succès inattendu, à tel point que deux suites seront réalisées dans la foulée: Daughter of Darkness 2 et Brother of Darkness.

 

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Impossible de vous dire si les deux chapitres suivants valent (ou non) le coup d'oeil. En l'état, Daughter Of Darkness est évidemment un film très violent. Aussi est-il nécessaire de rappeler les grandes lignes du scénario (plutôt court par ailleurs). Attention, SPOILERS !
Après avoir été violée par son père, l'adolescente Mak Wei-Fong décide de se venger contre sa famille abusive qui a gardé le silence sur cet acte et ainsi sauver la relation avec son petit ami. La jeune femme commet l'irréparable et est arrêtée par la police. Une fois au commissariat, elle dévoile les mobiles de ses crimes...

A partir de là, Daughter of Darkness mélange plusieurs genres: l'enquête policière, le thriller, le film de vengeance, le sexe et le gore. Clairement, l'amateur de trash et de séquences sanguinaires en aura pour son argent. Hélas, les quarante premières minutes sont pour le moins décevantes.
En effet, le début du film se concentre sur l'enquête d'un inspecteur de police et de sa nouvelle acolyte. Or, pourquoi tenter de maintenir le suspense sur l'identité du coupable (donc Mak Wei-Fong), alors que la culpabilité de cette dernière ne fait aucun doute ? En revanche, les parties suivantes, en particulier, les explications sur les mobiles des meurtres, sont beaucoup plus convaincantes.

 

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Le film entre enfin dans le vif du sujet. Nous voici plongés dans une famille dysfonctionnelle avec un père infidèle et pédophile. Après avoir maté de nombreuses fois sa fille sous la douche, celui-ci passe enfin à l'acte et viole à plusieurs reprises Mak Wei-Fong.
Toutefois, ce n'est pas que le paternel qui est pathologique et gravement atteint du bulbe (je viens d'inventer l'expression...) dans cette famille, mais également la mère, le frère et la soeur de Mak Wei-Fong. En gros, il n'y a personne à sauver dans cette sombre histoire d'inceste, de meurtres, de sang et de vengeance. Même les flics sont décrits comme de petits pervers en puissance.

L'humour noir est évidemment de la partie. Malheureusement, Daughter of Darkness peine tout de même à convaincre. Sur le fond, on se demande ce qu'essaie de nous dire et/ou de nous démontrer le réalisateur du film. Cependant, la distribution est de qualité.
Clairement, Lily Chung, qui joue le rôle de Mak Wei-Fong, apporte beaucoup de sensibilité à son personnage. L'actrice est une habituée des films de la catégorie 3 et avait déjà sévi dans Red To Kill. Ensuite, la conclusion finale de Daughter Of Darkness est vraiment réussie (bien que très nihiliste et sans aucun espoir de retour...). En vérité, ce film choc et subversif s'adresse avant tout aux grands amateurs du cinéma trash de Hong-Kong. Les autres pourront facilement passer leur chemin.

note: 12/20

31 août 2014

Dr. Lamb

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genre: horreur, gore, trash (interdit aux - 16 ans)
Durée: 1h30
Année: 1992

Synopsis: L’histoire d’un chauffeur de taxi travaillant de nuit qui massacre les jeunes filles ayant le malheur de le croiser. Après les avoir assassinées, il photographie les corps mutilés. L’assistant qui développe les photos va être horrifié et va avertir la police. Arrété, il va alors passer aux aveux et va raconter son histoire sous forme de flaskbacks.  

La critique d'Alice In Oliver:

On ne présente plus la catégorie 3 sur ce blog. En effet, par le passé, nous avons déjà évoqué plusieurs films, et plus précisément deux grands classiques de ce genre si particulier: The Untold Story et Ebola Syndrome. Derrière ces deux films trash et extrêmes, on trouve un réalisateur de talent, un certain Herman Yau. Toutefois, la catégorie 3 ne compte pas que des bons films.
On trouve aussi de sérieux navets. Hélas, Dr. Lamb, réalisé par Danny Lee et Billy Tang en 1992, est de ceux-là. Pourtant, le film est considéré comme l'un des fleurons de la catégorie 3. Difficile de vous dire pourquoi...

Dans le même genre, on lui préférera d'autres titres, certes moins connus, mais largement supérieurs. Au hasard, nous citerons Daughter Of Darkness, Red To Kill, Run and Kill ou encore Star of David: hunting for beautiful girls. Autant le dire tout de suite: Dr. Lamb est un ratage presque complet.
C'est un peu... pardon... beaucoup... et même énormément une merde ! Désolé d'être aussi grossier. Néanmoins, Dr. Lamb est lui aussi un film vulgaire et profondément putassier, mais j'y reviendrai... Au niveau de la distribution, ce long-métrage hong-kongais réunit Simon Yam, Danny Lee (donc à la fois devant et derrière la caméra) et Kent Cheng.

 

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Le scénario de Dr. Lamb s'inspire de faits réels et donc de la véritable histoire d'un tueur en série, chauffeur de taxi à ses heures perdues. Evidemment, impossible de ne pas penser à Taxi Driver de Martin Scorsese. Hélas, la comparaison s'arrête bien là. Attention, SPOILERS !
L’histoire d’un chauffeur de taxi travaillant de nuit qui massacre les jeunes filles ayant le malheur de le croiser. Après les avoir assassinées, il photographie les corps mutilés. L’assistant qui développe les photos va être horrifié et va avertir la police. Arrété, il va alors passer aux aveux et va raconter son histoire sous forme de flaskbacks.

Au niveau du scénario, pas de surprise ! Nous sommes bien en présence d'un film de la catégorie 3. Les personnages, quels qu'ils soient, sont tous profondément mauvais et abjects. Même les policiers se révèlent presque aussi barbares et cruels que le serial killer de service.
C'est une thématique que l'on retrouvait déjà dans The Untold Story et Ebola Syndrome. Le seul problème, c'est que l'interprétation est au mieux caricaturale. En l'occurrence, Danny Lee joue un flic redresseur de torts. Ce n'est pas forcément le plus mauvais acteur du film. Pourtant, son interprétation laisse sacrément à désirer. Toutefois, la palme de la médiocrité revient à Simon Yam.

 

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C'est lui le psychopathe "dézingué du bulbe" (je viens d'inventer l'expression...). Dans ce rôle, Simon Yam copie le jeu d'Anthony Wong, un autre acteur célèbre de la catégorie 3. Malheureusement, son imitation prête surtout à sourire, tant Simon Yam verse dans l'excès et la caricature involontaire.
C'est très simple: il n'est jamais crédible dans la peau de ce tueur en série en proie à des fantasmes morbides. Même le scénario ne présente aucun intérêt puisque le vrai coupable est connu dès les premières minutes du film. La suite ? Le film tente alors de maintenir une certaine tension en multipliant les séquences de boucherie.

Certes, on relève ici et là plusieurs séquences assez gerbantes, il faut bien le reconnaître. Hélas, certaines scènes sont peu crédibles. C'est par exemple le cas lorsque les policiers retrouvent les morceaux de tétons de certaines jeunes femmes sauvagement assassinées par le chauffeur de taxi psychopathe. Sincèrement, impossible de ne pas s'apercevoir qu'il s'agit de prothèses en plastique.
Bien sûr, Dr. Lamb propose également plusieurs séquences de tortures assez gratinées. Le seul problème, c'est que le film sombre sans cesse dans l'hystérie générale afin de masquer ses nombreuses carences, entre autres, son absence totale de scénario et une interprétation complètement "nazebroque". Bref, un film de la catégorie 3 à éviter de toute urgence.

Note: 01/20